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Mercredi 10 Juin 2026
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Aïssa Ouardighi, secrétaire général du PSD : « Les partis politiques doivent faire leur mise à niveau »

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Vous avez présenté votre démission au bureau politique du PSD au lendemain de l’annonce des résultats des communales. Qu’est-ce qui a véritablement motivé cet acte ?

Lors de la première réunion du bureau politique après les consultations du 12 septembre, j’ai présenté un rapport succinct à ses membres. J’y relatai le comportement du PSD à ces élections qui s’est distingué par une campagne électorale globalement propre articulée autour du programme national et des programmes locaux du parti. Nous avons enregistré avec satisfaction les résultats du PSD à cette consultation, aussi bien à travers les médias que sur le terrain.

Vous êtes également un candidat perdant à ces élections.

Concernant ma candidature, au scrutin uninominal, à la commune de Mehdia, j’en assume totalement et personnellement le résultat. Je n’avais pas pris les précautions d’usage pour m’assurer de la régularité des listes électorales. Je me suis aperçu après coup que ces listes étaient bourrées d’inscrits n’habitant pas sur les lieux. Mais, de toutes les façons, il fallait bien que j’assume le résultat. Il est négatif. La première leçon que je devais en tirer, en tant que premier responsable du PSD, m’imposer de remettre ma démission aux mains du bureau politique.

Cela veut dire que votre démission est liée à votre échec personnel aux communales ?

Tout à fait. Ma démission a fait l’objet d’un débat au sein du bureau politique du PSD. Les membres ont convenu de la rejeter. Ils ont réitéré leur confiance en ma personne. Ce en quoi je tiens à les remercier.

Vous parliez de résultats positifs du PSD aux communales. Pourtant votre parti est classé en 16e position du palmarès général ?

Si on compare les résultats enregistrés le 12 septembre à ceux du 12 juin 1997, on remarquera que le PSD a fait un progrès sensible. Certes, le nombre de sièges que nous avons emportés demeure limité, nous tournons autour de 500 sièges au niveau national, mais en termes relatifs, nous avons accompli un progrès de l’ordre de 100 % . Nous étions à 200 sièges auparavant. Le plus important est que nous avons progressé au niveau du nombre de sièges remportés, mais aussi au niveau des communes où nous sommes bien placés pour en assurer la gestion. Dans l’expérience antérieure, nous avions la gestion d’une demi-douzaine de communes, aujourd’hui, j’espère que nous allons pouvoir atteindre la quarantaine.

Quelle leçon doivent tirer les partis politiques de la consultation du 12 septembre ?

Globalement le scrutin du 12 septembre a marqué un pas positif en direction de la transparence et de la crédibilité des élections. Il n’en demeure pas moins que plusieurs insuffisances et lacunes continuent de marquer les consultations électorales. Il y a aujourd’hui une nécessité de revoir en profondeur les listes électorales, de les assainir et de les actualiser. Un effort est à faire aussi au niveau du mode du scrutin nouveau qui n’est pas encore assimilé par une grande partie de la population.

La technique même de ce scrutin, notamment à la proportionnelle et au plus fort reste, ne peut pas permettre de dégager des majorités cohérentes, homogènes et fortes. D’où la perpétuation de pratiques auxquelles on voulait tordre le coup. Il y a, notamment, celle du rapt des conseillers. Tout ceci nécessite que l’on penche de nouveau sur les questions relatives au mode du scrutin et à ses techniques. Peut-être faudra-t-il, en cas du maintien du mode de scrutin de listes, adopter le système des deux tours de telle sorte que le citoyen exprime un choix au premier tour et le corrige au deuxième tour. Cela permettrait de favoriser le regroupement des partis politiques et l’émergence de ce que feu S.M. Hassan II souhaitait, c’est-à-dire l’émergence de deux pôles politiques forts.

Le regroupement des partis politiques ne pourrait-il pas se faire aujourd’hui sur les bases que vous décrivez d’homogénéité et de cohérence ? L’émiettement des résultats du scrutin justifie-t-il des alliances contre-nature pour la formation des bureaux des communes ?

Il y les souhaits et les consignes des états-majors des partis. Elles sont cohérentes avec les orientations générales des partis. Par exemple, au PSD nous donnons la priorité à la coopération avec les partis de l’alliance socialiste, puis avec l’USFP et l’Istiqlal et avec les partis de la majorité gouvernementale. Mais, cette orientation générale bute, dans la plupart des cas malheureusement, sur des réalités locales. Elle se heurte aux animosités personnelles, aux incompatibilités d’humeur entre personnes, parfois même à des rancœurs.

Une notabilité locale refuse parfois de saluer une autre, alors envisager de les faire collaborer est tout simplement impossible.

Et la discipline partisane dans tout cela ?

Malheureusement on n’en est pas encore là. Il faut toutefois nuancer.
Il y a des endroits où la discipline marche et il y en d’autres où elle ne fonctionne pas. Mais le problème est complexe. Je parlais, il y a un instant de la difficulté du mode de scrutin. C’est une donnée à prendre en compte. La responsabilité des partis politiques est réelle. Ils doivent faire leur remise à niveau, parfois même leur mea culpa, mais il ne sont pas seuls concernés. C’est tout un dispositif qu’il faut revoir en profondeur.
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