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Dimanche 21 Juin 2026
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Les jeunes détenus ont droit à un avenir meilleur

La délinquance infantile bat son plein dans les rues des grandes villes. Un nombre grandissant d’enfants délinquants sillonne les petites et grandes artères et commettent des crimes parfois crapuleux dont celui du meurtre prémédité. Le phénomène s&#

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La délinquance infantile, ce phénomène qui mine la société constitue un sérieux problème que toutes les forces vives se doivent de combattre entièrement pour le devenir des générations futures. Ce combat est un droit pour les plus fragiles que sont les enfants et un devoir absolu pour les adultes.

L’ampleur de la délinquance, en général, demeure élevée et concerne principalement des enfants de 9-17 ans en milieu urbain, et frappe d’avantage des enfants issus des couches sociales défavorisées. «Malheur à l’enfant qui aura subi depuis sa naissance toutes sortes de refoulement. Ce refoulement développe une agressivité que nos enfants auront tendance à exprimer sans demander à qui que ce soit l’autorisation de le faire. Nous verrons donc nos enfants se révolter contre leurs proches, devenir criminels même en très bas âge, devenir des agresseurs sexuels, des violeurs ou carrément des meurtriers. Nos enfants deviennent ainsi des rescapés souvent pas pris en charge qui, las de contenir leur refoulement, se dégagent violemment», souligne le Pr. Saîd Ramdan, psychologue, qui explique les raisons de la montée en flèche de ce phénomène. Il ajoute : «c’est un retournement prévisible de la situation qui va en empirant, avec des comportements qui se transforment en véritables échanges d’agressions adoptés en habitude dans un refus de l’autre, une affirmation de soi, un rejet de tout ce qui ne vient pas de l’entourage immédiat de la personne perçue comme un adversaire, un ennemi à éliminer.

Et tous les moyens sont bons pour y parvenir». La situation est plus grave dans le monde rural. Et ce ne sont pas les exemples qui manquent. En ne mesurant aucunement les conséquences, les enfants poussent leurs camarades dans les puits. D’autres attaquent les petites filles dans les champs et les violent. Il arrive aussi qu’un petit enfant tue son frère ou sa sœur (bébé) parce que ce dernier persiste à crier ou à pleurer. Cependant, un des grands fléaux auquel est confronté la société marocaine est sans aucun doute celui des enfants de la rue. Comme la lèpre, on évite souvent de parler de ces enfants qui font école dans la rue à la merci de tous les dépassements. En effet, une étude faite, il y a quelques années déjà, avait donné un chiffre effrayant de 400.000 enfants sur une population de 30 millions, ce qui représente 1, 33%.

Les enfants de la rue sont donc une réalité. Nombreux sont les gens qui ont peur des enfants de la rue et les considèrent comme des anormaux. Pour survivre, ces enfants rejoignent des bandes mafieuses qui leur assurent protection. Excités par l’usage des stupéfiants et équipés d’armes blanches, ils sèment la terreur en attaquant les passants. Ces derniers savent très bien qu’il est prudent de ne pas circuler seul, la nuit, dans les quartiers périphériques ou dans les rues peu éclairées des agglomérations. Tous ces délinquants finissent un jour en prison. Auprès de chaque tribunal de première instance et de chaque tribunal régional siège un tribunal des mineurs qui a le même ressort. C’est la Chambre criminelle des mineurs (deuxième degré) près la Cour d'appel qui instruit les affaires pénales se rapportant aux enfants. La majorité pénale est atteinte à l'âge de seize ans révolus. Toutefois à l'égard des délinquants de seize à dix-huit ans, les juridictions de jugement peuvent, par décision motivée, remplacer ou compléter les pénalités de droit commun par l'une ou plusieurs des mesures de protection ou de rééducation. (arts 514 du code de la procédure pénale).

Le mineur, pendant sa vie et à cause des situations sociales peut commettre des infractions que ses peines doivent prendre en considération son âge et sa vie proposées la fin de ces peines ce qui oblige son intégration dans une vie pas tout à fait différente de la vie qu’il passe dans le lieu des peines pour les mineurs. Lorsque ces derniers sont condamnés et jugés, ils purgent leurs peines d’emprisonnement dans des établissements réservés à l’incarcération et à la rééducation de l’enfance délinquante qui sont gérés par le secrétariat d’Etat à la jeunesse. Parallèlement, ces enfants sont pris en charge par la Fondation Mohammed VI pour la réinsertion des détenus et des pensionnaires des centres de sauvegarde de l'enfance, créée sur décision Royale en 2002.

Estimée à un millier de détenus, la population carcérale mineure au Maroc n’est plus laissée pour compte. Une fois acquittés de leur dette envers la société, les jeunes détenus peuvent donc espérer un avenir meilleur. Auparavant, les enfants condamnés vivaient jusque-là dans un isolement injuste les privant de leur enfance et augmentant chez eux un sentiment d’exécution. Lorsqu’ils ont commis des délits, ils étaient très jeunes. Ils n’avaient aucune idée des conséquences pénales de leurs actes et ne comprennent pas pourquoi ils sont bannis par la société qui continue de les cloîtrer dans cet isolement. C’est pourquoi Mme Assia El Ouadie, militante associative et directrice du centre de redressement des mineurs à Oukacha, insiste sur la réinsertion de ces enfants après leur libération : «Pour que cette insertion ne soit pas illusoire, il est important de leur donner le sourire et la confiance. Il s’agit de leur montrer qu’ils ont toujours leur place dans la société, de leur donner l’amour dont ils ont besoin et de semer l’espoir dans leurs cœurs.

Il était temps donc d’humaniser la réaction sociale vis-à-vis de ces enfants, sous peine d’en faire de vrais marginaux». De son côté, M. Ahmed Chawki Benyoub, avocat conseiller à l'Observatoire National des Droits de l'Enfant, indique que «les normes internationales concernant le traitement à réserver aux mineurs ne sont pas des règles absolues mais des principes qui doivent trouver leur place dans le système. Ces normes sont tributaires de la capacité de leurs défenseurs de les présenter sous forme de propositions applicables». M. Mohamed Lididi, directeur des affaires civiles au ministère de la justice, estime, pour sa part, que «les mesures prises à l'encontre des mineurs doivent être conçues comme étant des mesures protectrices et pédagogiques».

Il appelle au renforcement de l'arsenal juridique en vue d'octroyer au juge des mineurs la possibilité de réviser ses décisions dans certains cas, notamment lorsqu'il estime que l'objectif escompté par la décision a été atteint.

Une réforme en profondeur du système de la justice pour mineurs devrait donc être bientôt entreprise.
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