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Festival de Carthage : l'Histoire antique de la Méditerranée en dessins animés

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Un guerrier, une esclave libérée, une ânesse et un garçon des rues traversent le temps sur un navire Phénicien pour raconter en dessins animés l'Histoire antique de la Méditerranée: «Viva Carthago» est la première série du genre à être conçue sur la rive sud avec des fonds européens. Projetés en avant-première aux Journées cinématographiques de Carthage (JCC), les premiers épisodes d'une série de vingt-six ont suscité l'intérêt des critiques et parents, les moins de 12 ans ayant buté sur des aléas de langue.

Mohamed Ali, 11 ans, a apprécié la projection-spectacle au Palais des sports sans comprendre les dialogues - en français - et il devra attendra la version arabe en cours de préparation.

Mais il a été captivé par Hannibal, le célèbre général Carthaginois et son armée d'éléphants faisant route sur Rome à travers les Alpes. Il a admiré Spartacus et a été amusé par le rhinocéros dans l'arène des combats...
Anissa, 10 ans a surtout «adoré» Sedik, petit orphelin roublard, un personnage central avec l'irrésistible ânesse, Hamoura, symbole du Carthago voguant au gré des aventures avec la bénédiction d'un mage.

"Il ne suffit pas de rêver de liberté, il faut se battre pour", lance didactique un membre de l'équipage, pris en captivité et promis aux combats féroces de l'arène.
Viva Carthago consacre des épisodes de 26 minutes chacun à des personnages et évènements ayant marqué l'Histoire antique depuis la fondation de Carthage par le reine Didon en 814 avant J.C.
Fuyant son royaume de Tyr (Liban) après l'assassinat de son époux par son frère Pygmalion, Didon (ou Alyssa en arabe), a traversé la Méditerranée pour fonder Carthage sur la côte africaine, embarquant au passage des marins de Chypre..., selon la légende.

«Dans leur différence, les héros défendent la justice avec pour armes l'intelligence, l'astuce et le courage. Ils ne se vengent pas», résument les producteurs ciblant un public TV de 7 à 14 ans dans tous les pays de la région.
Cinétéléfilms, du Tunisien Ahmed Baheddine Attia, est le maître d'oeuvre de la co-production qui associe des partenaires de la rive nord (France, Italie, Belgique, Turquie) et sud (Algérie, Maroc, Liban, Syrie) de la méditerranée.
Les personnages se veulent les témoins du monde antique: "De leurs aventures, on retiendra combien les peuples bordant la Méditerrannée se sont mélangés, partageant savoirs et modes de vie", a déclaré à l'AFP Mohamed Habib Attia, directeur de production.

Le budget estimé à 8,5 millions de dollars a été essentiellement assuré par la Commission européenne dans le cadre de son programme «Euromed Audiovisuel» visant à promouvoir les productions au sud de la Méditerrannée.
«Viva Carthago» est une vraie première en matière de production de dessins animés dans la région et trois chaînes TV maghrébines sont sur les rangs.
Des jeunes Algériens, Marocains, Tunisiens, Libanais et Syriens y ont collaboré: une manière de «réhabiliter l'apport des peuples au Sud à la civilisation universelle et d'écrire l'histoire autrement», selon les promoteurs.

La série sera commercialisée en 2005, sa projection en avant-première aux JCC servant de test auprès du public de ce festival biennal, qui a mis en compétition, jusqu'au 9 octobre, des oeuvres de cinéastes arabes et africains.
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