Merja Zerga est située à l'extrémité nord-ouest de la plaine du Gharb, au sud immédiat du village balnéaire de Moulay Bouselham à 70 km au nord de la ville Kénitra et à 35 km au sud de celle de Larache.
Elle fait partie du territoire de la province de Kénitra (cercle de Lalla Mimouna), elle dépend des communes de Moulay Bouselham et Sidi Mohamed Lahmer. La population locale de Merja Zerga compte plus de 16.000 habitants dont 1000 habitants dans le centre urbain de Moulay Bouselham.
Valorisée en 1987 en réserve biologique permanente et devenue depuis 1980 un site Ramsar suite à la ratification du Maroc de la convention sur la préservation des zones humides, la Merja Zerga est un milieu lagunaire d'une surface de 7300 ha recelant des valeurs écologiques, biologiques et socioculturelles remarquables.
Devenue également site Zico (Zone importante pour la conservation des oiseaux) selon le classement BirdLife International, elle constitue un site d'escale et d'hivernage de plusieurs milliers d'oiseaux migrateurs. C'est aussi une zone de confluence des eaux marines et continentales.
Site d'intérêt biologique et écologique depuis 1994, la Merja Zerga offre une diversité d'habitas qui abrite une faune et une flore particulière dont des espèces rares, comme le hibou du cap, la sarcelle marbrée, le goéland d'Audouin et autres. Aussi, la concentration spectaculaire en flamant rose et espèces de canards divers couplée à la qualité esthétique du paysage constituent-elles des composantes très attractives pour des milliers de visiteurs chaque année.
Cependant, le site subit actuellement d'importantes modifications des processus écologiques, suite à l'exploitation irrationnelle de ses ressources et à l'effet des aménagements agricoles qui affectent les principaux affluents qui l'alimentent en eaux douces, à savoir le canal artificiel de Nador et l'oued Drader.
" Il faut souligner que la Merja Zerga est alimentée par deux types différents d'eau : l'eau salée qui vient de la mer et l'eau douce qui vient d'oued Drader, du canal de Nador et de la nappe phréatique. L'eau coulée de ces sources provoque une perturbation assez importante du bilan hydrique, dans la mesure où les quantités d'eau amenées à partir de ces sources d'eau douce ont diminué en terme de quantité et dégradé en terme de qualité.
Le canal de Nador et l'oued Drader drainent plusieurs rizières et autres cultures qui utilisent des pesticides et des intrants agricoles menaçants directement l'équilibre écologique du site. De même, la construction en amont d'un certain nombre de petits barrages a affecté l'alimentation en eau douce», explique Ali Aghnaj, coordinateur national du programme WWF, qui ajoute que «les prévisions prévoient que tous les bassins du Maroc, seront déficitaires d'ici 2010, excepté celui versant de Sebou. Ce dernier reste menacé par la pollution qui a des conséquences dramatiques sur la faune et la flore».
L'augmentation incontrôlée de puits et l'utilisation des motopompes ( entre 200 et 300 sont branchées illégalement), dans la région de la réserve ont précipité la baisse de la nappe phréatique, augmentant le taux de salinité. Principal accusé : l'extension de l'agriculture destinée à l'exploitation de la fraise. En effet, nous avons pu constater que la culture des fraises a envahi la Merja Zerga et des usines de conditionnement et d'emballage pour l'exportation ont rapidement poussé comme des champignons autour de cette zone humide.
M. Aghnaj a indiqué que « cette zone est totalement envahie par des étrangers, surtout espagnols, aussi bien sur le plan de la main d'œuvre que sur celui des exploitants. A cause de ce développement agricole, la superficie de la Merja s'est rétrécie. Elle a perdu au moins 2000 hectares, soit 30% de sa superficie initiale.
Cette partie qui faisait partie intégrante du site a été protégée par des digues pour être utilisée pour l'agriculture». Aujourd'hui, le site est livré à lui-même, jusqu'au point qu'il est devenu un véritable dépôt d'ordures constitués en gros de déchets agricoles et de restes du plastique, jetés de manière sauvage, sans aucun contrôle. Des décharges sauvages ont adhéré domicile dans les forêts d'Eucalyptus. Ces plantations ont causées l'assèchement des champs avoisinants et réduit les terrains de parcours.
En l'absence d'un réseau d'assainissement, les déchets solides et liquides sont directement jetés dans la Merja ou dans l'océan atlantique. Beaucoup de projets initiés dans cette zone ont échoués. «Si on s'asseoit pas à table pour identifier les véritables causes et effets de la dégradation des ressources naturelles, on ne va jamais trouver de solutions aux problèmes de la Merja Zerga. Bref, ll faut une volonté politique pour que les choses changent», conclut le coordinateur du programme national WWF.
Merja Zerga est l'une des zones humides marocaines qui ont le plus besoin de soutien pour instaurer des règlements pour son exploitation et pour la durabilité des activités économiques qui s'y pratiquent. C'est une demande et un désir de la population locale qui voit les produits du site disparaître ainsi que des autorités locales qui voient les ressources naturelles diminuer à un régime qui, si non arrêté, finira par causer une dégradation irréversible de la zone humide.
C'est dans cet esprit de conservation et de proposition de pratiques durables d'exploitation que le présent projet a été proposé par l'ONG Internationale espagnole SEO/BirdLife avec l'appui institutionnel de HCEFLCD et en partenariat avec le WWF MedPO (WWF Mediterranean Programme).
Le financement est assuré par l'agence espagnole de coopération internationale (AECI) dans le cadre de son programme Azahar. L'objectif général de ce projet est de contribuer à la conservation de la biodiversité et du développement des populations rurales au Maroc en mettant en place des activités relatives à l'utilisation durable des ressources naturelles dans la réserve biologique et le site Ramsar Merja Zerga.
Les activités prévues sont :
1. Etablir des bases pour un tourisme durable dans la réserve biologique de Merja Zerga : élaboration de plans de tourisme durable, promouvoir la création d'association de guide touristique, formation des guides touristiques, mise en place d'un point d'information et l'équiper, promouvoir le tourisme en indexant le site chez les tours opérateurs;
2. Mise en place d'un programme d'éducation à l'environnement supporté par des formateurs et des outils pédagogiques : formation des enseignants des écoles et des leaders locaux de la région, production d'outils didactiques pour différents niveaux scolaires, associer le ministère de l'éducation nationale pour la diffusion des outils produits ;
3. Mise en place d'activités liées à l'utilisation durable des ressources naturelles au profit de la population locale (réalisées par la population locale elle même) : promotion des activités génératrices de revenu, alphabétisation, participation aux activités du projet ;
4. Amélioration de la capacité institutionnelle de la gestion de la réserve : appui pour la création et la mise en marche d'un comité de gestion de la lagune, appui à la mise en place d'un système de gardiennage de la lagune, appui au CEFLCD pour définir le cadre législatif de la lagune;
5. Identification des menaces contre la biodiversité à l'échelle du bassin versant : définition des lignes directrices d'un projet basé sur les résultats d'une analyse des causes à la racine de la perte de la biodiversité de la lagune, organisation d'un atelier rassemblant tous les responsables et les organismes en relation avec la problématique de la biodiversité à la lagune , analyse des tendances de l'avifaune comme référence sur l'état de santé de la lagune.
Elle fait partie du territoire de la province de Kénitra (cercle de Lalla Mimouna), elle dépend des communes de Moulay Bouselham et Sidi Mohamed Lahmer. La population locale de Merja Zerga compte plus de 16.000 habitants dont 1000 habitants dans le centre urbain de Moulay Bouselham.
Valorisée en 1987 en réserve biologique permanente et devenue depuis 1980 un site Ramsar suite à la ratification du Maroc de la convention sur la préservation des zones humides, la Merja Zerga est un milieu lagunaire d'une surface de 7300 ha recelant des valeurs écologiques, biologiques et socioculturelles remarquables.
Devenue également site Zico (Zone importante pour la conservation des oiseaux) selon le classement BirdLife International, elle constitue un site d'escale et d'hivernage de plusieurs milliers d'oiseaux migrateurs. C'est aussi une zone de confluence des eaux marines et continentales.
Site d'intérêt biologique et écologique depuis 1994, la Merja Zerga offre une diversité d'habitas qui abrite une faune et une flore particulière dont des espèces rares, comme le hibou du cap, la sarcelle marbrée, le goéland d'Audouin et autres. Aussi, la concentration spectaculaire en flamant rose et espèces de canards divers couplée à la qualité esthétique du paysage constituent-elles des composantes très attractives pour des milliers de visiteurs chaque année.
Cependant, le site subit actuellement d'importantes modifications des processus écologiques, suite à l'exploitation irrationnelle de ses ressources et à l'effet des aménagements agricoles qui affectent les principaux affluents qui l'alimentent en eaux douces, à savoir le canal artificiel de Nador et l'oued Drader.
" Il faut souligner que la Merja Zerga est alimentée par deux types différents d'eau : l'eau salée qui vient de la mer et l'eau douce qui vient d'oued Drader, du canal de Nador et de la nappe phréatique. L'eau coulée de ces sources provoque une perturbation assez importante du bilan hydrique, dans la mesure où les quantités d'eau amenées à partir de ces sources d'eau douce ont diminué en terme de quantité et dégradé en terme de qualité.
Le canal de Nador et l'oued Drader drainent plusieurs rizières et autres cultures qui utilisent des pesticides et des intrants agricoles menaçants directement l'équilibre écologique du site. De même, la construction en amont d'un certain nombre de petits barrages a affecté l'alimentation en eau douce», explique Ali Aghnaj, coordinateur national du programme WWF, qui ajoute que «les prévisions prévoient que tous les bassins du Maroc, seront déficitaires d'ici 2010, excepté celui versant de Sebou. Ce dernier reste menacé par la pollution qui a des conséquences dramatiques sur la faune et la flore».
L'augmentation incontrôlée de puits et l'utilisation des motopompes ( entre 200 et 300 sont branchées illégalement), dans la région de la réserve ont précipité la baisse de la nappe phréatique, augmentant le taux de salinité. Principal accusé : l'extension de l'agriculture destinée à l'exploitation de la fraise. En effet, nous avons pu constater que la culture des fraises a envahi la Merja Zerga et des usines de conditionnement et d'emballage pour l'exportation ont rapidement poussé comme des champignons autour de cette zone humide.
M. Aghnaj a indiqué que « cette zone est totalement envahie par des étrangers, surtout espagnols, aussi bien sur le plan de la main d'œuvre que sur celui des exploitants. A cause de ce développement agricole, la superficie de la Merja s'est rétrécie. Elle a perdu au moins 2000 hectares, soit 30% de sa superficie initiale.
Cette partie qui faisait partie intégrante du site a été protégée par des digues pour être utilisée pour l'agriculture». Aujourd'hui, le site est livré à lui-même, jusqu'au point qu'il est devenu un véritable dépôt d'ordures constitués en gros de déchets agricoles et de restes du plastique, jetés de manière sauvage, sans aucun contrôle. Des décharges sauvages ont adhéré domicile dans les forêts d'Eucalyptus. Ces plantations ont causées l'assèchement des champs avoisinants et réduit les terrains de parcours.
En l'absence d'un réseau d'assainissement, les déchets solides et liquides sont directement jetés dans la Merja ou dans l'océan atlantique. Beaucoup de projets initiés dans cette zone ont échoués. «Si on s'asseoit pas à table pour identifier les véritables causes et effets de la dégradation des ressources naturelles, on ne va jamais trouver de solutions aux problèmes de la Merja Zerga. Bref, ll faut une volonté politique pour que les choses changent», conclut le coordinateur du programme national WWF.
Contribuer aux développement des populations rurales
Merja Zerga est l'une des zones humides marocaines qui ont le plus besoin de soutien pour instaurer des règlements pour son exploitation et pour la durabilité des activités économiques qui s'y pratiquent. C'est une demande et un désir de la population locale qui voit les produits du site disparaître ainsi que des autorités locales qui voient les ressources naturelles diminuer à un régime qui, si non arrêté, finira par causer une dégradation irréversible de la zone humide.
C'est dans cet esprit de conservation et de proposition de pratiques durables d'exploitation que le présent projet a été proposé par l'ONG Internationale espagnole SEO/BirdLife avec l'appui institutionnel de HCEFLCD et en partenariat avec le WWF MedPO (WWF Mediterranean Programme).
Le financement est assuré par l'agence espagnole de coopération internationale (AECI) dans le cadre de son programme Azahar. L'objectif général de ce projet est de contribuer à la conservation de la biodiversité et du développement des populations rurales au Maroc en mettant en place des activités relatives à l'utilisation durable des ressources naturelles dans la réserve biologique et le site Ramsar Merja Zerga.
Les activités prévues sont :
1. Etablir des bases pour un tourisme durable dans la réserve biologique de Merja Zerga : élaboration de plans de tourisme durable, promouvoir la création d'association de guide touristique, formation des guides touristiques, mise en place d'un point d'information et l'équiper, promouvoir le tourisme en indexant le site chez les tours opérateurs;
2. Mise en place d'un programme d'éducation à l'environnement supporté par des formateurs et des outils pédagogiques : formation des enseignants des écoles et des leaders locaux de la région, production d'outils didactiques pour différents niveaux scolaires, associer le ministère de l'éducation nationale pour la diffusion des outils produits ;
3. Mise en place d'activités liées à l'utilisation durable des ressources naturelles au profit de la population locale (réalisées par la population locale elle même) : promotion des activités génératrices de revenu, alphabétisation, participation aux activités du projet ;
4. Amélioration de la capacité institutionnelle de la gestion de la réserve : appui pour la création et la mise en marche d'un comité de gestion de la lagune, appui à la mise en place d'un système de gardiennage de la lagune, appui au CEFLCD pour définir le cadre législatif de la lagune;
5. Identification des menaces contre la biodiversité à l'échelle du bassin versant : définition des lignes directrices d'un projet basé sur les résultats d'une analyse des causes à la racine de la perte de la biodiversité de la lagune, organisation d'un atelier rassemblant tous les responsables et les organismes en relation avec la problématique de la biodiversité à la lagune , analyse des tendances de l'avifaune comme référence sur l'état de santé de la lagune.
