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Lundi 22 Juin 2026
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Abdallah Kadiri ,Secrétaire général du PND : « L’argent favorise les médiocres et non les gens de valeur »

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Quel enjeu représentent les communales pour votre parti le PND ?

Les communales représentent une étape importante dans le processus démocratique, après les législatives. C’est le cadre approprié de l’exercice de la démocratie locale. Le Parti national démocrate a fait l’effort de présenter des candidats et candidates à la hauteur des défis de ces élections.

Quel est justement le profil de ces candidats et quel a été le critère de leur sélection ?

Le candidat du PND est d’abord quelqu’un qui est originaire de l’endroit où il se présente, qui a un niveau d’instruction valable, qui a une popularité sur place et qui est en mesure d’offrir quelque chose à la collectivité pour laquelle il s’investit candidat.

Ainsi, vous consacrez les mêmes pratiques qui veulent que seuls les barons et autres notables aient leur mot à dire lorsqu’il s’agit de candidatures ?

Au PND, nous n’avons pas de barons. Nous avons des militants qui croient au message du parti, qui ont une sensibilité rurale et qui s’investissent dans la promotion de nos idées et de nos choix.

Deux modes de scrutins se confrontent lors de ces élections, le scrutin de liste pour certaines circonscriptions et l’uninominal pour d’autres. La dualité de ces modes ne pose-t-elle pas problème pour les partis ?

J’estime qu’il faut entamer une réflexion sérieuse visant à réviser les modes de scrutin. Aussi bien l’uninominal que le scrutin de liste posent problèmes.
Personnellement, j’opte pour le scrutin uninominal à deux tours. La bataille se déroule, ainsi, au deuxième tour entre les deux personnes qui auraient enregistré les meilleurs scores au premier tour. Le système de liste à deux tours est également valable, mais il continuera à poser des problèmes pour les partis politiques. Car, tout le monde cherchera à être en tête de liste. Cela fait un peu les lieutenants des partis politiques.

Certains partis politiques ont eu du mal à boucler leurs listes. Ce problème s’est-il posé au PND ?

Nous avons eu des problèmes dans deux ou trois endroits. Mais, là où je me présente par exemple, j’ai une pléthore de gens qui veulent aller au conseil municipal. Tous disent qu’ils ont la priorité sur les autres. Nous avons pu, tout de même, nous en sortir. Les meilleurs ont été choisis sur la base d’un sondage sur des positions différentes.

Ce choix s’est-il fait au niveau central ou local. Autrement dit, est-ce le bureau politique qui a désigné les candidats ou est-ce la section locale ?

C’est une décision locale qui s’est faite au niveau des sections. Nous avons fait confiance à nos secrétaires fédéraux au niveau des différentes provinces. Toutes les propositions et les décisions ont été faites à ce niveau.

Vous-même, vous vous présentez aux communales à Berrechid, après un échec lors du précédent scrutin local. Qu’est-ce qui a motivé cette décision ? S’agit-il d’une volonté de revanche ?

Il n’y a aucun esprit de revanche. Tout le monde sait que l’on m’a demandé de laisser la municipalité de Berrechid à l’USFP. La députation aussi.

Qui vous a demandé cela ?

Des responsables qui étaient directement concernés par l’opération électorale et qui estimaient que l’alternance devait se faire à Berrechid avec l’USFP. Ce sont des pratiques qui se faisaient dans le temps et qui sont aujourd’hui révolues. Actuellement les opérations se déroulent dans la sérénité.

Quelles sont vos chances aujourd’hui dans la région, surtout que vous avez eu à gérer le conseil municipal et que les gens pourront faire le bilan de votre action ?

Sans être fanfaron, je sais que la place du PND au niveau de ma région et de ma ville est une place de choix. Elle est imposée par la population elle-même.

L’administration semble aujourd’hui très active pour imposer la transparence du scrutin. La preuve en est la circulaire conjointe du ministère de la Justice et de l’Intérieur. Quelle appréciation faites-vous des mesures prises ?

Il était temps, à mon avis, que ces mesures soient prises. Il était temps aussi que des barons qui ont toujours influencé les élections par la corruption et l’argent sale en soient écartés.
L’argent ne favorise que les médiocres et les bandits et non pas les élites et les gens de valeur. Les gens de valeur qui n’ont pas d’argent, lorsqu’ils entrent en concurrence avec les barons, n’ont aucune chance de gagner. Grace aux mesures prises, les élites vont certainement avoir leur chance.

Les mesures prises par l’administration renvoient à la responsabilité des partis politiques, notamment pour le choix de candidats crédibles…

Il est clair que les partis politiques ont leur rôle à jouer dans ce sens. Les candidats doivent être choisis en fonction de leur capacité à relever les défis d’une gestion moderne réussie et à s’investir pour améliorer la situation économique et sociale des populations. A notre niveau, nous choisissons les hommes et les femmes pour faire ce travail.

Le PND base tout son message politique sur la défense du monde rural, ce souci se reflète-t-il dans vos candidatures ? Etes-vous plus présents dans les campagnes que dans les grandes villes ?

Le PND est partout présent. Il est présent aussi bien dans les villes que dans les campagnes. Pour nous la ville est constituée de migrants de la campagne. Malgré notre séjour dans la ville, nous sommes toujours sensibles à ce qui se passe dans la campagne et nous avons le souci de nos parents qui se trouvent dans les douars, qui manquent d’eau, d’électricité, de routes…Nous sommes convaincus que les problèmes du Maroc, y compris ceux des villes, viennent des campagnes. L’habitat insalubre, les bidonvilles, le chômage, la pauvreté sont des problèmes liés à l’exode rural. Ce phénomène favorise d’autres incidents très graves comme les événements du 16 mai. C’est aussi le résultat de la marginalisation de la campagne qui, depuis longtemps, vit dans l’oubli.

Que préconisez-vous pour résoudre tous ces problèmes ?
La première mesure consiste à bien choisir l’élite qui sera capable de participer à la relance du pays à travers la gestion des communes.

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