Le bouquet rond ou sphérique, le bouquet pyramide, le bouquet en éventail. Mais les fleuristes du marché «Nouar», comme l'appellent communément les R'batis, affirment, toutefois, que leur commerce est, depuis quelques années, en porte-à-faux. Nous avons rendu visite à l’un d’eux et nous avons fait la causette.
Symbole de beauté, de vénusté et de fraîcheur, le marché aux fleurs de la Place Piétri existe depuis 1940. Pour El Haj Ismaïl qui y tient une échoppe depuis 1962, le commerce des fleurs a connu depuis beaucoup de changements: «avant il n’y avait pas autant de fleurs.
Aujourd’hui, avec le progrès que connaît le domaine et surtout avec le développement de la floriculture en serre, on arrive à recevoir d’autres types de fleurs avec des quantités beaucoup plus importantes». Les fleuristes de Place Piétri reçoivent généralement leurs provisions en fleurs des serres situées à proximité de certains centres urbains comme Marrakech, Agadir, Tanger, Casablanca, Beni Mellal, Kénitra et Sidi Allal Tazi.
Mais avant de pouvoir mettre ces fleurs en vente, il y a tout un travail à faire qui demande de la patience, de l’expertise et beaucoup de tact. En effet, les fleurs, faisant partie des cultures périssables doivent être normalement mises sur le marché peu de temps après avoir été coupées.
Or, puisqu’on ne les reçoit ici que des heures après leur cueillette, il faut d’abord les «réanimer». Et là c'est tout un traitement. Une fois la marchandise arrivée, les ouvriers d’El Haj Ismaïl retroussent les manches: pour commencer, il faut mettre les plantes dans une timbale d’eau pour au moins deux heures avec une goutte d'eau de Javel : «C'est pour que la racine reste propre et que l’eau ne dégage pas de mauvaises odeurs», explique M’barek, l’assistant d’El Haj Ismaïl.
Seules les mamillaires, des cactacées qui font la fierté du marché «Nouar» et qu’on désigne ici sous le nom de «tyour jenna» (Les Oiseaux du Paradis) ne flétrissent pas quand elles ne sont pas plongées immédiatement dans l’eau : «la mamillaire est adaptée à la sécheresse par ses tiges charnues, gorgées d’eau, ses feuilles réduites à des aiguillons et une photosynthèse très particulière. Vous pouvez les laisser jusqu’à 48 heures sans eau sans qu’elles soient abîmées.
Elles peuvent aussi, contrairement aux autres plantes, supporter plusieurs déplacements». Munis de leurs sécateurs et ciseaux, les moutâlmin passent à la deuxième étape qui consiste à nettoyer les fleurs et leur couper les tiges. Enfin, vient l’étape cruciale du travail dont le résultat décide indéniablement de l’acte d’achat : la confection du bouquet. La tâche demande du savoir-faire: il s’agit, en fait, de disposer les plantes de manière à obtenir une composition harmonieuse, un assemblage décoratif attrayant. Bref : une varie création florale.
Pour El Haj Ismaïl, qui a roulé sa bosse dans le métier, la création du bouquet fait appel à toutes les techniques des arts plastiques : l’architecture pour sa structure, la sculpture pour ses formes et puis la peinture pour ce qui est de l’harmonie des couleurs.
Au marché aux fleurs, les bouquets sont ou bien préparés d’avance et le client choisit le bouquet qui lui plaît ou bien c’est le client qui fait sa commande : «on prépare le bouquet en fonction du goût du client mais aussi de la personne pour laquelle le bouquet sera offert. Pour la visite d’un malade, on préfère souvent un bouquet de roses blanches ou blanches et roses.
Si c’est un mariage on fait une composition de roses blanches et de fleurs rouges ou jaunes ou encore bleues mais on ne se passe jamais des roses blanches. Le blanc, couleur pure et fraîche, donne de l’éclat et rehausse les éléments qui l’entourent», explique M’barek sur un ton savant.
Le choix du vase revêt également une grande importance et détermine le style du bouquet : «Il y a les vases bas qui nécessitent l’utilisation d’un pique-fleurs lourd et les vases hauts qui donnent des compositions plus élancées..dans ce cas les tiges sont maintenues par un grillage à mailles souples ou par des billes de couleurs», continue ce fleuriste.
Salles de festin
Les fleuristes du marché «Nouar» filent, ces temps, un mauvais coton : leurs clients se font de plus en plus rares et leurs charges ne font qu'augmenter : «Avant on était bien achalandé, les grands hôtels de la capitale et les ministères faisaient quotidiennement leurs emplettes chez nous.
Mais, il semble qu’on ne s’intéresse plus comme avant aux fleurs sauf à l’occasion de certaines cérémonies officielles pour la décoration des salles de festin. A titre d'exemple, les ministères achetaient 10 vases par jour alors qu'ils ne prennent plus, depuis la nomination du nouveau gouvernement, que 3.», explique El Haj Ismaïl d'un air désolé. «Depuis les années 80 ça ne tourne pas rond, lance un autre fleuriste comme pour étayer les dires de son collègue. Je me souviens que, je gagnais 3000DH par jour surtout les samedi. Maintenant, mes recettes ont dégringolé et dépassent rarement les 500DH. Plus encore, chaque fleuriste engage avec lui 5 ou 6 personnes qu’il faut payer à la fin du mois. Et pour comble, on nous a demandé d’assurer les personnes qui tarvaillent avec nous et de ne pas les payer au-dessous du SMIG…avec ce qu'on gagne ici, ce n'est pas du tout évident». Mais ce ne sont pas les affaires qui tournent mal qui vont empêcher ces fleuristes d'exposer, chaque matin, leurs élégants bouquets de fleurs d'où s'élève une senteur fraîche que traverse l'odeur fine et suave des roses.
Symbole de beauté, de vénusté et de fraîcheur, le marché aux fleurs de la Place Piétri existe depuis 1940. Pour El Haj Ismaïl qui y tient une échoppe depuis 1962, le commerce des fleurs a connu depuis beaucoup de changements: «avant il n’y avait pas autant de fleurs.
Aujourd’hui, avec le progrès que connaît le domaine et surtout avec le développement de la floriculture en serre, on arrive à recevoir d’autres types de fleurs avec des quantités beaucoup plus importantes». Les fleuristes de Place Piétri reçoivent généralement leurs provisions en fleurs des serres situées à proximité de certains centres urbains comme Marrakech, Agadir, Tanger, Casablanca, Beni Mellal, Kénitra et Sidi Allal Tazi.
Mais avant de pouvoir mettre ces fleurs en vente, il y a tout un travail à faire qui demande de la patience, de l’expertise et beaucoup de tact. En effet, les fleurs, faisant partie des cultures périssables doivent être normalement mises sur le marché peu de temps après avoir été coupées.
Or, puisqu’on ne les reçoit ici que des heures après leur cueillette, il faut d’abord les «réanimer». Et là c'est tout un traitement. Une fois la marchandise arrivée, les ouvriers d’El Haj Ismaïl retroussent les manches: pour commencer, il faut mettre les plantes dans une timbale d’eau pour au moins deux heures avec une goutte d'eau de Javel : «C'est pour que la racine reste propre et que l’eau ne dégage pas de mauvaises odeurs», explique M’barek, l’assistant d’El Haj Ismaïl.
Seules les mamillaires, des cactacées qui font la fierté du marché «Nouar» et qu’on désigne ici sous le nom de «tyour jenna» (Les Oiseaux du Paradis) ne flétrissent pas quand elles ne sont pas plongées immédiatement dans l’eau : «la mamillaire est adaptée à la sécheresse par ses tiges charnues, gorgées d’eau, ses feuilles réduites à des aiguillons et une photosynthèse très particulière. Vous pouvez les laisser jusqu’à 48 heures sans eau sans qu’elles soient abîmées.
Elles peuvent aussi, contrairement aux autres plantes, supporter plusieurs déplacements». Munis de leurs sécateurs et ciseaux, les moutâlmin passent à la deuxième étape qui consiste à nettoyer les fleurs et leur couper les tiges. Enfin, vient l’étape cruciale du travail dont le résultat décide indéniablement de l’acte d’achat : la confection du bouquet. La tâche demande du savoir-faire: il s’agit, en fait, de disposer les plantes de manière à obtenir une composition harmonieuse, un assemblage décoratif attrayant. Bref : une varie création florale.
Pour El Haj Ismaïl, qui a roulé sa bosse dans le métier, la création du bouquet fait appel à toutes les techniques des arts plastiques : l’architecture pour sa structure, la sculpture pour ses formes et puis la peinture pour ce qui est de l’harmonie des couleurs.
Au marché aux fleurs, les bouquets sont ou bien préparés d’avance et le client choisit le bouquet qui lui plaît ou bien c’est le client qui fait sa commande : «on prépare le bouquet en fonction du goût du client mais aussi de la personne pour laquelle le bouquet sera offert. Pour la visite d’un malade, on préfère souvent un bouquet de roses blanches ou blanches et roses.
Si c’est un mariage on fait une composition de roses blanches et de fleurs rouges ou jaunes ou encore bleues mais on ne se passe jamais des roses blanches. Le blanc, couleur pure et fraîche, donne de l’éclat et rehausse les éléments qui l’entourent», explique M’barek sur un ton savant.
Le choix du vase revêt également une grande importance et détermine le style du bouquet : «Il y a les vases bas qui nécessitent l’utilisation d’un pique-fleurs lourd et les vases hauts qui donnent des compositions plus élancées..dans ce cas les tiges sont maintenues par un grillage à mailles souples ou par des billes de couleurs», continue ce fleuriste.
Salles de festin
Les fleuristes du marché «Nouar» filent, ces temps, un mauvais coton : leurs clients se font de plus en plus rares et leurs charges ne font qu'augmenter : «Avant on était bien achalandé, les grands hôtels de la capitale et les ministères faisaient quotidiennement leurs emplettes chez nous.
Mais, il semble qu’on ne s’intéresse plus comme avant aux fleurs sauf à l’occasion de certaines cérémonies officielles pour la décoration des salles de festin. A titre d'exemple, les ministères achetaient 10 vases par jour alors qu'ils ne prennent plus, depuis la nomination du nouveau gouvernement, que 3.», explique El Haj Ismaïl d'un air désolé. «Depuis les années 80 ça ne tourne pas rond, lance un autre fleuriste comme pour étayer les dires de son collègue. Je me souviens que, je gagnais 3000DH par jour surtout les samedi. Maintenant, mes recettes ont dégringolé et dépassent rarement les 500DH. Plus encore, chaque fleuriste engage avec lui 5 ou 6 personnes qu’il faut payer à la fin du mois. Et pour comble, on nous a demandé d’assurer les personnes qui tarvaillent avec nous et de ne pas les payer au-dessous du SMIG…avec ce qu'on gagne ici, ce n'est pas du tout évident». Mais ce ne sont pas les affaires qui tournent mal qui vont empêcher ces fleuristes d'exposer, chaque matin, leurs élégants bouquets de fleurs d'où s'élève une senteur fraîche que traverse l'odeur fine et suave des roses.
