Vous êtes enseignant de l'histoire de l'art. Qu'est-ce qui a attiré votre interêt pour Casablanca?
Je suis professeur d'histoire mais j'ai été formateur en histoire de l'art sur les thèmes des nouveaux programmes des classes de seconde pour l'Académie de Reims. J'ai fait un site sur la Renaissance que vous trouverez en tapant «Renaissance vénitienne» sur votre moteur de recherche.
Exception faite du livre du Dr. Weisgerber «Casablanca et la Chaouïa en 1900», et le travail monumental d'André Adam, «Casablanca», plus quelques beaux livres sur l'architecture de la ville, d'où à la fois la nécessité de défricher un terrain vierge, mais en même temps la difficulté d'apporter du nouveau, faute de références, comment vous vous y êtes pris?
Il faut ajouter à votre liste le livre fondamental et récent de Cohen et Eleb. Vous mettez le doigt sur le problème majeur de l'accès aux sources, aux livres, aux documents même. Pour la fréquentation quotidienne des documents, j'ai eu la chance de rencontrer des amis Marocains qui m'ont aidé et en particulier Mohamed Tangi qui est un collectionneur mais qui s'enrichit en donnant un accès à ses documents, ce qui est une qualité rare. Il s'agissait ensuite de faire la synthèse des informations et de croiser les sources. Mais je n'ai pas la prétention d'avoir fait une étude exhaustive de Casablanca. C'est le sens du titre qui prévient le lecteur. Il peut paraître de nombreux livres, quel que soit l'angle de vue, nous ne ferons jamais le tour de cette ville exceptionnelle.
Casablanca a commencé pratiquement avec le sultan Mohamed Ben Abdallah et prit son essor avec Lyautey. Est-ce une raison pour que votre livre s'arrête aux années trente ?
C'est en effet par une analyse de la Casablanca du XIXe siècle que commence l'ouvrage. Je dois dire que je suis fasciné par l'ancienne Médina et par son histoire. J'ai aussi donné une étude sur la vue d'Anfa au XVIe siècle qui je pense est originale. C'est par le biais de la statue équestre de Lyautey et surtout par l'étude des reliefs sculptés qui décorent la base que j'ai illustré le livre. Il était bon d'apporter, là aussi, des informations nouvelles, car elle n'a fait l'objet d'aucune étude.
Il fallait faire des choix. L'urbanisme et l'architecture ont été traités par le livre inégalable de Cohen et Eleb, Casablanca, mythes et figures d'une aventure urbaine. J'ai pensé ensuite qu'il serait intéressant d'avoir l'expression de la vie de quelques personnages.
Votre livre est illustré de beaucoup de belles photos qui reviennent parfois au début du siècle, cependant, il y a peu de textes de Casablancais marocains contrairement aux textes français, alors que vous parlez de mémoires croisées. Pourquoi ce choix?
C'est le titre qui y invite. Il fallait faire des choix. Il s'agissait pour moi de donner la parole à des Français, messieurs Delanoë, Razon et Martinet, qui ont pris une part active dans le mouvement « Conscience Française » qui s'est élevé contre les erreurs historiques commises par le gouvernement français dans les années 50.
Outre l'intérêt de leurs beaux textes, que ce livre soit pour nous, Marocains et Français, l'occasion de leur rendre hommage. Rachid Souiyate, professeur de français au lycée Mohammed V, a présenté avec moi les documents du début du siècle. Le texte de Driss Benhimma, écrit il y a quelques années, était pour la fin du XXe siècle, une source incontournable.
Je suis professeur d'histoire mais j'ai été formateur en histoire de l'art sur les thèmes des nouveaux programmes des classes de seconde pour l'Académie de Reims. J'ai fait un site sur la Renaissance que vous trouverez en tapant «Renaissance vénitienne» sur votre moteur de recherche.
Exception faite du livre du Dr. Weisgerber «Casablanca et la Chaouïa en 1900», et le travail monumental d'André Adam, «Casablanca», plus quelques beaux livres sur l'architecture de la ville, d'où à la fois la nécessité de défricher un terrain vierge, mais en même temps la difficulté d'apporter du nouveau, faute de références, comment vous vous y êtes pris?
Il faut ajouter à votre liste le livre fondamental et récent de Cohen et Eleb. Vous mettez le doigt sur le problème majeur de l'accès aux sources, aux livres, aux documents même. Pour la fréquentation quotidienne des documents, j'ai eu la chance de rencontrer des amis Marocains qui m'ont aidé et en particulier Mohamed Tangi qui est un collectionneur mais qui s'enrichit en donnant un accès à ses documents, ce qui est une qualité rare. Il s'agissait ensuite de faire la synthèse des informations et de croiser les sources. Mais je n'ai pas la prétention d'avoir fait une étude exhaustive de Casablanca. C'est le sens du titre qui prévient le lecteur. Il peut paraître de nombreux livres, quel que soit l'angle de vue, nous ne ferons jamais le tour de cette ville exceptionnelle.
Casablanca a commencé pratiquement avec le sultan Mohamed Ben Abdallah et prit son essor avec Lyautey. Est-ce une raison pour que votre livre s'arrête aux années trente ?
C'est en effet par une analyse de la Casablanca du XIXe siècle que commence l'ouvrage. Je dois dire que je suis fasciné par l'ancienne Médina et par son histoire. J'ai aussi donné une étude sur la vue d'Anfa au XVIe siècle qui je pense est originale. C'est par le biais de la statue équestre de Lyautey et surtout par l'étude des reliefs sculptés qui décorent la base que j'ai illustré le livre. Il était bon d'apporter, là aussi, des informations nouvelles, car elle n'a fait l'objet d'aucune étude.
Il fallait faire des choix. L'urbanisme et l'architecture ont été traités par le livre inégalable de Cohen et Eleb, Casablanca, mythes et figures d'une aventure urbaine. J'ai pensé ensuite qu'il serait intéressant d'avoir l'expression de la vie de quelques personnages.
Votre livre est illustré de beaucoup de belles photos qui reviennent parfois au début du siècle, cependant, il y a peu de textes de Casablancais marocains contrairement aux textes français, alors que vous parlez de mémoires croisées. Pourquoi ce choix?
C'est le titre qui y invite. Il fallait faire des choix. Il s'agissait pour moi de donner la parole à des Français, messieurs Delanoë, Razon et Martinet, qui ont pris une part active dans le mouvement « Conscience Française » qui s'est élevé contre les erreurs historiques commises par le gouvernement français dans les années 50.
Outre l'intérêt de leurs beaux textes, que ce livre soit pour nous, Marocains et Français, l'occasion de leur rendre hommage. Rachid Souiyate, professeur de français au lycée Mohammed V, a présenté avec moi les documents du début du siècle. Le texte de Driss Benhimma, écrit il y a quelques années, était pour la fin du XXe siècle, une source incontournable.
