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Vendredi 01 Mai 2026
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Les volte-face de Philippe Troussier

Cette fois, les ponts sont définitivement rompus entre les responsables de la FRMF et le technicien français Philippe Troussier pour le poste d'entraîneur national et ce n'est pas faute d'avoir accepté toutes les conditions de discussion formulées par l'

Les volte-face de Philippe Troussier
Les dirigeants du football national ont la fâcheuse manie de placer sur un piédestal certains entraîneurs étrangers ayant travaillé au Maroc et de leur conserver longtemps cette haute estime des années après leur départ pour les solliciter assidûment pour un retour aux commandes.
La chose est tellement vraie au niveau des clubs que plus personne n'est surpris par le retour de certains coaches qui ont laissé quelques souvenirs auprès des dirigeants.
Cette fois-ci c'est au niveau de la sélection nationale que la cour a été faite à un entraîneur étranger pour se terminer en une rupture, disons polie.
Deux mois avant le Mondial 2002, de passage au Maroc, où il a l'habitude de séjourner, Philippe Troussier était approché par trois membres fédéraux et au cours d'un dîner de Rabat la «question» de prendre en charge les Lions de l'Atlas fut esquissée. Evidemment, chacun prit ses précautions et surtout le technicien français qui savait qu'un bon Mondial pouvait le propulser et lui ouvrir d'autres horizons. Ce qui fut vrai avec la qualification du Japon au 2e tour qui lui valut d'être retenu parmi les cinq candidats à la succession de Roger Lemerre en équipe de France.
Jamais l'obscure Troussier, sans références dans le football français et européen, n'aurait imaginé pareil destin. Et c'est donc tout naturellement que sa tête … enfla pour lui laisser entrevoir un autre destin «exotique» quand le choix chez des Tricolores se porta sur Jacques Santini. Philippe Troussier se mit à rêver de Chine et autre terre nouvellement conquise par le ballon rond.
Aussi, quand revenu au Maroc, après le Mondial 2002, il refusa poliment l'offre en arguant toutes sortes d'autres considérations de la maladie à un genou qui nécessitait une intervention à l'attente d'une proposition d'un club européen .
Au bout de plusieurs semaines de vaines attentes, voilà que Troussier se remet à l'écoute du football marocain surtout que son charme n'a jamais cessé d'agir sur un ou deux dirigeants fédéraux. Et le ballet des contacts et négociation de commencer avec à chaque rencontre des demandes parfois farfelues du technicien français comme s'il était investi d'une mission de sauvetage de l'ensemble du football national !
Nouvelle dérobade
Les dirigeants fédéraux étaient d'autant plus pressés de boucler et engagement que les Lions de l'Atlas entament dès le 8 septembre au Gabon leur premier match des éliminatoires de la CAN 2004.
Troussier se défila de cette échéance trop proche en rappelant l'imminence de son opération au genou. Qu'importe, ses interlocuteurs lui proposèrent d'entrer en fonction en décembre, à charge pour lui de donner ses orientations et choix à son adjoint (Baddou Zaki) pour les premières sorties.
Nouvelle dérobade sous les motifs des plus fallacieux, avant de lâcher, au cours de la dernière réunion-dînatoire de lui permettre de se libérer, d'ici à décembre, en cas de proposition d'un club européen.
Cela n'est pas sans rappeler l'attitude d'un autre entraîneur français, Metsu, qui formula une demande de mise en indisponibilité à la Fédération sénégalaise pour aller diriger durant une saison un club du Golfe.
La réponse des dirigeants sénégalais ne se fît pas attendre, elle fut cinglante avec un refus catégorique.
On voit là tout le respect qu'ont parfois certains entraîneurs étrangers dès lors qu'ils s'agit d'équipes africaines et pourtant car un brin de reconnaissance leur aurait rappelé qu'ils doivent toute leur carrière de coach à ce football continental.
La carte Troussier est désormais pliée. Et la quête au futur coach des Lions de l'Atlas est (toujours) ouverte…
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