Votre exposition relate des visages de femmes, d'où est né cet intérêt ?
C'est une longue histoire. J'ai toujours été fasciné par les visages et les formats. A mes débuts, j'étais envoûté par les formats des masques africains et des artistes classiques, du 15e et 16e siècles et aussi ceux du 20e siècle.
C'est un style qui m'a beaucoup marqué, j'ai senti des affinités pour cet art et cette manière de voir les choses.
Petit à petit, cette image s'est imposée à moi, c'était plus qu'une représentation simple de certains visages asexués. On ne pouvait pas dire si c'est un homme ou une femme. Mais avec le temps, j'ai pu affiner cette image, je peux dire que c'est le résultat d'une spontanéité dans mon travail.
Des fois, lorsque je cherche au fond de moi-même, je sens que ce n'est pas tout à fait un hasard.
J'ai toujours eu une prédilection à propos de la beauté de la femme, puisque j'ai eu la chance de grandir dans un milieu où on a beaucoup cultivé cette culture, l'art du proverbe et du mot. Ma grand-mère était une source de fascination pour moi. Elle utilisait tout le temps des propos inspirés des proverbes de la tradition à chaque fois qu'elle essayait de décrire la beauté d'une jeune fille ou d'une femme.
Ce sont en effet ces critères qui m'ont tellement fasciné au point de m'encourager à vouloir y donner un visage pour concrétiser ces paroles et proverbes.
Peut-on y mettre un nom ?
Non, des fois j'ai l'impression d'y retrouver des personnes que je connais. Mais ce n'est guère recherché, ça ressort de la toile. Mais en général, ce sont des visages inspirés. C'est de la pure création. Ce sont des visages imaginaires.
D'ailleurs, je n'ai jamais cherché à représenter quelqu'un mais plutôt un visage qui pourrait regrouper un certain nombre de critères, en l'occurrence la beauté. Ma quête est en effet de créer un visage qui n'existe pas.
La lecture d'une toile diffère d'un regard à l'autre. Mais est-ce qu'une personne, qui voit les vôtres pour la première fois, est censée comprendre à travers des visages de femmes?
A travers une lecture simple, la délectation, l'admiration et la beauté stylisée. C'est, à mon avis, le premier degré de lecture. Et c'est ce que je remarque dans les regards des personnes qui viennent visiter. C'est de la fascination qui en ressort.
Mes toiles relatent aussi une certaine mélancolie et tristesse, je crois que ce sont des sentiments qui se dégagent et qui resurgissent de mon intérieur.
En parlant de la femme, comment voyez-vous son évolution ?
Sincèrement, je ne cherche à me situer ni dans un cadre temporel ni dans un quelconque espace.
J'admire énormément les femmes et j'en suis fier. Je vais même jusqu'à dire qu'il ne puisse y avoir de monde complet, un monde au vrai sens du terme, sans la femme. Si ce que je fais coïncider avec l'état actuel où la société marocaine a vécu de grands moments pour les femmes, ça ne peut que me faire plaisir et doubler ma satisfaction.
A votre avis, comment la société marocaine, juge-t-elle l'art ?
Je crois que nous pouvons nous vanter d'avoir une peinture sérieuse et des artistes très sérieux. Sans trop citer de noms, par rapport à ce qui se passe ailleurs, je peux dire que nous avons toutes les raisons pour être fiers de ce qu'on fait. Malheureusement, il y a un grand écart entre ce qui se fait dans le domaine de l'art et le goût général de notre société. Autrement dit, l'inexistence d'une place pour l'art dans la formation des générations précédentes. Ce qui explique justement le manque d'intérêt, que ce soit pour l'art ou la culture en général. C'est le parent pauvre. Et pour beaucoup de personnes, c'est le dernier des soucis.
Chez les jeunes, il y a un peu plus d'intérêt.
Il est clair que la solution miracle n'existe pas encore, mais qu'est-ce que vous préconisez ?
Mis à part le fait que ce soit un problème de mentalité et de jugement, il y a un terrible manque de structures pour accueillir les expositions. Les évènements et les manifestations, qui sont censés donner aux artistes l'occasion de s'exprimer, sont quasiment inexistants.
L'enseignement de l'art plastique est, de sa part, très marginalisé dans les établissements scolaires. Alors imaginez le reste.
Il faut qu'il y ait une certaine sensibilisation qui puisse remettre les choses à leur place, en l'occurrence la promotion de l'art et de la culture. Ce qui contribue à l'épanouissement de l'individu dans la société.
Que représente pour vous la peinture, le fait de créer ?
C'est d'abord le partage avec l'artiste en premier lieu, parce que nous sommes d'accord que tous les artistes, que ce soit des peintres ou des musiciens, sont des avant-gardistes. Ce sont des personnes qui apportent un plus et qui résument une certaine vision de la beauté qu'ils souhaiteraient voir dans leur société, et le fait d'être devant une toile ou écouter de la musique est une manière de s'exprimer et de partager.
C'est une longue histoire. J'ai toujours été fasciné par les visages et les formats. A mes débuts, j'étais envoûté par les formats des masques africains et des artistes classiques, du 15e et 16e siècles et aussi ceux du 20e siècle.
C'est un style qui m'a beaucoup marqué, j'ai senti des affinités pour cet art et cette manière de voir les choses.
Petit à petit, cette image s'est imposée à moi, c'était plus qu'une représentation simple de certains visages asexués. On ne pouvait pas dire si c'est un homme ou une femme. Mais avec le temps, j'ai pu affiner cette image, je peux dire que c'est le résultat d'une spontanéité dans mon travail.
Des fois, lorsque je cherche au fond de moi-même, je sens que ce n'est pas tout à fait un hasard.
J'ai toujours eu une prédilection à propos de la beauté de la femme, puisque j'ai eu la chance de grandir dans un milieu où on a beaucoup cultivé cette culture, l'art du proverbe et du mot. Ma grand-mère était une source de fascination pour moi. Elle utilisait tout le temps des propos inspirés des proverbes de la tradition à chaque fois qu'elle essayait de décrire la beauté d'une jeune fille ou d'une femme.
Ce sont en effet ces critères qui m'ont tellement fasciné au point de m'encourager à vouloir y donner un visage pour concrétiser ces paroles et proverbes.
Peut-on y mettre un nom ?
Non, des fois j'ai l'impression d'y retrouver des personnes que je connais. Mais ce n'est guère recherché, ça ressort de la toile. Mais en général, ce sont des visages inspirés. C'est de la pure création. Ce sont des visages imaginaires.
D'ailleurs, je n'ai jamais cherché à représenter quelqu'un mais plutôt un visage qui pourrait regrouper un certain nombre de critères, en l'occurrence la beauté. Ma quête est en effet de créer un visage qui n'existe pas.
La lecture d'une toile diffère d'un regard à l'autre. Mais est-ce qu'une personne, qui voit les vôtres pour la première fois, est censée comprendre à travers des visages de femmes?
A travers une lecture simple, la délectation, l'admiration et la beauté stylisée. C'est, à mon avis, le premier degré de lecture. Et c'est ce que je remarque dans les regards des personnes qui viennent visiter. C'est de la fascination qui en ressort.
Mes toiles relatent aussi une certaine mélancolie et tristesse, je crois que ce sont des sentiments qui se dégagent et qui resurgissent de mon intérieur.
En parlant de la femme, comment voyez-vous son évolution ?
Sincèrement, je ne cherche à me situer ni dans un cadre temporel ni dans un quelconque espace.
J'admire énormément les femmes et j'en suis fier. Je vais même jusqu'à dire qu'il ne puisse y avoir de monde complet, un monde au vrai sens du terme, sans la femme. Si ce que je fais coïncider avec l'état actuel où la société marocaine a vécu de grands moments pour les femmes, ça ne peut que me faire plaisir et doubler ma satisfaction.
A votre avis, comment la société marocaine, juge-t-elle l'art ?
Je crois que nous pouvons nous vanter d'avoir une peinture sérieuse et des artistes très sérieux. Sans trop citer de noms, par rapport à ce qui se passe ailleurs, je peux dire que nous avons toutes les raisons pour être fiers de ce qu'on fait. Malheureusement, il y a un grand écart entre ce qui se fait dans le domaine de l'art et le goût général de notre société. Autrement dit, l'inexistence d'une place pour l'art dans la formation des générations précédentes. Ce qui explique justement le manque d'intérêt, que ce soit pour l'art ou la culture en général. C'est le parent pauvre. Et pour beaucoup de personnes, c'est le dernier des soucis.
Chez les jeunes, il y a un peu plus d'intérêt.
Il est clair que la solution miracle n'existe pas encore, mais qu'est-ce que vous préconisez ?
Mis à part le fait que ce soit un problème de mentalité et de jugement, il y a un terrible manque de structures pour accueillir les expositions. Les évènements et les manifestations, qui sont censés donner aux artistes l'occasion de s'exprimer, sont quasiment inexistants.
L'enseignement de l'art plastique est, de sa part, très marginalisé dans les établissements scolaires. Alors imaginez le reste.
Il faut qu'il y ait une certaine sensibilisation qui puisse remettre les choses à leur place, en l'occurrence la promotion de l'art et de la culture. Ce qui contribue à l'épanouissement de l'individu dans la société.
Que représente pour vous la peinture, le fait de créer ?
C'est d'abord le partage avec l'artiste en premier lieu, parce que nous sommes d'accord que tous les artistes, que ce soit des peintres ou des musiciens, sont des avant-gardistes. Ce sont des personnes qui apportent un plus et qui résument une certaine vision de la beauté qu'ils souhaiteraient voir dans leur société, et le fait d'être devant une toile ou écouter de la musique est une manière de s'exprimer et de partager.
