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Dimanche 14 Juin 2026
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Entretien avec Sabah Fakhri : «Mon message s'adresse aux peuples et non à des individus…»

Maître du Tarab, Sabah Fakhri n'est plus à présenter. cette ivresse musicale qui saisit l'auditoire mélomane, Sabah Fakhri donne, depuis des décennies, d'innombrables concerts à travers le monde et a reçu la Médaille d'Or de la Musique Arabe de Damas en 1

Entretien avec Sabah Fakhri : «Mon message s'adresse aux peuples et non à des individus…»
Vous êtes un grand ami du Maroc et un habitué du festival de Fès. A votre avis jusqu'à quel point, la musique peut-elle aidée dans la consécration des principes de paix et de tolérance entre les civilisations ?

La musique a un très grand rôle à jouer que ce soit dans ce contexte à savoir le discours de paix et le rapprochement des civilisations ou dans un quelconque autre contexte.

La musique a son mot à dire et sa part de responsabilité dans tous les domaines de la vie. Pour la simple raison que Dieu l'a crée avant l'Homme.
On la retrouve dans le bruissement des arbres ou les cours d'eau, le ciel, tout est musique. Et en créant l'homme, dieu lui a imprégné une âme musicale qui fait qu'il ressent et réagit envers toute note musicale. Son cœur en est le rythme.
La musique fait partie intégrante de l'Homme, de tout être humain c'est le vecteur des sensibilités, la source de la tristesse et du bonheur.

Lorsque l'Homme a découvert la valeur de la musique il a su l'utilisé. Ce fut et pendant un long moment et jusqu'à aujourd'hui d'ailleurs, un remède contre plusieurs maux.

Ce fut un bon procédé qui a donné de bons résultats.
Dans le cadre du rapprochement des civilisations, le principe est le même, nous sommes tous des êtres humains abstraction faite des religions ou provenances. Alors il est de notre devoir de nous rapprocher et de combattre pour les mêmes principes. Car ceci ne pourrait que nous être bénéfique parce que l'on va défendre une culture, des civilisations communes.

Bref, il faut unifier les efforts pour un monde meilleur. Parce que dans tous les cas toutes les religions incitent aux mêmes principes de paix et de tolérance.
La musique est un pan solide qui regroupe les populations dans tous les coins du monde et c'est un vecteur de qualité.

Dans quelle mesure le festival des musiques sacrées de Fées a t-il pu mettre en application ces principes ?

Le festival a pu rassembler un maximum de personnes autour de la même musique ce qui crée un dialogue et des débats.
Il est vrai que c'est un festival qui est arrivée à réaliser plusieurs objectifs. Ceci étant, il faut qu'il y ait plusieurs festivals.

Quel est selon vous la différence entre les chants spirituels et les autres catégories de chants ?

En ce qui me concerne, il n'y a aucune différence du moment que le point de départ est la tolérance et l'acceptation de l'autre.
Et c'est en effet la règle du jeu car c'est ce qui nous lie le plus.

Peut-on prétendre qu'une décision politique peut naître de l'appel d'un artiste ?
Nous ne détenons pas un pouvoir politique. Le notre est lié à l'émotion, aux sentiments nobles. En ce qui me concerne mon message s'adresse aux peuples et non à des individus. Et si mon message atteint son objectif je suis sur qu'il y a une entente qui déclenchera sans doute l'unicité dans la nation en question.
Vous savez, tout ce qui est politique a une fin. Hitler, Saddam et d'autres ont marqué l'histoire du monde mais ils ne sont plus là aujourd'hui alors que les Etats qu'ils ont gouverné sont encore là. D'où l'idée qu'il est plus important que mon message s'adresse à la masse. D'autant plus que toute décision politique est toujours dirigée par certaines normes.

A votre avis renforcer le courant de la chanson religieuse saura t-il rapprocher plus les civilisations ?

Je crois que tout le monde est conscient de la gravité de la situation actuelle dans le monde surtout avec les guerres qui se prolifèrent tous les jours. La guerre d'Iraq en est la plus grande preuve. Face à tant de destructions il est à la recherche de la sérénité et la paix avec lui même d'abord.

La direction du festival de Fès a décidé de vous rendre hommage et de vous attribuer la clef de la ville ?

M'attribuer la clef de Fès pour me rendre honneur est très significatif pour moi. Parce que la clef en soi n'est qu'un symbole mais la signification profonde de cet hommage est qu'on reconnaît un artiste qui a su préserver son art et ça me prouve qu'on me respecte et qu'on respecte ce que j'ai donné pour l'art et ce que je suis entrain de réaliser.

D'ailleurs, je remercie ces personnes pour cet intérêt.

Quelle relation avez-vous avec le public marocain ?

Tant que je suis conscient de la nécessité de la musique et de son intérêt dans la vie, je peux me frayer mon chemin dans le cœur du public et je sais qu'il y a une certaine complicité et un lien entre nous.
J'ai chanté dans différents pays du monde et ma musique est chantée pour tout le monde. Ceci étant, je veille à respecter les particularités de chaque pays et le Maroc est un pays qui en a plusieurs et qu'il faut préserver.
Ce sont ces mêmes particularités qui déterminent les compétences de chaque artiste.

Parlez-nous de votre projet de biographie artistique ?

C'est un livre qui va rassembler tout ce que j'ai chanté et composé comme chansons et aussi des fragments de ma vie.
C'est un travail de longue haleine et qui demande beaucoup de minutie dans le sens où à chaque fois je découvre qu'il y a des chansons que j'avais oublié, heureusement, qu'il y a des archives à la télévision où tout est préservé.

Que pensez-vous des nouvelles émissions qui partent à la découverte de jeunes voix ?

Effectivement ces émissions ne servent qu'a ça. Découvrir ces jeunes talents qui sont par la suite livrés à eux-mêmes et c'est ça le problème qui se pose. Parce que si la méthode de chanter change c'est tout a fait normal puisqu'on essaye de s'acclimater aux nouvelles tendances mais profiter de jeunes talents et les utiliser pour ses propres intérêts non.

Qu'en est-il du nouveau conservatoire pour les jeunes de la ville d'Alep ?

C'est effectivement un nouveau conservatoire qui vise la prise en charge des jeunes qui ont un intérêt pour la musique de manière professionnelle. C'est un centre où ils auront l'occasion d'étudier la musique. La différence entre ce conservatoire et les émissions de chants c'est que ces jeunes talents solliciteront mon aide et je serais là pour eux, prêt à mettre toute mon expérience à leur service et ils auront une formation en bonne et due forme.
Et à la fin de la formation ils auront droit à un reconnaissance sous forme de diplôme.

Vous figurez sur le livre des exploits Guinness ?

Au niveau mondial, je suis le seul chanteur qui a tenu sur scène pendant dix heures sans arrêt au Venezuela.
J'ai pu réaliser cet exploit sans prendre en considération le livre des Guinness parce que d'une part dieu m'en a donné la force et d'autre part mon répertoire me l'a largement permis. Sinon imaginez si je n'avais que 10 ou 15 chansons je n'allais pas dépasser deux heures sur scène. Au fait, c'est un ensemble d'éléments qui a permis cette ténacité.

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