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Dimanche 12 Juillet 2026
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Pourquoi les extrémistes sont un phénomène marginal

«Le Maroc n'est pas à feu et à sang. En quatre ans, ce sont six crimes qui ont été commis. Cela montre bien que nous avons affaire à des actes isolés et à des phénomènes marginaux et circonscrits». Quelques jours après l'arrestation d'activistes de groupu

Pourquoi les extrémistes sont un phénomène marginal
Ce qui ne signifie pas que la vigilance n'est pas de mise», assurent des sources responsables au sein de ce département.
L'arrestation de membres des groupuscules dont celui de la «Salafya Al Jihadya» a nourri de folles rumeurs, alimenté des certitudes déclinées sur le mode de la frayeur. Bref, la peur s'est installée dans les salons casablancais, les chaumières et les médias. Des partis en ont même fait désormais un thème de campagne. «Sauf que le Maroc n'est pas l'Algérie. Il ne le sera jamais même si on y pousse. Les activistes et sympathisants de ces mouvements représentent moins d'un millier de personnes à travers tout le pays», avance un haut responsable avant d'indiquer «qu'en tout et pour tout 250 Marocains ont séjourné en Afghanistan, dont Abou Hafs et Rafiki et 17 autres sont en état d'arrestation à la base de Guantanamo».
Les toutes premières arrestations, notamment celle de Youssef Fikri à Tanger, ne sont pas le fruit du hasard et encore moins une course dans un taxi qui a mal tourné. Selon des informations dignes de foi, ces activistes-dont Y. Fikri- étaient recherchés ou traqués. «D'où l'embuscade et l'arrestation. Nous étudions minutieusement les moments d'intervention», explique-t-on du côté du ministère de l'Intérieur. Ce faisant, notre source balaie d'un revers de la main l'hypothèse électorale facilement brandie selon laquelle ces arrestations ont eu lieu quelques semaines avant les élections.
Nation, page 4
“ Il n'y a aucune convergence d'intérêt entre les pouvoirs publics et les partis progressistes pour lutter contre ces mouvements. Il est totalement erroné de placer ce qui se passe aujourd'hui dans un processus électoraliste ”.
Le péril islamiste est-il à nos portes comme sont prompts à l'annoncer certains ? Les pouvoirs publics ont-ils été de par trop laxistes face à ces mouvements qui prêchent la haine, jettent l'anathème et mènent des expéditions punitives dans des quartiers périphériques livrés à eux-mêmes et difficilement franchissables par les forces de police ? “ Aujourd'hui beaucoup plus qu'hier, l'opinion publique est sensible à ce thème. Il faut rappeler que le Maroc, dont le rite est malékite, est devenu un modèle dans le monde arabe grâce aux valeurs de tolérance, d'ouverture, de pluralisme et de la démocratie qu'il a faites siennes. C'est pourquoi l'Islam politique n'a pas de place dans notre pays. Ce qui ne veut pas dire que le risque zéro n'existe pas. Les événements qui se sont enchaînés ont peut-être provoqué plus de craintes chez les citoyens lesquelles ont été alimentées par des informations publiées dans des journaux mais qui n'ont pas un lien direct avec ces groupuscules ”, explique un observateur. Ainsi en est-il de l'affaire de Meknès qui a abouti à l'arrestation de 13 personnes dont deux ont été finalement relâchées. Les faits se sont déroulés à la prière d'Al fajr dans une mosquée squattée, encore en construction. Deux personnes visiblement ivres ont entrepris de jeter des pierres sur le petit groupe en prière. Poursuivis par le groupe, les deux ivrognes se réfugient sur les lieux d'un mariage. S'en suivit alors une bagarre à coups de barres en fer et de grands couteaux qui fera 10 blessés dont un grave. “ Il ne faut pas tomber dans le piège de ces groupuscules et avaliser trop rapidement le lexique en vogue. Aucun d'eux par exemple ne s'est jamais auto-proclamé émir. Et souvent, nous ne sommes pas loin du banditisme. A cela il faut ajouter qu'il n'y a pas une organisation sous forme de leadership commun entre les différents groupuscules interpellés ces derniers mois à Fès, Tanger ou encore Casablanca ”, relève un spécialiste des arcanes islamistes.
Les mosquées sous contrôle de l'Etat
Le département aux destinées duquel préside le tandem Driss Jettou et Fouad Ali Himma est le premier à le reconnaître. Le corps de la police souffre de la faiblesse des moyens et des effectifs. “ Nous ne couvrons pas l'ensemble du territoire national ”. Fort de ce constat et d'un diagnostic mené sans concession, le ministère de l'Intérieur travaille depuis plusieurs mois à une stratégie aux forts accents d'une véritable politique de sécurité nationale. Les objectifs sont clairement énoncés. Nulle place aux zones de non-droit dans les quartiers difficiles, redéploiement des forces de sécurité –une quinzaine de milliers d'éléments sont concernés- , synergie entre les différents corps, de la police à la gendarmerie Royale en passant par les forces auxiliaires, ouverture de postes de police à travers tout le pays et amélioration conséquente des moyens de travail. “ Des moyens de transports c'est-à-dire voitures, motos et chevaux sont en cours d'acquisition ainsi que l'équipement en armes ”, révèle une source digne de foi. La feuille de route est planifiée depuis de longs mois et les événements du 11 septembre n'ont fait qu'accélérer le processus mis en branle par le ministère de l'intérieur.
Les mosquées -dont 50% échappent à la tutelle du ministère des Habous et des affaires islamiques- feront l'objet d'un contrôle rigoureux des pouvoirs publics qui visiblement tiennent à réhabiliter l'autorité de l'Etat. “ Certaines mosquées de fortune qui ont pris place dans les garages ou les bidonvilles sont devenues des tribunes qui se font fort de véhiculer le discours de ces groupuscules extrémistes. Il est important d'agir également à ce niveau et de débusquer les têtes pensantes. Tous les lieux de culte doivent être sous contrôle et l'on ne pourra plus tolérer l'ouverture de certaines écoles coraniques, certes marginales mais destinées à embrigader les enfants. Les sources de financement de ces groupes feront l'objet d'une attention particulière, y compris l'argent sale ”, affirment des sources responsables.
Visiblement, les autorités marocaines ne s'y trompent pas. La politique de sécurité nationale –qui va donner ses premiers fruits dans les toutes prochaines semaines- n'aura d'effet qu'accompagnée d'une véritable politique socio-économique. La misère, le chômage, la densification de quartiers aux lisières de l'urbain, les problèmes de logement sont autant de points noirs propices aux extrémismes. “ Ce combat, qui concerne toute la société marocaine, ne peut se gagner que par l ‘économique et c'est là où devrait se situer tout l'enjeu des législatives de septembre ”, souligne un responsable. La bataille se gagnera également par le respect de l'Etat de droit. Les pouvoirs publics semblent en avoir conscience. “ La loi et seule la loi sera appliquée dans toute sa rigueur ”, promettent-ils.
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