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Lundi 25 Mai 2026
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Entretien avec Younès Mégri : une nouvelle carrière au cinéma à l’horizon

De retour du festival cinématographique de Vons (Belgique), Younès Mégri nous révèle son curieux parcours dans le monde du cinéma national et international qui, jusqu’à présent, commence à devenir très intéressant après l’obtention du prix du

Entretien avec Younès Mégri : une nouvelle carrière au cinéma à l’horizon
Ecoutons-le dans cette interview exclusive accordée au “Matin du Sahara et du Maghreb”.
- Chaque grand acteur a sa propre histoire quant au comment il est entré dans le cinéma !
Peut-on connaître la vôtre ?
- Le monde du cinéma a été de tout temps un univers fascinant, voire même magique pour tous les artistes. Donc, je ne peux échapper à ce phénomène qui nous en voûte créant en nous de grandes passions.
Or, en ce qui me concerne, c’est grâce à la chanson que j’ai eu le privilège d’y accéder d’une manière presque naturelle, du fait que les Mégri ont, vers les années 60-70, tourné les premiers clips de la télévision marocaine avec quelques réalisateurs-rénovateurs, notamment feu Hamid Benchrif qui exigeait de nous de faire appel à notre talent d’acteur. Dans le temps, on appelait ça “des chansons filmées” faites à partir d’un scénario, en rapport avec l’histoire de la chanson.
Il faut croire que chez les Mégri, il y avait toujours ce penchant pour le cinéma, tout particulièrement les films à sensations. Par exemple ma mère, quand elle voyait un film, elle pouvait le raconter en détails, tout en incarnant les personnages dans leur situation de rire ou de tristesse. Personnellement, j’ai dû hériter ce don, qui à présent me permet des rôles variés.
- Quel est le rôle que vous aimez interpréter pour mieux mettre en valeur vos capacités d’acteur ?
- Je crois que je préfère de loin des rôles d’action comme dans les téléfilms “Al hout al aâma” et “Le papillon noir” de Hassan Ranja. Par contre, je suis aussi intéressé par des films d’intérieur comme le cas des longs métrages “Une histoire d’amour” de Hakim Noury et “Casablanca-Casablanca” de Farida Belyazid.
Cependant, dans “Ali, Rabea et les autres” de Ahmed Boulane, j’ai été vraiment emballé par le scénario, qui m’a transporté quelques décennies auparavant, dans une période où les Mégri ont connu beaucoup de succès.
L’atmosphère de ce film m’a rappelé ma génération et ses grandes aspirations dans le temps.
Mais pour ce qui est du cinéma international, je pense que je suis dans la bonne voie, après l’interprétation de certains rôles importants dans “Marie de Nazareth” de Jean Delanoy, où j’ai joué le rôle de Saint Mathieu (l’un des apôtre du Christ), puis dans “Le Roi David” et dans un film d’action américain “Seventh Serool” de Kevin Connors, qui m’a permis de me familiariser beaucoup plus avec la caméra, en maîtrisant les champs d’action.
- Avez-vous un problème de langue ?
- Absolument pas, ce n’est pas un handicap, parce que j’ai même interprété des rôles en anglais et en italien avec facilité dans des films étrangers.
Il est vrai qu’auparavant, j’avais un petit stress de ne pas pouvoir assimiler les textes qu’on me proposait dans d’autres langues. Fort heureusement, j’ai une très bonne mémoire, ce qui m’a toujours facilité la tâche.
- Comment êtes-vous arrivé au cinéma international ?
- Il faut un début à tout. Or, tout comme le cinéma marocain, j’ai commencé petit à petit, en acceptant des premiers rôles dans des téléfilms nationaux, notamment avec Farida Bourquia dans “Lan Aoud»» et Chakib Ben Omar dans “Erraqas Al Assouad». C’étaient mes premiers pas dans le cinéma de la télévision.
Mais ce n’est que plus tard que je me suis vraiment intéressé au 7e Art, en me présentant à des castings, sans faire allusion que j’étais compositeur-interprète, ceci dans l’intention de tester mes capacités d’acteur.
Par bonheur, toutes mes tentatives ont été couronnées de succès.
C’est ainsi que j’ai pu pénétrer dans le cinéma international par la grande porte.
- Que représente pour vous le Prix du “ Jamour" ?
- Ça fait toujours plaisir d’avoir un prix. Mais loin d’être une consécration, le Jamour est une sorte de reconnaissance et de mise au point quant à certains propos, faisant allusion à ma présence dans le cinéma, alors que pour les gens, je suis plutôt confirmé dans la musique.
Je n’ai jamais répondu à ces dires, par contre, j’ai laissé le travail parler à ma place.
- Younès Mégri, c’est aussi la musique de films, n’est-ce pas ?
- En effet, en parallèle de mon métier d’acteur, j’ai toujours utilisé mes dons artistiques en matière de musique, en créant à la demande de Nabyl Lahlou la musique du long-métrage “Le gouverneur de l’Ile de Chakerbakerbane», ce qui a attiré vers moi un grand nombre d’autres réalisateurs marocains, notamment H. Benjelloun, Driss Chouika, Rechich, Ahmed Boulane, Hakim Noury, Ouled Sayed, entre autres réalisateurs étrangers comme Gabriel Axel.
Mais si le cinéma marocain ne suit aucune autre école pour se faire une identité, la musique, par contre, reste une problématique pour certains réalisateurs marocains qui pensent que c’est un élément secondaire, alors qu’en vérité, la musique de film est une autre écriture de scénario qui met en exergue l’image et l’action.
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