Comment se passe votre première journée de Ramadan ?
Ma première journée de Ramadan se passe très bien. Personnellement j'aime bien ce mois. Je n'ai pas de problème, ni de nourritures, ni de sucre. Je me sens très bien dans ma condition physique et morale. Le soir est encore meilleur. C'est plus agréable de manger avec appétit.
On dit que vous êtes un homme très ponctuel. C'est ce qui reste de votre formation militaire ?
C'est ma formation militaire, mais peut-être aussi ma nature. J'ai le respect de l'autre et je n'aime pas faire attendre les gens.
Le Parti national démocrate revendique son statut rural, mais il est dirigé par des citadins. Peut-on comprendre les préoccupation de la campagne lorsqu'on vit dans le confort des grandes villes ?
Je ne pense pas que les villes soient totalement citadines. Depuis trente ans, nos villes se sont " ruralisées ". Ce sont surtout les ruraux qui vivent aujourd'hui dans la ville. Je suis personnellement un défenseur du rural tout en vivant à Casablanca, car mes origines sont dans la campagne. Mes parents sont à Berrechid. Sentimentalement je reste un rural. Comme nombre de casablancais je garde la nostalgie et le respect du monde rural. Il n'y a aucune différence à défendre le monde rural qu'on soit en ville ou à la campagne.
C'est ce sentimentalisme qui vous a poussé à crier au scandale lorsque une personne d'un autre parti a été élue à la tête du conseil municipal de Berrechid?
Pour moi, il s'agissait d'un défi. A certain moment on a essayé de m'écarter de la ville de Berrechid.
Qui a essayé de vous en écarter ?
Les responsables qui organisent la carte politique. Ils m'ont écarté de Berrechid qui est ma ville natale et pour laquelle j'ai travaillé en tant que président du conseil pendant 16 ans. J'ai personnellement travaillé à sa relance économique et sociale. Berrechid de 1992 n'avait rien à voir avec la ville en 1976. Berrechid en 1976 avait un seul employeur qui était l'hôpital psychiatrique. En 1992, elle avait presque 100 unités industrielles installées, une zone industrielle moderne et un chiffre d'affaires qui a été multiplié par dix. Il y avait 1 milliard de centimes de chiffre d'affaires annuel en 1976 le chiffre a dépassé 45 milliard en 1992.
Vous présentez un recours en justice contre le président élu. Vous obtenez gain de cause puisque par décision du tribunal l'élection est annulée. Mais vous ne vous présentez pas personnellement au poste. Pourquoi ?
Berrechid pour moi, comme je l'ai déjà dit, est un défi. La ville est PND elle est Kadiri et elle le restera. Les habitants se sont prononcé en grande majorité en faveur de notre parti. Sur 31 circonscriptions, nous étions majoritaires dans 27. Avec le système de liste, qui est un système de scrutin horrible, nous avons eu la majorité. Les adversaires ont réuni une majorité contre nature pour former le bureau. J'ai crié au scandale parce qu'il y a eu détournement de la volonté des électeurs. La justice m'a donné raison, puisqu'il y a eu jugement en ma faveur. Je n'ai ainsi rien à prouver. Ma mission est plus régionale et nationale. Je vais donc céder la place à un jeune du parti pour briguer un mandat à la tête du conseil de la ville pour me consacrer à autre chose.
Vous convoitez donc la présidence de la région. C'est aussi un défi ou c'est un acquis que vous voulez conserver ?
J'étais président de région. Des gens réclament à ce que je reste, je vais donc essayer de rester.
Quel regard porte Abdallah Kadiri sur la nouvelle réforme de la Moudawana ?
La nouvelle réforme est à mon avis un pas de géant en avant. C'est un courage énorme de la part de S.M. le Roi. Elle avantage la religion islamique et sa perception par le monde. Elle introduit le Maroc dans un système démocratique et de respect des droits de l'homme. On pouvait pas souhaiter mieux. Je ne pense pas qu'il y a un chef d'Etat capable de faire un pas aussi important.
Personnellement vous êtes pour ou contre la polygamie ?
Je suis personnellement contre la polygamie. Je suis contre toute forme d'injustice à l'égard de la femme, des enfants et de la famille.
Vous avez quitté la carrière militaire pour vous engager dans la politique. Lequel des deux mondes est le plus dur ?
C'est la politique qui est la plus dure, car elle est faite d'entourloupettes, d'injustice, d'argent et d'un tas de choses sales. Dans l'armée tout homme compétent, consciencieux, nationaliste peut réussir. Dans la politique c'est très difficile d'avancer.
Pourtant vous y restez. Vous y prenez goût ?
Je suis un peu obligé. Je dirige un parti. J'aurai bien voulu voir un jour quelqu'un me succéder. Il faut que ce soit le plus tôt possible. A 64 ans, j'en ai marre de continuer à sacrifier ma vie pour des choses qui ne le méritent pas.
Un mot sur la loi des Finances aujourd'hui débattue au Parlement ?
Depuis le gouvernement d'Alternance, la loi des Finances est une loi de continuité. C'est une loi de ramassage de crédits. Un équilibre qui est tenu grâce aux recettes des privatisation. C'est un projet qui ne règle pas les problèmes du chômage, ni ceux de l'investissement. C'est un projet, tout simplement, qui manque de courage et d'initiatives. L'important ce n'est pas le volume budgétaire, mais la volonté de vouloir régler les problèmes. J'ai l'impression que les gens dans ce gouvernement et dans ceux qui l'ont précédé n'ont pas le courage d'aller au fond des problèmes.
La loi sur les partis politiques ?
C'est une aberration. Elle aurait dû sortir avant les élections.
Le mode électoral ?
C'est une catastrophe. Ce qui s'est passé lors des consultations électorales était en dessous de tout ce que l'on pouvait attendre. Nous sommes sortis avec une carte politique inadmissible. On ne peut former un gouvernement avec une telle carte. Logiquement, il devrait y avoir une majorité solide et une opposition forte. Malheureusement, ces élections ont contribué à la dislocation totale du paysage politique national. Le grand perdant du processus électoral sont les partis politiques. L'erreur a été de ne pas sortir la loi sur les partis politiques.
Ma première journée de Ramadan se passe très bien. Personnellement j'aime bien ce mois. Je n'ai pas de problème, ni de nourritures, ni de sucre. Je me sens très bien dans ma condition physique et morale. Le soir est encore meilleur. C'est plus agréable de manger avec appétit.
On dit que vous êtes un homme très ponctuel. C'est ce qui reste de votre formation militaire ?
C'est ma formation militaire, mais peut-être aussi ma nature. J'ai le respect de l'autre et je n'aime pas faire attendre les gens.
Le Parti national démocrate revendique son statut rural, mais il est dirigé par des citadins. Peut-on comprendre les préoccupation de la campagne lorsqu'on vit dans le confort des grandes villes ?
Je ne pense pas que les villes soient totalement citadines. Depuis trente ans, nos villes se sont " ruralisées ". Ce sont surtout les ruraux qui vivent aujourd'hui dans la ville. Je suis personnellement un défenseur du rural tout en vivant à Casablanca, car mes origines sont dans la campagne. Mes parents sont à Berrechid. Sentimentalement je reste un rural. Comme nombre de casablancais je garde la nostalgie et le respect du monde rural. Il n'y a aucune différence à défendre le monde rural qu'on soit en ville ou à la campagne.
C'est ce sentimentalisme qui vous a poussé à crier au scandale lorsque une personne d'un autre parti a été élue à la tête du conseil municipal de Berrechid?
Pour moi, il s'agissait d'un défi. A certain moment on a essayé de m'écarter de la ville de Berrechid.
Qui a essayé de vous en écarter ?
Les responsables qui organisent la carte politique. Ils m'ont écarté de Berrechid qui est ma ville natale et pour laquelle j'ai travaillé en tant que président du conseil pendant 16 ans. J'ai personnellement travaillé à sa relance économique et sociale. Berrechid de 1992 n'avait rien à voir avec la ville en 1976. Berrechid en 1976 avait un seul employeur qui était l'hôpital psychiatrique. En 1992, elle avait presque 100 unités industrielles installées, une zone industrielle moderne et un chiffre d'affaires qui a été multiplié par dix. Il y avait 1 milliard de centimes de chiffre d'affaires annuel en 1976 le chiffre a dépassé 45 milliard en 1992.
Vous présentez un recours en justice contre le président élu. Vous obtenez gain de cause puisque par décision du tribunal l'élection est annulée. Mais vous ne vous présentez pas personnellement au poste. Pourquoi ?
Berrechid pour moi, comme je l'ai déjà dit, est un défi. La ville est PND elle est Kadiri et elle le restera. Les habitants se sont prononcé en grande majorité en faveur de notre parti. Sur 31 circonscriptions, nous étions majoritaires dans 27. Avec le système de liste, qui est un système de scrutin horrible, nous avons eu la majorité. Les adversaires ont réuni une majorité contre nature pour former le bureau. J'ai crié au scandale parce qu'il y a eu détournement de la volonté des électeurs. La justice m'a donné raison, puisqu'il y a eu jugement en ma faveur. Je n'ai ainsi rien à prouver. Ma mission est plus régionale et nationale. Je vais donc céder la place à un jeune du parti pour briguer un mandat à la tête du conseil de la ville pour me consacrer à autre chose.
Vous convoitez donc la présidence de la région. C'est aussi un défi ou c'est un acquis que vous voulez conserver ?
J'étais président de région. Des gens réclament à ce que je reste, je vais donc essayer de rester.
Quel regard porte Abdallah Kadiri sur la nouvelle réforme de la Moudawana ?
La nouvelle réforme est à mon avis un pas de géant en avant. C'est un courage énorme de la part de S.M. le Roi. Elle avantage la religion islamique et sa perception par le monde. Elle introduit le Maroc dans un système démocratique et de respect des droits de l'homme. On pouvait pas souhaiter mieux. Je ne pense pas qu'il y a un chef d'Etat capable de faire un pas aussi important.
Personnellement vous êtes pour ou contre la polygamie ?
Je suis personnellement contre la polygamie. Je suis contre toute forme d'injustice à l'égard de la femme, des enfants et de la famille.
Vous avez quitté la carrière militaire pour vous engager dans la politique. Lequel des deux mondes est le plus dur ?
C'est la politique qui est la plus dure, car elle est faite d'entourloupettes, d'injustice, d'argent et d'un tas de choses sales. Dans l'armée tout homme compétent, consciencieux, nationaliste peut réussir. Dans la politique c'est très difficile d'avancer.
Pourtant vous y restez. Vous y prenez goût ?
Je suis un peu obligé. Je dirige un parti. J'aurai bien voulu voir un jour quelqu'un me succéder. Il faut que ce soit le plus tôt possible. A 64 ans, j'en ai marre de continuer à sacrifier ma vie pour des choses qui ne le méritent pas.
Un mot sur la loi des Finances aujourd'hui débattue au Parlement ?
Depuis le gouvernement d'Alternance, la loi des Finances est une loi de continuité. C'est une loi de ramassage de crédits. Un équilibre qui est tenu grâce aux recettes des privatisation. C'est un projet qui ne règle pas les problèmes du chômage, ni ceux de l'investissement. C'est un projet, tout simplement, qui manque de courage et d'initiatives. L'important ce n'est pas le volume budgétaire, mais la volonté de vouloir régler les problèmes. J'ai l'impression que les gens dans ce gouvernement et dans ceux qui l'ont précédé n'ont pas le courage d'aller au fond des problèmes.
La loi sur les partis politiques ?
C'est une aberration. Elle aurait dû sortir avant les élections.
Le mode électoral ?
C'est une catastrophe. Ce qui s'est passé lors des consultations électorales était en dessous de tout ce que l'on pouvait attendre. Nous sommes sortis avec une carte politique inadmissible. On ne peut former un gouvernement avec une telle carte. Logiquement, il devrait y avoir une majorité solide et une opposition forte. Malheureusement, ces élections ont contribué à la dislocation totale du paysage politique national. Le grand perdant du processus électoral sont les partis politiques. L'erreur a été de ne pas sortir la loi sur les partis politiques.
