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Mardi 03 Novembre 2026
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35 députées et de menus acquis : Le temps des apprentissages

En 1993, deux femmes accèdent au Parlement et brisent ainsi un tabou. Badia Skalli, de l'Union socialiste des forces populaires et Latifa Bennani Smires, du Parti de l'Istiqlal investissent la forteresse masculine. La députée socialiste aura même le privi

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Après cet exploit inédit du début de la décennie quatre-vingt-dix, il a fallu attendre que celle-ci s'achève pour voir les portes du Parlement s'ouvrir un peu plus devant la gente féminine. Trente-cinq femmes au total, dont une trentaine élue sur une liste nationale présentée par leur parti respectif et cinq ayant investi l'arène électorale de manière individuelle.

Le principe de la discrimination positive est appliqué pour la première fois lors d'une élection législative. C'était le 27 septembre 2002. L'acquis n'a pourtant pas pu être préservé pour la consultation locale qui s'en est suivie. Malgré une charte d'honneur signée pour la circonstance par les partis qui se disent progressistes, ces derniers n'ont pas pu honorer leurs engagements. La petite victoire des législatives, arrachée par les militantes des droits de la femme, n'en était que mieux savourée. Au bout d'une première année législative, les femmes ont encore gagné du terrain pour accéder à une représentativité, quoique limitée au sein du bureau du Parlement. Fatna Kheil, élue aux couleurs du parti de Mahjoubi Aherdane et Milouda Hazib portant celles du parti de Abdelah Kadiri se retrouvèrent au sein de l'organe autrefois du domaine exclusif des hommes.

Le Mouvement national populaire poussa l'audace jusqu'à désigner une femme pour le poste de vice-président de la Chambre des députés.

L'heure est aujourd'hui au renouvellement de ces instances. Fatna Kheil semblait prédestinée à garder un poste au bureau du Parlement, fut-il celui de questeur. La contagion est passée à l'Union socialiste des forces populaires (USFP), pour faire le bonheur de Fatima Belmouden, au grand dam de ses concurrents masculins dont l'ancienne vedette du JT de la première chaîne de télévision marocaine, Ahmed Zaïdi. Le Parti de l'Istiqlal emboîte le pas à son allié de toujours et désigne Hafida Jadali pour siéger au bureau du Parlement.

Le Parti du progrès et du socialisme, noyé dans l'Alliance socialiste et qui avait été précurseur en permettant à Nezha Skalli de diriger le groupe parlementaire, est revenu sur cet acquis. Nezha Skalli s'est vu délogée de son poste au profit de Mohamed Ahjam au nom d'un principe d'alternance. C'est du moins l'argument avancé au sein du PPS pour justifier l'acte.

Aucune femme n'est, par ailleurs, désignée pour siéger à la tête des différentes commissions que compte le Parlement. Une tare que les parlementaires et les militants des partis politiques ne semblent pas prêts de combler. Quant à voir un jour une femme accéder au poste de Président de l'une des deux chambres, l'idée ne circule presque jamais.

Fatna Kheil Une femme au perchoir


Il est 19 heures trente, lorsque Fatna Kheil quitte son bureau au Parlement à la veille de la rentrée parlementaire. A son passage, elle serre des mains, s'enquit de l'état des uns et des autres. Sa fonction de vice-présidente de la première chambre, durant la deuxième année de la septième législature n'est pas seule derrière la popularité de cette femme au dynamisme toujours intact. Celle qui cumule un mandat régional avec celui de députée est d'une grande disponibilité, toujours à l'écoute et, surtout, très engagée dans sa mission. Une mission pour le moins difficile.

Seconder le président de la chambre lui confère des prérogatives importantes comme celle de diriger les séances parlementaires.

Un pari que cette femme du terroir, très populaire dans sa région natale de Larache, a pu relever avec panache. Elle nous confie, l'air espiègle et enjoué : «Je crois que les députés hommes sont très attentifs lorsqu'une femme dirige les séances, parce qu'ils épient le moment où un écart ou une faute se produisent».
Certains de ses confrères assurent que la femme de caractère a des atouts indéniables pour s'acquitter de sa mission. Abdelouhed Radi misera sur elle dans le domaine de la diplomatie parlementaire. Elle recevra des délégations, sillonnera les pays pour promouvoir l'image de l'institution parlementaire et du Maroc et s'acquittera de la tâche avec la modestie de celle qui est en quête permanente de savoir.

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