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Jeudi 07 Mai 2026
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Premières journées d'automne de la société marocaine d'hématologie : Le lymphome non Hodgkinien, un cancer dangereux

LA Société marocaine d'hématologie a organisé récemment avec les laboratoires Roche ses premières Journées d'automne pour sensibiliser le corps médical sur le lymphome non Hodgkinien, un cancer dangereux qui se cache derrière des symptômes banals. Ce mal

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«Sensibiliser le corps médical et la société marocaine sur le lymphome non Hodgkinien», tel est l'objectif que s'est donné la Société marocaine d'hématologie à l'occasion des premières Journées d'automne. Un objectif de taille, tant ce type de cancer est peu connu et pas assez diagnostiqué. Une méconnaissance qui provient du fait que les symptômes de ce cancer semblent a priori banals.

Gonflement indolore de ganglions du cou, de l'aisselle ou de l'aine, sueurs nocturnes, fièvre, perte de poids, fatigue, toux, dyspnée (difficulté de la respiration) et des frissons persistants dans tout le corps. Les symptômes les plus communs de ce lymphome se confondent avec ceux d'états moins graves, comme la grippe, la tuberculose ou la fatigue, et n'amènent pas les patients à consulter un médecin.

Le lymphome non Hodgkinien (LNH) est un cancer du système lymphatique qui touche aujourd'hui près de 7 500 personnes au Maroc. On estime à plus de 1 500, le nombre
de nouveaux cas chaque année. En l'absence de données épidémiologiques nationales, ces chiffres sont le fruit d'extrapolation à partir de données internationales. Seul un tiers de ces cancers serait diagnostiqué. Dans 60 % des cas, il s'agirait de lymphomes non Hodgkiniens agressifs, tandis que 40% seraient indolents.

Les LNH indolents, cancers qui évoluent très lentement avec une succession de rechutes sur une longue durée de 8 à 15 ans, ont la particularité de ne pas présenter d'autres symptômes en dehors de la tuméfaction ganglionnaire. Ils sont incurables car le plus souvent disséminés au moment du diagnostic. Les LNH agressifs, au contraire, peuvent emporter le malade en quelques mois. Ils sont en revanche curable, à condition que le diagnostic soit établi à temps et que les traitements soient correctement appliqués.

Les Journées d'automne ont été une occasion pour les médecins marocains de s'informer sur les progrès de la recherche scientifique sur les lymphomes non Hodgkiniens, de prendre les mesures des examens qui s'imposent pour diagnostiquer ce cancer et décider du traitement le plus adapté possible pour le patient. « Le Maroc doit se mettre au niveau, a expliqué le Professeur Quessar, présidente de la Société marocaine d'hématologie. Pour cela, on organise des conférences, on fait appel à des experts étrangers et marocains pour exposer au corps médical marocain l'état actuel des recherches ». L'accent a été donc mis sur le diagnostic. «Il faut apprendre à penser au lymphome non Hodgkinien, plaide le Professeur Quessar.

Lorsque le médecin constate chez le malade une adénopathie anormale, il doit penser au lymphome non Hodgkinien. Il doit prévenir un spécialiste qui devra à son tour établir un diagnostic. Plus on diagnostique rapidement le lymphome non Hodgkinien, plus on a de chance d'apporter le traitement optimal». Car ce type de cancer est curable. Parmi les traitements, la chimiothérapie seule a longtemps été l'unique recours. Mais grâce à la découverte récente des traitements à base d'anticorps monoclonaux tels que le Rituximab, cette maladie n'est plus une fatalité. Ces journées ont été une aubaine pour les organisateurs pour discuter d'un dossier capital : la standardisation d'un protocole de traitement pour le lymphome non Hodgkinien.

Un schéma thérapeutique unique au niveau national est en cours de réalisation. Enfin, la Société marocaine d'hématologie étudie les apports d'un registre de tous les cancers au Maroc afin de calculer leurs incidences dans le pays.
Le gendarme de l'organisme face aux LNH
L'organisme humain a un gendarme : le système lymphatique. La tâche première de celui-ci est de défendre l'organisme contre les maladies.

Il se constitue d'un réseau de petits vaisseaux et de glandes ou ganglions lymphatiques contenant les lymphocytes, des cellules immunitaires qui fabriquent des anticorps pour combattre l'infection, et la lymphe, liquide incolore qui circule dans les vaisseaux en ramassant les substances étrangères (antigènes) et, parfois, les cellules cancéreuses. Les ganglions filtrent les impuretés recueillies par la lymphe.

Le système lymphatique participe à la défense immunitaire naturelle de l'organisme. Lorsqu'il y a multiplication anarchique des lymphocytes, il y a altération de la fonction cellulaire et de la capacité de l'organisme à lutter contre les infections. On parle de lymphomes ou encore des cancers lymphatiques.
Les personnes dont le système immunitaire est déficient y sont plus exposées, notamment quand elles sont âgées. Le taux de lymphomes est ainsi plus élevé que dans le reste de la population chez ceux qui ont fait l'objet d'une greffe d'organe ou ceux qui ont été affectés par une maladie auto-immune, c'est-à-dire une maladie provoquée par la production, par le corps, d'anticorps contre ses propres tissus. On suspecte aussi, parmi les causes possibles de ce cancer, l'exposition à certains toxiques présents dans le milieu extérieur (agents cancérigènes, pesticides, herbicides…).


Si certains virus ou bactéries peuvent favoriser l'apparition d'un lymphome, il ne s'agit en aucun cas d'une maladie contagieuse. On distingue deux grandes catégories de lymphomes : la maladie de Hodgkin (NH) qui est rare, et les lymphomes non Hodgkiniens (LNH), plus fréquents. Ceux-ci regroupent, comme leur nom l'indique, toutes les maladies tumorales lymphoïdes, en dehors de la maladie de Hodgkin. Ils atteignent les différents organes lymphoïdes, notamment les ganglions, mais aussi les organes non lymphoïdes.
Il s'agit d'une association des différentes entités qui développent des tumeurs au niveau de ces organes.

Saâdia, diagnostiquée à temps
Lorsque Saadiâ Halit, 40 ans, mariée et mère de 4 enfants, s'est présentée à l'hôpital, elle ne se doutait pas qu'elle était atteinte d'un cancer du lymphome non Hodgkinien.

Au sortir de l'accouchement de son troisième enfant, elle s'inquiète de l'augmentation anormale du volume de son amygdale gauche. Non douloureuse, cette augmentation progressive la conduit à se faire hospitaliser pour amygdalectomie au bout de quatre mois. L'étude anatomopathologique des amygdales conclut à un aspect morphologique d'un lymphome non Hodgkinien. « Fort heureusement, cette patiente s'est présentée à temps pour se faire diagnostiquer. La tumeur a pu être localisée.

Elle a reçu le traitement Rituximab et a suivi cinq cures de chimiothérapie depuis le mois d'août 2004. Cette jeune femme enceinte est maintenant en très bon état général et en rémission clinique », explique Docteur Rachid du service d'hématologie de l'hôpital 20 août de Casablanca. Grâce à un donateur à l'étranger, cette femme sans couverture médiale a pu bénéficier du traitement.
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