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Jeudi 14 Mai 2026
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Pique-notes : Gestion, qualité et mérite

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«La non-qualité est une réalité quotidienne qui n’épargne aucune administration (publique s’entend )». Le constat est d’Abderrahim Harouchi. L’ancien ministre de la Santé, président d’AFAK-Civisme et développement, une association qui a fait de l’action de sensibilisation en faveur de la citoyenneté son credo, sait de quoi il parle. Son constat, étayé de chiffres parlants, a pour effet de nous plonger dans la consternation.

De manière générale, «la non-qualité coûte entre 25 et 30 % du chiffre d’affaires», alors que «la mise en œuvre d’une démarche qualité revient à environ 10 % du même chiffre d’affaires ». «Pour les administrations, la non-qualité peut représenter jusqu’à 50 % du budget de fonctionnement, voire davantage, compte tenu du poids de la masse salariale». Comment une telle réalité peut subsister aujourd’hui alors que le maître-mot dans le monde actuel est «la compétitivité» ? Le constat ici relevé, renvoie à une situation de fait, traduite par une absence de politique de ressources humaines au sein des administrations et un manque de maîtrise des outils de gestion modernes. Les collectivités locales, qui se voient assigner de nouvelles tâches dans le domaine de gestion des affaires des citoyens avec pour défi de traduire en actions concrètes le concept de proximité, sont les premières désignées. Ont-elles seulement les moyens de relever le pari ? Certes non et c’est une vérité connue de tous.

Implication du personnel à la gestion, droit à l'initiative, intéressement au changement, sont des notions pour le moins étrangères à ces entités. Aujourd’hui, les responsables gouvernementaux et ceux qui détiennent les postes de décision au sein des administrations publiques clament leur volonté d’aller de l’avant et d’opérer un changement dans la gestion des ressources humaines des administrations. Le recensement des fonctionnaires des administrations publiques, annoncé par le département de Najib Zerouali, aurait pour finalité, au-delà de répertorier les effectifs, de souligner leurs profils et qualification. Comme la tendance est mondiale.

En France par exemple et ailleurs, les chantiers visant à dynamiser la gestion des fonctionnaires sont ouverts, la démarche entreprise au Maroc devra-t-elle aboutir à instaurer le système d’évaluation des agents de l’administration et du salaire au mérite ? Si cela devait arriver, ce serait peut-être plus équitable pour tous ceux qui ont à cœur de faire convenablement leur travail, de se surpasser dans le seul but d’un résultat toujours meilleur.
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