La célébration aujourd'hui de la journée internationale du Théâtre est l'occasion pour nous de commémorer les Maîtres qui ont tout donné pour la promotion de cet art noble. Abdessamad Kenfaoui est l'un d'eux. Mort à 48 ans en 1976, il demeure un pionnier de la dramaturgie marocaine, au legs littéraire méconnu. Ecrivain et réalisateur, A. Kenfaoui est le promoteur du théâtre populaire national, à un moment où le colonialisme avait réalisé l'importance de l'utilisation de cette arme redoutable comme moyen de lutte pour l'indépendance.
Il fut un haut fonctionnaire et un dramaturge qui fit école, traquant par l'ironie et le ridicule, la fourberie, la corruption et l'injustice. Son théâtre était à la fois de divertissement, militant et engagé. Contes, proverbes, adages et scènes des plus pittoresques, constituent l'héritage populaire dont il s'est inspiré, et dans lequel il a puisé tout ce qu'il y a de plus noble. Feu Kenfaoui a propulsé sur scène plusieurs hommes du théâtre contemporain, tels Taïb Saddiki, Taïb Laâlej… Il avait deux passions, le théâtre et la défense de la classe ouvrière.
Il était aussi diplomate. D'abord chargé du Consulat du Maroc à Bordeaux en 1956, puis attaché culturel à Paris, avant d'occuper d'autres postes prestigieux tels celui de secrétaire général de la CNSS en 1972 et auparavant le même poste à l'OCE (Office chérifien d'exportation) de 1965 à 1970. Il a même assumé l'intérim pendant un moment à l'ambassade du Maroc en France.
L'auteur de «A Moula Nouba», «Si Taki» ou encore «Bouktef» avait réussi, comme le souligne l'historien Hamid Triki, à mettre «en scène, aussi bien les strates enfouies de cette culture populaire que la langue qui les porte». Le témoignage de Charles Nugue en dit long sur la carrière de cet amoureux désespéré de son pays. Charles Nugue, qui est créateur et directeur de LARC (Scène Nationale du Creusot) et du relais Culturel d'Aix-en-Provence, écrit : «Le premier visage que j'y ai rencontrai en débarquant, un soir de l'été 1952 à Rabat, fut celui de Kenfaoui. C'est à travers lui que, jour après jour, j'ai découvert la subtilité et l'originalité marocaines et que j'ai appris à les aimer.
Son élégance, sa fierté, sa générosité m'ont révélé que son pays était hospitalier, susceptible, jaloux et riche d'une grande histoire et de mile petites histoires». M. Nugue, qui est aussi consultant auprès de l'Unesco, ajoute que «grâce à lui j'avais sillonné l'Europe avec Anouilh, Claudel ou Pirandello, puis m'était fixé à Paris, me partageant entre le théâtre de l'Atelier et le Studio des Champs Elysées.
C'est au titre de cette bien récente expérience acquise comme régisseur sur ces scènes prestigieuses qu'André Voisin m'avait fait venir à Rabat pour l'assister dans l'animation des stages d'art dramatique (…). Ces stages se déroulaient l'été, dans un complexe culturel-sportif , les Chênes, situé dans la forêt Maâmora».
Charles Nugue affirme, enfin, que «dans le souvenir de ces années déjà lointaines, où nous avions 25 ans, Kenfaoui fut et reste pour moi, une sorte de Maître qui nous apportait sa compétence de linguiste, chercheur, créateur et la richesse de son imagination et de sa pensée».
Le journaliste, écrivain, Saïd Saddiki écrivait en 1976, dans le journal «Al Maghrib», «Abdessamad, fils de sa ville chérie, sportif, homme de culture, homme de théâtre, militant politique et syndicaliste, chantre de l'amitié, oui, il était tout cela à la fois. Mais il était aussi et surtout, le témoin exigeant et sceptique, ironique et lucide de son temps, de son pays, de notre théâtre et de notre culture».
C'est avec des amis de feu Abdessamad Kenfaoui et en hommage à sa mémoire et à son œuvre, que sa femme, Danielle a pris l'initiative, en 2002, de créer l'association qui porte son nom. « L'association a pour but essentiel de faire connaître l'œuvre littéraire et théâtrale de Abdessamad Kenfaoui à travers l'édition, les rencontres, les séminaires autour de son rôle quant à l'éclosion du théâtre populaire marocain, la représentation de la production théâtrale, voire cinématographique de son œuvre, la promotion du créateur tant au Maroc qu'à l'étranger», a fait savoir Danielle Kenfaoui.
Pour se faire, l'association compte réaliser une opération d'inventaire, de catalogage, de préservation et d'édition ou réédition des écrits de Abdessamad Kenfaoui. «Nous sommes en train de batailler pour la publication de ses pièces de théâtre qui sont majoritairement en langue arabe dialectale.
Nous allons essayer de ramasser toutes ses œuvres dont le manuscrit de sa pièce» Même la mort «qui a été confié par le défunt à quelqu'un qui n'a pas voulu jusqu'à présent le restituer à qui de droit.
C'est ce que j'appelle de la malhonnêteté intellectuelle», insiste le Dr.Boubker Monkachi, président le l'Association. Celle-ci compte également procéder à la restauration de la salle Abdessamad Kenfaoui qui se trouve dans un état délabrée à la Casablancaise. Elle abritera prochainement une école du théâtre.
A noter que d'éminentes personnalités honorent l'association en acceptant d'en être membre d'honneur. Il s'agit, entre autres, de MM. Abdellah Ibrahim, Mahjoub Benseddik, Abderrahmane Youssoufi, André Azoulay, Mustapha Agzenay (vice-président de l'Association), Abdelkrim Benslimane, Ahmed Benkirane, Mohamed M'jid, Hamid Triki, Abdeslam Znined, Hassan Benaddi, Tahar Ouaziz…etc.
Pionnier du théâtre national du Maroc, aux Chênes, en 1956, Abdessamad Kenfaoui (1928-1976) a conduit la première troupe théâtrale professionnelle marocaine, dont il fut le fondateur, à se produire au théâtre des Nations à Paris en 1958 puis en Belgique à l'exposition internationale. A. Kenfaoui est l'auteur d'une vingtaine de pièces de théâtre (jouées, publiées, inachevées ou inédites) dont : Bouktef, A Moula Nouba, Soltan Balima… et plusieurs adaptations de Molière, Brecht, Tchekov… La plupart de ses œuvres sont écrites en arabe dialectal. Il a recueilli aussi un grand nombre de "brèves de comptoir" pleines d'humour et de sagesse. Ses oeuvres éditées et mises en scène sont :
• Maâlem Azzouz, adaptation d'après le Barbier de Séville, 1956, (avec Tayeb Laâlej et Tahar Ouaziz).
• Les fourberies de Joha, adaptation d'après les fourberies de Scapin, 1956 (avec Tayeb Laâlej et Tayeb Seddiki).
• Le malade imaginaire 1958, (avec Tayeb Seddiki et Tahar Ouaziz).
• Les balayeurs – création 1956 (avec Tahar Ouaziz, André Voisin et Tayeb Laâlej)
• Boukref (1977) , création
• Si Taki 1996 – (adaptation de Tartuffe).
• Bouktef (traduction en français, 1996)
• A moula nouba (création , 1996)
• Traduction en arabe dialectal du scénario du film “Vaincre pour vivre” de Mohamed Tazi
• Mots croisés pour le quotidien Maghreb informations dont les thèmes sont le Tiers Monde, l'Afrique, l'action syndicale, sociale et politique.
• Poèmes en français.
Œuvres manuscrites inédites
• Soltan Balima
• Même la mort, (en français)
• Le mouchoir,
• Le voile du bonheur
• Le radeau
• Les fusils de la mère Carrare de B. Brecht (adaptation)
• Barbe Bleu de Ch. Perrault (adaptation)
• L'exception et la règle de B. Bretch (adaptation)
• Les affaires sont les affaires d'Octave Mirbeau (adaptation)
• Boulevard Durand, d'Armand Salacrou (adaptation)
• Recueil de proverbes, dictons, adages marocains.
• Nombreux textes inachevés, parmi lesquels, une satire de la corruption (année 1970).
Il fut un haut fonctionnaire et un dramaturge qui fit école, traquant par l'ironie et le ridicule, la fourberie, la corruption et l'injustice. Son théâtre était à la fois de divertissement, militant et engagé. Contes, proverbes, adages et scènes des plus pittoresques, constituent l'héritage populaire dont il s'est inspiré, et dans lequel il a puisé tout ce qu'il y a de plus noble. Feu Kenfaoui a propulsé sur scène plusieurs hommes du théâtre contemporain, tels Taïb Saddiki, Taïb Laâlej… Il avait deux passions, le théâtre et la défense de la classe ouvrière.
Il était aussi diplomate. D'abord chargé du Consulat du Maroc à Bordeaux en 1956, puis attaché culturel à Paris, avant d'occuper d'autres postes prestigieux tels celui de secrétaire général de la CNSS en 1972 et auparavant le même poste à l'OCE (Office chérifien d'exportation) de 1965 à 1970. Il a même assumé l'intérim pendant un moment à l'ambassade du Maroc en France.
L'auteur de «A Moula Nouba», «Si Taki» ou encore «Bouktef» avait réussi, comme le souligne l'historien Hamid Triki, à mettre «en scène, aussi bien les strates enfouies de cette culture populaire que la langue qui les porte». Le témoignage de Charles Nugue en dit long sur la carrière de cet amoureux désespéré de son pays. Charles Nugue, qui est créateur et directeur de LARC (Scène Nationale du Creusot) et du relais Culturel d'Aix-en-Provence, écrit : «Le premier visage que j'y ai rencontrai en débarquant, un soir de l'été 1952 à Rabat, fut celui de Kenfaoui. C'est à travers lui que, jour après jour, j'ai découvert la subtilité et l'originalité marocaines et que j'ai appris à les aimer.
Son élégance, sa fierté, sa générosité m'ont révélé que son pays était hospitalier, susceptible, jaloux et riche d'une grande histoire et de mile petites histoires». M. Nugue, qui est aussi consultant auprès de l'Unesco, ajoute que «grâce à lui j'avais sillonné l'Europe avec Anouilh, Claudel ou Pirandello, puis m'était fixé à Paris, me partageant entre le théâtre de l'Atelier et le Studio des Champs Elysées.
C'est au titre de cette bien récente expérience acquise comme régisseur sur ces scènes prestigieuses qu'André Voisin m'avait fait venir à Rabat pour l'assister dans l'animation des stages d'art dramatique (…). Ces stages se déroulaient l'été, dans un complexe culturel-sportif , les Chênes, situé dans la forêt Maâmora».
Charles Nugue affirme, enfin, que «dans le souvenir de ces années déjà lointaines, où nous avions 25 ans, Kenfaoui fut et reste pour moi, une sorte de Maître qui nous apportait sa compétence de linguiste, chercheur, créateur et la richesse de son imagination et de sa pensée».
Le journaliste, écrivain, Saïd Saddiki écrivait en 1976, dans le journal «Al Maghrib», «Abdessamad, fils de sa ville chérie, sportif, homme de culture, homme de théâtre, militant politique et syndicaliste, chantre de l'amitié, oui, il était tout cela à la fois. Mais il était aussi et surtout, le témoin exigeant et sceptique, ironique et lucide de son temps, de son pays, de notre théâtre et de notre culture».
C'est avec des amis de feu Abdessamad Kenfaoui et en hommage à sa mémoire et à son œuvre, que sa femme, Danielle a pris l'initiative, en 2002, de créer l'association qui porte son nom. « L'association a pour but essentiel de faire connaître l'œuvre littéraire et théâtrale de Abdessamad Kenfaoui à travers l'édition, les rencontres, les séminaires autour de son rôle quant à l'éclosion du théâtre populaire marocain, la représentation de la production théâtrale, voire cinématographique de son œuvre, la promotion du créateur tant au Maroc qu'à l'étranger», a fait savoir Danielle Kenfaoui.
Pour se faire, l'association compte réaliser une opération d'inventaire, de catalogage, de préservation et d'édition ou réédition des écrits de Abdessamad Kenfaoui. «Nous sommes en train de batailler pour la publication de ses pièces de théâtre qui sont majoritairement en langue arabe dialectale.
Nous allons essayer de ramasser toutes ses œuvres dont le manuscrit de sa pièce» Même la mort «qui a été confié par le défunt à quelqu'un qui n'a pas voulu jusqu'à présent le restituer à qui de droit.
C'est ce que j'appelle de la malhonnêteté intellectuelle», insiste le Dr.Boubker Monkachi, président le l'Association. Celle-ci compte également procéder à la restauration de la salle Abdessamad Kenfaoui qui se trouve dans un état délabrée à la Casablancaise. Elle abritera prochainement une école du théâtre.
A noter que d'éminentes personnalités honorent l'association en acceptant d'en être membre d'honneur. Il s'agit, entre autres, de MM. Abdellah Ibrahim, Mahjoub Benseddik, Abderrahmane Youssoufi, André Azoulay, Mustapha Agzenay (vice-président de l'Association), Abdelkrim Benslimane, Ahmed Benkirane, Mohamed M'jid, Hamid Triki, Abdeslam Znined, Hassan Benaddi, Tahar Ouaziz…etc.
Un oubli impardonnable
Pionnier du théâtre national du Maroc, aux Chênes, en 1956, Abdessamad Kenfaoui (1928-1976) a conduit la première troupe théâtrale professionnelle marocaine, dont il fut le fondateur, à se produire au théâtre des Nations à Paris en 1958 puis en Belgique à l'exposition internationale. A. Kenfaoui est l'auteur d'une vingtaine de pièces de théâtre (jouées, publiées, inachevées ou inédites) dont : Bouktef, A Moula Nouba, Soltan Balima… et plusieurs adaptations de Molière, Brecht, Tchekov… La plupart de ses œuvres sont écrites en arabe dialectal. Il a recueilli aussi un grand nombre de "brèves de comptoir" pleines d'humour et de sagesse. Ses oeuvres éditées et mises en scène sont :
• Maâlem Azzouz, adaptation d'après le Barbier de Séville, 1956, (avec Tayeb Laâlej et Tahar Ouaziz).
• Les fourberies de Joha, adaptation d'après les fourberies de Scapin, 1956 (avec Tayeb Laâlej et Tayeb Seddiki).
• Le malade imaginaire 1958, (avec Tayeb Seddiki et Tahar Ouaziz).
• Les balayeurs – création 1956 (avec Tahar Ouaziz, André Voisin et Tayeb Laâlej)
• Boukref (1977) , création
• Si Taki 1996 – (adaptation de Tartuffe).
• Bouktef (traduction en français, 1996)
• A moula nouba (création , 1996)
• Traduction en arabe dialectal du scénario du film “Vaincre pour vivre” de Mohamed Tazi
• Mots croisés pour le quotidien Maghreb informations dont les thèmes sont le Tiers Monde, l'Afrique, l'action syndicale, sociale et politique.
• Poèmes en français.
Œuvres manuscrites inédites
• Soltan Balima
• Même la mort, (en français)
• Le mouchoir,
• Le voile du bonheur
• Le radeau
• Les fusils de la mère Carrare de B. Brecht (adaptation)
• Barbe Bleu de Ch. Perrault (adaptation)
• L'exception et la règle de B. Bretch (adaptation)
• Les affaires sont les affaires d'Octave Mirbeau (adaptation)
• Boulevard Durand, d'Armand Salacrou (adaptation)
• Recueil de proverbes, dictons, adages marocains.
• Nombreux textes inachevés, parmi lesquels, une satire de la corruption (année 1970).
