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Vendredi 05 Juin 2026
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Sidi Al Yabouri, marabout à Rabat : à la quête magique et désespérée d'un mari

Une ambiance particulière règne à Sidi Al Yabouri surtout à l'approche du Ramadan. Les filles y affluent en masse pour déjouer le mauvais sort. La plupart d'entre elles sont en quête désespérée d'un mari. Convaincues que ce marabout possède un pouvoir mag

Sidi Al Yabouri, marabout à Rabat : à la quête magique et désespérée d'un mari
« Je ne souhaite pas que quelqu'un sache que je viens ici. Il dirait que je suis une sorcière ». Vêtue d'une djellaba noire, Fatima presse le pas et ne cesse de regarder à gauche et à droite.

Il est 15 h. Fatima fait partie de ces nombreuses filles qui circulent à Sidi Al Yabouri, marabout situé au cœur de la médina de Rabat. Quelques jeunes femmes cherchent à dissimuler leur visage pour ne pas être reconnues par un voisin ou un proche Certaines filles semblent habituées à fréquenter ce lieu. D'autres tâtonnent encore.

Elles paraissent ignorer où il faut se diriger. Mais, elles ne tardent pas à trouver leur chemin. A chaque coin, des femmes sont prêtes à les guider contre quelques dirhams. Parmi ces dernières, Zahra, une sexagénaire, qui vend différentes sortes d'herbes et de bougies à l'intérieur du cimetière : «Pour vendre ma marchandise, j'ai choisi cet emplacement : juste sur le passage des visiteurs ».
Une jeune femme s'approche d'elle, l'air hésitant. Elle n'arrête pas de se ronger les ongles. Elle achète deux bougies et du henné et presse le pas vers le sanctuaire du marabout : «Ce qui m'arrive est vraiment bizarre. Chaque homme que je rencontre s'enfuit après quelques semaines.

On m'a dit qu'en visitant Sidi A l Yabouri mon problème va disparaître». Accompagnée de sa tante, elle paraît réconfortée. Elles se dirigent vers un groupe de jeunes filles qui entourent une autre femme mûre, Hnia.
Elle surveille le lieu et indique aux visiteuses les consignes à suivre pour concrétiser leurs vœux. Sucre, pain, dattes sont posés sur les tombes à côté d'elle. Les filles semblent prêter une attention particulière à toutes ses indications. Elles ont répété plusieurs fois la même formule dictée par la femme : «Nous venons nous recueillir près de vous Sidi Al Yabouri en croyant en votre pouvoir. Veuillez concrétiser notre vœu. Veuillez accepter notre demande. Nous comptons sur vous. Ne nous décevez pas ».

La visite se termine par une douche avec l'eau qui se trouve à l'intérieur du sanctuaire. Hnia prévient toutes les filles que sans l'eau « bénie » du puit, leur espoir ne peut être exaucé : «C'est un passage obligé. L'eau est tiède en hiver et froide en été grâce à la baraka de Sidi Al Yabouri».

Toutes les filles déposent leurs habits à même le sol. Des sous-vêtements sont éparpillés dans tous les coins autour du sanctuaire. Chaque fille qui se lave laisse un indice témoignant de sa visite pour que le saint concrétise ses souhaits.
Des bougies sont aussi allumées de part et d'autres. Une dizaine de filles tournent autour de ces bougies priant le saint de les aider.
Le rituel se termine par le henné. Une «Nekkacha » demande à chaque fille comment elle veut orner ses deux mains.

Quelques-unes étalent plutôt le henné sur un canon. Elles pressent ensuite avec leurs pieds un citron. L'une d'elles se met à l'œuvre avec ardeur : «Je dois croire au pouvoir de Sidi Al Yabouri et appliquer à la lettre les consignes des femmes qui surveillent le lieu ».
A 6 heures, Sidi Al Yabouri se vide.

Les femmes qui surveillent le marabout quitte le lieu pour revenir le lendemain matin de bonne heure. Hnia ramasse sucre, pain et dattes. Demain, des dizaines de jeunes filles viendront à nouveau solliciter la baraka de sidi Al Yabouri.
Un dernier recours pour ne pas sombrer dans le désespoir.
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