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Mercredi 10 Juin 2026
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«Le soutien à la production, un sérum injecté dans le sang du théâtre»

Le théâtre marocain a connu, durant les six dernières années, une évolution considérable au niveau notamment de la quantité des productions, a indiqué Jamal Eddine Dkhissi, Directeur du Théâtre National Mohammed V.

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Dans un entretien à la MAP à l'occasion de la célébration de la Journée mondiale du théâtre (27 mars) qui représente pour les professionnels marocains une «journée de bilan», M. Dkhissi a fait savoir qu'avant 1998, il y avait uniquement deux ou trois troupes de théâtre professionnel qui produisaient un spectacle par an ou tous les deux ans.

Après le lancement du programme de soutien à la production théâtrale par le ministère de la Culture, on est passé à 30 compagnies, soit une augmentation de 3 pc. «C'est un sérum injecté dans le sang du théâtre qui était agonisant à ce moment là», a noté avec satisfaction M. Dkhissi.

«Avant 1998, le théâtre était dans le chaos. Avec le soutien à la production et à la diffusion, le théâtre a été réanimé», a-t-il dit. Ces productions ont permis ainsi la création d'un festival national permanent domicilié à Meknès qui est déjà à sa 5-ème édition et d'un festival international bi-annuel de théâtre pour jeune public.
«Cette rencontre a été une occasion pour les professionnels marocains de se mesurer à des nations qui ont une longue tradition théâtrale», a relevé à cet égard M. Dkhissi.

Il a aussi évoqué la création de six troupes régionales qui montent chaque année une production et leur participation «honorable» à l'étranger.
A titre d'exemple, la troupe régionale de Rabat a été primée au festival de Carthage et la troupe régionale de Meknès a «eu de très bons échos lors du festival expérimental du Caire», explique-t-il, notant l'existence d'»une stratégie claire de développement des arts au Maroc qui implante un maillage au niveau de l'infrastructure et des structures».

M. Dkhissi s'est ensuite arrêté sur le statut de l'artiste adopté par le parlement en avril dernier et qui représente, selon lui, «une base pour développer les statuts régissant les métiers de l'art et une reconnaissance du métier».
«C'est une avancée très importante dans la mesure où ce statut constitue une plate-forme pour aller de l'avant et avoir une réglementation spécifique à ce métier», a-t-il dit.

«Nous sommes arrivés à un tournant très important où il faut revoir l'arrêté conjoint du ministre des Finances et du ministre de la Culture concernant le soutien», pour associer la quantité à la qualité, a toutefois affirmé M. Dkhissi.

Rappelant que le soutien concerne 25 compagnies par an au niveau de la production et 10 à 15 au niveau de la diffusion, M. Dkhissi a appelé à engager une réflexion sur les moyens d'»arranger cet arrêté de telle manière à encourager et à soutenir la qualité».

M. Dkhissi a mis aussi l'accent sur l'importance du théâtre scolaire et universitaire, pépinière de talents qui «peuvent alimenter la scène théâtrale professionnelle». Outre ce rôle, «le théâtre scolaire permet aussi d'initier les jeunes aux arts: on forme ainsi des personnes qui ont une imagination éveillée, une aisance dans le comportement et une grande tolérance», poursuit-t-il.

Créée en 1961 par l'Institut International du Théâtre (IIT), la journée mondiale du théâtre, est célébrée chaque année par les Centres nationaux de l'IIT et la communauté théâtrale internationale.

Plusieurs manifestations théâtrales ont été organisées à cette occasion.
L'une des plus importantes est la diffusion du message international traditionnellement rédigé par une personnalité théâtrale de renommée mondiale à l'invitation de l'Institut.
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