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Mercredi 10 Juin 2026
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Abdelhak Aït Laarif, la force tranquille des «Rouge et Blanc» Abdelhak Aït Laarif,

Quand il franchit le portail du complexe du WAC, ce jeune garçon au visage rayonnant est assailli par les jeunes de l'école ou les simples visiteurs en quête d'une photo souvenir ou un autographe. Abdelhak Aït Laarif, puisque c'est de lui qu'il s'agit, e

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Alors d'aucuns de s'accrocher, en désespoir de cause, à ce joueur qui a crevé l'écran, en particulier lors des rencontres de son club en Champion's league arabe. On compte sur lui pour faire la différence. « C'est un joueur qui a de grandes potentialités et qui est capable de renverser le cours du jeu à lui seul, reconnaît son entraîneur Jacky Bonnevay. Nous avons toujours compté sur lui car il reste le métronome de notre formation et en ce moment je dois reconnaître qu'il est au summum de sa forme.»

Avant de connaître le sommet de la pyramide, le jeune Aït Laarif est passé par des moments difficiles qui ont parfois défrayé la chronique au point que cela s'est ressenti sur son moral. L'histoire de son parcours au WAC fut quelquefois parsemée d'embûches, des problèmes qui ont surgi alors qu'il venait tout juste de rejoindre les jeunes de son nouveau club après des débuts avec le célèbre club de Derb Ghallef, l'Etoile Jeunesse. Flash back.La saison 98-99 venait de commencer et les cadets des « Rouge et Blanc» sont renforcés par un jeune qui se mit en évidence avec un entraîneur hors pair, en l'occurrence Hassan Benabicha, ex-international.

Il le prit sous sa coupe jusqu'à en faire l'un des meilleurs joueurs cadets et juniors. Les titres s'accumulent au fil de son parcours. International cadet avec Benabicha puis junior avec Fethi Jamal et enfin olympique sous la férule de Mustapha Madih, le jeune Aït Laarif gravit bien vite les échelons. « Je pense que cette réussite est due à sa capacité de traduire tout son talent sur un terrain, explique Hassan Benabicha. Quand il est venu chez nous, il était encore timide et il a fallu qu'il s'intègre au fil des semaines pour enfin montrer ce dont il était capable.» Fethi Jamal et Mustapha Madih n'ont pas tari d'éloges à son sujet et ont toujours estimé qu'il restait l'un des meneurs le plus en vue des sélections. Lors de la saison 1999 –2000, le Français Tardi le convoqua au centre de formation Mâamora à Rabat avec la sélection cadette.

Il commencera par se forger une personnalité qui va lui permettre de faire ses premiers pas en équipe première, la saison suivante. En effet, Oscar Fullone le lancera dans le bain lors d'un mémorable FAR-WAC qui se terminera par une avalanche de buts (3-3). Aït Laarif avait définitivement conquis les coeurs.

Une situation ubuesque
Il était au devant de la scène mais il fait parler de lui, moins sur le terrain qu'en dehors. En effet, certains se sont, soudain, rendus compte que le petit lutin avait une double licence. Autrement dit, ceux qui l'avaient recruté n'avaient pas réglé le problème de son transfert avec son ancien club l'EJSC. Cette même saison, le WAC avait remporté le derby contre le Raja 3-0 mais avait perdu sur tapis vert suite aux réserves formulées par le frère ennemi. « Il ne s'en est jamais remis, se rappelle un membre du comité.

Il voulait simplement jouer au football et il s'est retrouvé au cœur d'une affaire qui le dépassait et qui avait fait la une des journaux. Il commençait à se mettre en évidence et il fut stoppé par une situation ubuesque qui s'est terminée par une suspension. »

Gracié un peu plus tard par le bureau fédéral, Aït Laarif poursuit sa carrière dans la sérénité mais arrive de moins en moins à convaincre. A 17ans, il est embauché à l'ONE grâce au soutien de Benhima - l'ex-wali de Casablanca - qui faisait partie du comité. Sécurisé par sa nouvelle situation sociale, il n'entreprend aucune action pour évoluer à un plus haut niveau malgré les propositions qui lui sont offertes.

Une formation d'Ukraine où va jouer plus tard Jarmouni, Sfax et Taraji en Tunisie, le Sporting de Lisbonne et récemment une équipe de Qatar, autant de clubs qui l'ont sollicité mais qui n'ont rien pu conclure pour diverses raisons. « A chaque fois qu'il était sur le point de signer un contrat, il y avait un grain de sable qui faisait grincer la machine », regrette un supporter wydadi qui suit de très près la marche du club.

L'arrivée de Jacky Bonnevay va accélérer son ascension. Il multiplie les prouesses et ravit la vedette à tous ses coéquipiers. Mais s'il a fait d'énormes progrès avec ses pieds, il en a fait beaucoup moins au niveau de son mental. Ses virées nocturnes ne passent pas inaperçues et quelques mauvaises langues avancent même s'il est devenu accro au narguilé, cette fameuse « rguila »qui se fume dans les cafés huppés de la ville. Il n'est pas le seul à subir les foudres de quelques inconditionnels du grand club bidaoui.
Certains de ses coéquipiers passent aussi à la moulinette surtout quand les résultats ne suivent pas.

Le coup de grâce viendra après le match de la honte face à l'OM où son comportement est désapprouvé. Un geste à l'égard d'un joueur marseillais va lui valoir une ridicule suspension de deux matchs. Son absence va d'ailleurs se répercuter sur les résultats du club, en particulier contre le KACM qui élimine son club de la Coupe du Trône. Baddou Zaki, le sélectionneur national, ne se fiant qu'à son flair, le fait pourtant figurer sur la liste des internationaux pour le prochain match contre la Guinée.

Ce n'est guère surprenant de le voir parmi les Lions de l'Atlas. Zaki chasse d'un revers de la main les doutes et les incertitudes quant à sa capacité à apporter un plus à la sélection. « Je l'ai vu à l'œuvre ces derniers temps, explique Zaki, et ma foi je pense qu'il mérite qu'on lui donne une chance d'intégrer le groupe. C'est un joueur qui a gagné en maturité et qui est capable de changer le cours du jeu.

Il est très en forme et comme je l'ai dit plusieurs fois je donne priorité aux éléments les plus en vue. »
Aït Laarif aura connu toutes les sélections avec beaucoup de bonheur. Il lui reste tout simplement à soigner son image de marque en se faisant plus remarquer sur le terrain qu'en dehors.
C'est la seule manière pour lui de réussir dans sa vie sociale et sportive.
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