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Agendas 21 : politique de la ville, atouts et handicaps de Marrakech

C'est aujourd'hui que démarrent, à Marrakech, à 9 heures à la faculté de médecine, les premiers Ateliers Agendas 21, consacrés à la politique de la ville. Organisés par le ministère de l'aménagement du territoire, de l'environnement et de l'eau en collab

Le programme Agenda 21 est cofinancé par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) Capacité 21 local et le gouvernement marocain , dont les objectifs portent sur le renforcement des capacités des acteurs locaux (collectivités locales, associations et ONG) par des actions de développement fondées sur le partenariat et la participation.
Le profil environnemental s'attache à dégager les traits essentiels du développement urbain de Marrakech et à mettre l'accent sur les rapports entre environnement et développement en ciblant les problèmes et les éléments saillants du dysfonctionnement.

Dynamisme et fragilité d'une économie

La démarche poursuivie s'est appuyée sur l'exploitation de documents existants, les données disponibles y compris celles du recensement général de la population et de l'Habitat (RGPH 94), complétée par des contacts directs avec les différents partenaires dans l'objectif de rapporter leur point de vue et de restituer un diagnostic qui sera soumis à la discussion pour définir les priorités d'actions. Il ne s'agit pas de se substituer aux acteurs de développement par une expertise technique, une de plus, mais plutôt de mettre à leur service un regard extérieur et de soumettre à leur appréciation un diagnostic qui traduit leurs préoccupations et leurs priorités.
Ville charnière entre le Nord et le Sud du Maroc, Marrakech occupe la quatrième position dans l'armature urbaine du pays avec une population qui franchira à moyen terme le cap de 1 million d'habitants. Au dernier recensement de 1994, Marrakech comptait une population de 672 506 habitants soit 125 066 ménages. L'agglomération a enregistré une croissance urbaine soutenue alimentée par un exode rural durable. Au cours de la dernière période intercensitaire, sa population a été multipliée par une fois et demie (1,52) soit un taux d'accroissement moyen de 3,6 % par an.
Selon les projections du Schéma National d'Aménagement du Territoire (SNAT), Marrakech franchira le cap de un million d'habitants à l'horizon 2010. Ce chiffre donne la mesure de l'importance de la croissance urbaine attendue et de la demande sociale qui en découle, dans un contexte de polarisation excessif dans lequel la ville ne peut pas compter sur des centres relais périphériques pour absorber une partie de la croissance. La plupart des indicateurs socio-économiques se rapprochent de la moyenne observée en milieu urbain du Maroc avec toutefois des écarts entre les communes de l'agglomération.
L'analphabétisme enregistre des taux élevés : 49% à Sidi Youssef Ben Ali (SYBA), 42,5 % à Marrakech Médina, en comparaison avec le taux en milieu urbain au Maroc (37%) et 33% à Ménara-Gueliz avec partout un écart entre les femmes et les hommes. Le taux de scolarisation est également faible mais à des niveaux variables selon les trois préfectures : 85% à Marrakech- Ménara, 80% Marrakech-Médina et de seulement 75% à SYBA. Partout, il enregistre un écart de plusieurs points aux dépens des filles.
Le taux de chômage est de 19%1, comparable au taux enregistré en milieu urbain national, 20%. Le chômage touche davantage les femmes (30,61%) que les hommes (16,31%). Il est aggravé par le sous-emploi. Les «aides familiaux» et les «apprentis», deux statuts qui révèlent une situation de précarité et de sous-emploi, représentent un peu moins d'un actif sur dix. 45% des ménages occupent des logements de taille réduite (1 à 2 pièces), particulièrement en médina et dans le quartier de SYBA, et 21% habitent des douars périphériques sous-équipés.
Ces indications traduisent un dynamisme démographique, davantage alimenté par l'exode rural que par la croissance naturelle. Le poids de la population jeune (35 % a moins de 14 ans) dans un contexte de déficits sociaux, traduit l'ampleur de la demande en matière de scolarité, d'emploi et d'encadrement social.

Le tourisme, moteur de la croissance

Le tourisme constitue la locomotive du développemen économique de la ville, notamment par ses effets d'antraînement sur d'autres secteurs. Il contribue à diversifier les activités de la ville et à préserver le patrimoine.
Avec une capacité de 21 096 lits, Marrakech accueille 1 million de touristes par an et 20% de l'activité émane du marché intérieur qui se révèle très dynamique et permet de faire face à l'instabilité du marché international. Les difficultés soulignées par les professionnels sont liées au secteur, à son environnement et à sa sensibilité au contexte international, mais malgré la baisse enregistrée au cours de la dernière saison 2001-2002, l'investissement dans le secteur est en progression et la ville semble bien résister à la crise.
Un effort important est entrepris pour la promotion du secteur touristique à la fois en termes d'aménagement de zones touristiques, d'amélioration de la qualité de l'espace public, d'embellissement et de promotion des produits et de la destination. La profession est également en cours de réorganisation. Le Centre Régional du Tourisme (CRT) constitue un outil pour la promotion et l'animation touristique.
Le poids industriel de Marrakech à l'échelle nationale reste relativement modeste.L'industrie emploie 13 675 personnes dont 38% (5 214) travaillent dans l'industrie agro-alimentaire. Les autres secteurs sont par ordre d'importance : le textile, le cuir (35,5% des emplois) et l'industrie chimique (23,4% des emplois).
Le secteur du textile et cuir bute sur des difficultés de reconversion et de vieillissement des ateliers. L'agro-alimentaire connaît des difficultés ; la branche de cuir est en perte de vitesse. Le secteur de la mécanique et de l'électricité est très faible.L'activité artisanale se maintient et génère de l'emploi dynamisé par le développement touristique et par la diversification du marché extérieur. Malgré les efforts entrepris pour le renforcement du mouvement coopératif, le secteur reste faiblement organisé et souvent un refuge pour les sans-emploi.Le commerce est un secteur soumis à un mouvement de restructuration qui touche notamment le petit commerce, maillon faible de l'économie. Ce dernier enregistre une absence d'organisation qui le fragilise face à concurrence des grandes surfaces.
Marrakech en tant que métropole régionale assure également des activités et des services liés directement aux besoins de la population et à son rôle d'encadrement administratif. Le secteur public (administration et enseignement) constitue le premier employeur de la ville. Par ailleurs, le secteur du bâtiment et travaux publics a connu une réelle dynamique au cours des deux dernières décennies, induite par les opérations publiques de lotissements et de construction et par le développement des constructions touristiques. Enfin le secteur des services enregistre un développement remarquable, marqué par une diversification des activités et une modernisation impulsée par l'essor touristique. La ville de Marrakech dispose d'une infrastructure de base relativement bien développée malgré son caractère vétuste et incomplet.
Déchets solides et problème de la décharge
Insuffisance de la collecte et risque posé par la décharge constituent les deux éléments saillants de la gestion des déchets. Le secteur a fait l'objet d'un Schéma Directeur d'Assainissement Solide (SDAS) qui a permis de réaliser un diagnostic sur le secteur et par commune, et esquisser des propositions d'intervention.
La gestion de la collecte est organisée conjointement par les communes, qui assurent la collecte et le nettoiement, et la communauté urbaine qui assure la gestion des caissons de dépôts intermédiaires et la décharge. Cette répartition des rôles rend difficile la conduite d'une politique globale des déchets dans un contexte de disparités des ressources entre les communes et de moyens réduits affectés au secteur.
Le rendement de la gestion communale des déchets solides est jugé très faible. La collecte couvre à peine 85% de la population et 70 % des déchets. Deux formes de gestion sont à l'étude : la privatisation de la collecte et du traitement, ou la gestion concédée à une régie autonome.
La nappe phréatique est surexploitée par les puits, Khettara et les pompages. Elle est également menacée dans la zone d'épandage des eaux usées, située en aval des champs captants de l'Office National de l'Eau Potable (ONEP) où on relève un accroissement de sa teneur en polluants chimique et biologique, aggravé par la réduction du pouvoir épurateur du sol en raison de sa faible épaisseur. Cependant, quelques initiatives ont été prises dont on peut citer notamment le projet de recherche-action engagé par le Centre de Développement de la Région de Tensift (CRDT) en collaboration avec l'Office Régional de Mise en Valeur Agricole du Haouz (ORMVAH), dont l'objectif est de mettre en place un dispositif d'observation et de surveillance visant la rationalisation et la valorisation optimale de l'eau (arrosage en fonction des besoins des cultures). Par ailleurs, la RADEEMA a entrepris une politique de rénovation-extension du réseau, notamment dans la médina et certains quartiers centraux, qui aura des effets positifs sur l'amélioration du taux de rendement du réseau.
L'effort mené en matière de coordination et de mise en cohérence des interventions des acteurs concernés par la question de l'eau est manifeste, notamment pour la mobilisation et l'affectation des ressources. Il reste cependant insuffisant dans la gestion et la protection de ce bien commun.

Les risques environnementaux permanents

La médina, de par son poids démographique et économique, occupe une position centrale dans le fonctionnement de l'agglomération, comme centre d'animation et point de convergence des trafics et des déplacements. Elle est confrontée à des difficultés multiples qui touchent au cadre bâti, aux activités et à son mode de fonctionnement.
La médina est l'objet d'un processus de dégradation du bâti, de prolifération du commerce, des services et des activités, dont certaines génèrent des nuisances incompatibles avec sa fonction résidentielle ou touristique (ateliers mécaniques ou de ferronnerie, tanneries).La médina est également confrontée au dysfonctionnement en matière d'assainissement, de collecte des ordures, de circulation et de stationnement, notamment aux abords des remparts.
La médina est l'objet de plusieurs études, projets et actions visant la préservation du cadre bâti et l'amélioration de son fonctionnement. La médina et les principaux monuments historiques de Marrakech, y compris la place Jamaâ El Fna, sont inscrits sur la liste du Patrimoine Mondial de l'UNESCO. Ils sont l'objet également de textes juridiques pour leur conservation. Les remparts en particulier bénéficient d'une servitude de protection à l'intérieur et à l'extérieur.
La médina a fait l'objet d'un Plan d'Aménagement (PA) en 1975 qui a été modifié en 1977 mais qui n'a pas été homologué. Ce document sert toujours de référence pour la gestion des autorisations de construire, en attendant l'approbation du nouveau PA financé par la municipalité, en cours d'élaboration.
L'inspection des Monuments Historiques est en phase de présenter un projet de plan de gestion de la médina qui sera soumis pour concertation aux différents partenaires. Son objectif est de coordonner les différents projets et actions dans une perspective de sauvegarde dynamique.
Les principaux monuments historiques sont l'objet de restauration, soit directement par le ministère de la Culture, soit par des mécènes privés. Parallèlement, on assiste au développement d'un mouvement de réhabilitation de ryads et de maisons en ruine par les particuliers, essentiellement des étrangers, et leur reconversion en maisons d'hôtes.
Les risques naturels sont constitués par la menace des inondations notamment aux abords de l'oued Issil, par la sécheresse et par les risques pour la santé publique. Les inondations à Marrakech sont localisées principalement sur les berges de l'oued Issil, menacées par les eaux de crues qui débordent sur la route des remparts et sur le quartier Sidi Youssef Ben Ali. La crue de 1982 a été responsable de la destruction d'une centaine d'habitations et de la perte de dizaines de personnes.
L'oued Issil est l'objet de plusieurs études et projets d'aménagement, qui portent notamment sur l'élargissement du lit de l'oued et la réduction des ses méandres, la surélévation du tablier du pont et la construction du collecteur hors-site Fekhara-Madina-Zahra.
Le coût des aménagements projetés dépasse de loin les ressources de la commune de SYBA, dont les habitants sont les plus menacés, mais leurs répercussions auront des effets positifs sur la zone touristique du Golfe et des complexes Amelkiss Aman jana.
Tous ces éléments montrent la nécessité d'une coordination élargie qui implique notamment la wilaya, l'administration de l'hydraulique, la régie et les municipalités, qui placent la question de la gestion des risques et de leur prévention parmi les priorités de la collectivité.
La ville est soumise à un climat continental aride caractérisé par une pluviométrie faible (240 mm) et une température moyenne qui avoisine 20 °C, avec des écarts importants mensuels et journaliers et une forte évaporation. Les données météorologiques enregistrées depuis 1979 montrent que Marrakech connaît une période de sécheresse relativement longue. Dans une région où l'agriculture constitue l'activité principale de plus de 60% de la population, la sécheresse accélère le rythme de l'exode rural vers Marrakech, contribue à aggraver le déficit hydraulique et les difficultés d'approvisionnement en eau potable.

Les perspectives pour 2010

La perspective du développement touristique à l'horizon 2010 implique la mise en place d'une stratégie intégrée qui préserve les grands équilibres économiques et environnementaux. Dans ce sens, il est important de maintenir une relative diversification des activités pour réduire les effets de la sensibilité du secteur à l'évolution du contexte international et d'assurer une gestion durable des ressources, notamment l'eau, le foncier et le patrimoine, dans un contexte de forte compétition pour leur usage.
En effet, dans ces trois secteurs, Marrakech est confrontée à des défis majeurs.
1- La gestion des ressources en eau potable met en relief la question de l'ajustement de l'offre à la demande et de l'arbitrage entre les usages compétitifs des différents secteurs. L'effort doit s'inscrire dans une démarche orientée vers la recherche de l'équilibre entre la demande en eau et l'approvisionnement, plutôt que de le concentrer exclusivement sur l'augmentation de l'offre. Cette perspective implique l'engagement de relations partenariales dans une démarche transversale du traitement de la question de l'eau, dont la gestion requiert une participation élargies des acteurs locaux à l'économie de l'eau et des campagnes d'information et de sensibilisation favorisant l'optimisation de son usage et sa conservation.
2- Le tourisme peut constituer un facteur important au service de la sauvegarde du patrimoine qui va au-delà de la nécessaire restauration des monuments historiques. Les actions de réhabilitation des maisons d'hôtes à l'intérieur de la médina procèdent de la même démarche de préservation du bâti, des métiers traditionnels de la construction et de l'artisanat. Elle doit être réglementée et intégrée dans une vision globale.
Le tourisme constitue également un facteur d'ouverture économique et d'échanges socioculturels pour peu qu'il soit respectueux des pratiques et des spécificités locales. Les ambitions de Marrakech d'attirer une part importante des 10 millions de touristes prévus pour 2010 implique une gestion efficiente de ces flux, qui soit favorable à des échanges économiques et culturels de qualité et à la préservation de son patrimoine.
3- La vocation touristique de Marrakech est incompatible avec la progression de l'habitat insalubre et des douars périphériques. La résorption du premier et l'intégration sociale des seconds par le renforcement des infrastructures et des services urbains s'imposent comme une démarche de mise à niveau de la ville, indissociable de la problématique du développement durable du secteur touristique.
Cette intégration doit se décliner sur le plan opérationnel sous des formes d'intervention conduites selon une approche de maîtrise d'ouvrage sociale fondée sur la participation des habitants, qui va au-delà de leur contribution financière au coût du projet, et une coordination entre les différents intervenants qui s'inscrit dans la durée des opérations.
Ces trois thèmes fédérateurs qui articulent la question de l'environnement à celle du développement correspondent également à des problématiques porteuses qui peuvent servir de support pour un apprentissage de l'action concertée du développement local.
Pour assurer son rôle de métropole régionale et de première destination touristique au Maroc, Marrakech se doit de gagner le pari de préserver son environnement et son patrimoine, qui constituent sa première richesse. La perspective de l'unité de la ville mettra fin à une gestion dispersée et ouvrira la voie à un développement intégré et durable.

* Consultant international en aménagement et urbanisme

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