En marge du 10e Congrès national des droits de l'enfant qui s'est tenu à Rabat les 25 et 26 mai, elle nous explique que le processus d'élaboration des outils de protection des droits de l'enfant est en marche. Elle souligne, à cet effet, l'engagement ferme et sans équivoque du Gouvernement Jettou pour que ce dossier soit traité dans le respect des délais qui lui sont impartis.
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Quel bilan faites-vous de cette dixième édition du congrès national des droits de l'enfant ?
Ce congrès a été marqué par le message Royal lu par Son Altesse Royale la Princesse Lalla Meryem, Présidente du congrès qui montre l'importance que porte S.M. le Roi à la cause des enfants.
Ce dixième congrès de l'observatoire national des droits de l'enfant est une étape importante et décisive dans le programme d'élaboration des outils de protection des droits de l'enfant. Il s'agissait lors de ce congrès de mettre en place le processus qui sera adopté pour l'élaboration d'ici la fin de l'année du plan d'action national pour la protection des droits de l'enfant.
Le Gouvernement a souligné son engagement ferme pour appuyer et soutenir tous les programmes en faveur de l'enfance. Quelle est maintenant la prochaine étape et quelles sont les dispositions concrètes de l'Exécutif ?
Le discours du premier ministre était clair et sans équivoque : le gouvernement soutiendra ce plan d'action et mettra toutes les ressources financières nécessaires pour que la cause des enfants dans notre pays s'améliore.
Dans cette perspective quels sont les grands chantiers de votre Département pour la période à venir ?
Cette année l'enfance bénéficiera d'une part importante de nos projets. Nous allons d'abord consolider notre soutien aux centres qui accueillent les enfants en difficultés. Nous allons apporter ensuite notre appui de manière beaucoup plus marquée aux associations qui prennent en charge la scolarisation des enfants handicapés car quand on dit que l'enseignement est un droit pour tous, il doit comprendre également les enfants aux besoins spécifiques. Or jusqu'à présent, tous les établissements qui accueillent ces enfants sont gérés par des associations, c'est à dire des parents qui essaient d'offrir un cadre où leurs enfants peuvent s'épanouir et préparer leur intégration. Mais la demande grandit et l'offre n'est pas suffisante. L'Etat doit impérativement s'impliquer d'avantage dans ce domaine.
C'est pourquoi nous avons décidé d'apporter un plus grand soutien à ces associations qui gèrent ces centres qui existent déjà, aider celles qui sont en construction et enfin nous lancer nous-mêmes dans la réalisation de centres. C'est ainsi que nous entamons la construction d'un centre pour enfants handicapés abandonnés à Meknès dont les études sont faites. Toujours à Meknès un centre d'accueil pour enfants des rues est programmé. Par ailleurs, actuellement nous élaborons un plan d'action sur l'enfance maltraitée et sur la lutte contre l'exploitation sexuelle des enfants. Le Maroc abritera le comité de suivi régional sur ce fléau en décembre de cette année.
Par ailleurs, il est important que l'enfant puisse être associé à la prise de décision. C'est pourquoi on a créé les conseils municipaux d'enfants qui seront en même temps un lieu d'apprentissage de la citoyenneté et de la démocratie, un lieu d'expression et de parole.
Vous êtes également, avec l'ensemble de vos partenaires, en train d'élaborer un Code de l'Enfant. Où en est le projet et quelles sont ses lignes directrices ?
L'idée a germé il y a un peu plus d'un an. Avec des partenaires comme l'Unicef qui nous a apporté son soutien financier, le Défenseur des droits de l'enfant en France qui nous a apporté son expertise et les experts marocains dont des juristes ( magistrats et juristes ) ainsi que les ONG. Il est important de relever que l'élaboration du code, comme d'ailleurs tout ce que nous entreprenons se fait en concertation avec les ONG. Avant d'entamer la rédaction, il fallait faire deux évaluations : Un, l'évaluation des textes législatifs pour recenser tout ce qui existe et définir les lacunes et deux, un rapport sur les institutions, parce qu'il ne s'agit pas uniquement de faire un Code, il faut songer aux mesures d'accompagnement.
Pour revenir à votre question sur l'état d'avancement du projet, nous en sommes aujourd'hui à la phase de rédaction. Elle pourrait se terminer vers la fin de l'année. Nous avons pris le temps nécessaires pour faire les choses correctement avec toute la rigueur et la précision que ce genre de travail exige.
Quelles sont les chances de ce Code de sortir au jour ?
Cette année a été très riche d'un point de vue législatif. Il y a eu la loi sur la Kafala, la loi sur l'Etat civil, le Code pénal, le Code du travail et surtout le Code de la Famille. Je ne crois pas que le Code de l'enfant pose problème, parce que c'est un texte dont le but est d'assurer une meilleure protection de l'enfance. En outre, vous avez vu pendant le congrès la volonté de tous d'offrir à nos enfants un monde meilleur, digne d'eux. Je suis très optimiste, d'autant plus que le Premier ministre a réaffirmé, à la séance de clôture du Congrès, tout le soutien du gouvernement pour tous les programmes en faveur de l'enfance, avec bien sûr la Haute Sollicitude de Sa Majesté le Roi.
Dans les régions y-a-t-il des programmes spécifiques ?
Il est bien entendu que chaque région a ses besoins spécifiques, que j'évalue à l'occasion de mes déplacements ou de ceux de mes collaborateurs. Nous nous sommes déplacés jusque dans les villages les plus enclavés.
Ce qui ressort habituellement de nos rencontres, c'est l'absence de formation des dirigeants associatifs. C'est pourquoi nous lançons un cycle de formation dans toutes les régions à leur profit.
Je voudrais ajouter que pour crédibiliser l'action de proximité que nous conduisons d'une manière générale, nous avons lancé un audit pour évaluer comment ont été utilisées les subventions que nous avons allouées aux associations.
La situation des enfants handicapés exige un travail à part…
En effet. L'éducation, la formation et l'accessibilité sont les grands axes de notre action sur ce dossier. Et toujours dans le cadre du chantier législatif, nous sommes en train de travailler sur la réforme de la loi sur la protection sociale qui est aujourd'hui désuète. Il y a un projet qui nous a été soumis par l'AMH et qui nous a séduit. Nous avons fait une journée d'étude pour le présenter aux autres partenaires qui ont travaillé dessus et nous y avons apporté nos remarques. Nous sommes en train de le finaliser.
Nous ne pouvons pas parler de l'enfant sans parler de la femme. Qu'avez-vous prévu dans votre programme d'action ?
Nous poursuivrons notre travail pour la promotion des droits de la femme. Maintenant qu'un grand pas a été franchi, il nous reste quelques défis à relever notamment en ce qui concerne l'égalité des droits politiques et professionnels.
Un de nos plus grands chantiers est celui de la violence à l'encontre des femmes.
Nous avons également mis en place un centre de documentation, d'étude et d'information pour les femmes, le CMIDEF.
Nous avons obtenu un financement dans le cadre de MEDA pour créer ce centre qui va beaucoup aider à faire évoluer la situation de la femme marocaine par la recherche et la documentation. Il aidera à ancrer la culture de l'égalité.
Entretien avec Mme Yasmina Baddou, secrétaire d'Etat chargé de la Famille, de la Solidarité et de l'Action sociale : «Un plan d'action national en faveur des enfants doit voir le jour d'ici la fin de l'année»
Quel bilan faites-vous de cette dixième édition du congrès national des droits de l'enfant ?
Ce congrès a été marqué par le message Royal lu par Son Altesse Royale la Princesse Lalla Meryem, Présidente du congrès qui montre l'importance que porte S.M. le Roi à la cause des enfants.
Ce dixième congrès de l'observatoire national des droits de l'enfant est une étape importante et décisive dans le programme d'élaboration des outils de protection des droits de l'enfant. Il s'agissait lors de ce congrès de mettre en place le processus qui sera adopté pour l'élaboration d'ici la fin de l'année du plan d'action national pour la protection des droits de l'enfant.
Le Gouvernement a souligné son engagement ferme pour appuyer et soutenir tous les programmes en faveur de l'enfance. Quelle est maintenant la prochaine étape et quelles sont les dispositions concrètes de l'Exécutif ?
Le discours du premier ministre était clair et sans équivoque : le gouvernement soutiendra ce plan d'action et mettra toutes les ressources financières nécessaires pour que la cause des enfants dans notre pays s'améliore.
Dans cette perspective quels sont les grands chantiers de votre Département pour la période à venir ?
Cette année l'enfance bénéficiera d'une part importante de nos projets. Nous allons d'abord consolider notre soutien aux centres qui accueillent les enfants en difficultés. Nous allons apporter ensuite notre appui de manière beaucoup plus marquée aux associations qui prennent en charge la scolarisation des enfants handicapés car quand on dit que l'enseignement est un droit pour tous, il doit comprendre également les enfants aux besoins spécifiques. Or jusqu'à présent, tous les établissements qui accueillent ces enfants sont gérés par des associations, c'est à dire des parents qui essaient d'offrir un cadre où leurs enfants peuvent s'épanouir et préparer leur intégration. Mais la demande grandit et l'offre n'est pas suffisante. L'Etat doit impérativement s'impliquer d'avantage dans ce domaine.
C'est pourquoi nous avons décidé d'apporter un plus grand soutien à ces associations qui gèrent ces centres qui existent déjà, aider celles qui sont en construction et enfin nous lancer nous-mêmes dans la réalisation de centres. C'est ainsi que nous entamons la construction d'un centre pour enfants handicapés abandonnés à Meknès dont les études sont faites. Toujours à Meknès un centre d'accueil pour enfants des rues est programmé. Par ailleurs, actuellement nous élaborons un plan d'action sur l'enfance maltraitée et sur la lutte contre l'exploitation sexuelle des enfants. Le Maroc abritera le comité de suivi régional sur ce fléau en décembre de cette année.
Par ailleurs, il est important que l'enfant puisse être associé à la prise de décision. C'est pourquoi on a créé les conseils municipaux d'enfants qui seront en même temps un lieu d'apprentissage de la citoyenneté et de la démocratie, un lieu d'expression et de parole.
Vous êtes également, avec l'ensemble de vos partenaires, en train d'élaborer un Code de l'Enfant. Où en est le projet et quelles sont ses lignes directrices ?
L'idée a germé il y a un peu plus d'un an. Avec des partenaires comme l'Unicef qui nous a apporté son soutien financier, le Défenseur des droits de l'enfant en France qui nous a apporté son expertise et les experts marocains dont des juristes ( magistrats et juristes ) ainsi que les ONG. Il est important de relever que l'élaboration du code, comme d'ailleurs tout ce que nous entreprenons se fait en concertation avec les ONG. Avant d'entamer la rédaction, il fallait faire deux évaluations : Un, l'évaluation des textes législatifs pour recenser tout ce qui existe et définir les lacunes et deux, un rapport sur les institutions, parce qu'il ne s'agit pas uniquement de faire un Code, il faut songer aux mesures d'accompagnement.
Pour revenir à votre question sur l'état d'avancement du projet, nous en sommes aujourd'hui à la phase de rédaction. Elle pourrait se terminer vers la fin de l'année. Nous avons pris le temps nécessaires pour faire les choses correctement avec toute la rigueur et la précision que ce genre de travail exige.
Quelles sont les chances de ce Code de sortir au jour ?
Cette année a été très riche d'un point de vue législatif. Il y a eu la loi sur la Kafala, la loi sur l'Etat civil, le Code pénal, le Code du travail et surtout le Code de la Famille. Je ne crois pas que le Code de l'enfant pose problème, parce que c'est un texte dont le but est d'assurer une meilleure protection de l'enfance. En outre, vous avez vu pendant le congrès la volonté de tous d'offrir à nos enfants un monde meilleur, digne d'eux. Je suis très optimiste, d'autant plus que le Premier ministre a réaffirmé, à la séance de clôture du Congrès, tout le soutien du gouvernement pour tous les programmes en faveur de l'enfance, avec bien sûr la Haute Sollicitude de Sa Majesté le Roi.
Dans les régions y-a-t-il des programmes spécifiques ?
Il est bien entendu que chaque région a ses besoins spécifiques, que j'évalue à l'occasion de mes déplacements ou de ceux de mes collaborateurs. Nous nous sommes déplacés jusque dans les villages les plus enclavés.
Ce qui ressort habituellement de nos rencontres, c'est l'absence de formation des dirigeants associatifs. C'est pourquoi nous lançons un cycle de formation dans toutes les régions à leur profit.
Je voudrais ajouter que pour crédibiliser l'action de proximité que nous conduisons d'une manière générale, nous avons lancé un audit pour évaluer comment ont été utilisées les subventions que nous avons allouées aux associations.
La situation des enfants handicapés exige un travail à part…
En effet. L'éducation, la formation et l'accessibilité sont les grands axes de notre action sur ce dossier. Et toujours dans le cadre du chantier législatif, nous sommes en train de travailler sur la réforme de la loi sur la protection sociale qui est aujourd'hui désuète. Il y a un projet qui nous a été soumis par l'AMH et qui nous a séduit. Nous avons fait une journée d'étude pour le présenter aux autres partenaires qui ont travaillé dessus et nous y avons apporté nos remarques. Nous sommes en train de le finaliser.
Nous ne pouvons pas parler de l'enfant sans parler de la femme. Qu'avez-vous prévu dans votre programme d'action ?
Nous poursuivrons notre travail pour la promotion des droits de la femme. Maintenant qu'un grand pas a été franchi, il nous reste quelques défis à relever notamment en ce qui concerne l'égalité des droits politiques et professionnels.
Un de nos plus grands chantiers est celui de la violence à l'encontre des femmes.
Nous avons également mis en place un centre de documentation, d'étude et d'information pour les femmes, le CMIDEF.
Nous avons obtenu un financement dans le cadre de MEDA pour créer ce centre qui va beaucoup aider à faire évoluer la situation de la femme marocaine par la recherche et la documentation. Il aidera à ancrer la culture de l'égalité.
