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Lundi 11 Mai 2026
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Des produits d'exception sont enfermés dans la plus grande cave au monde : au Japon, le chocolat est comme un bijou

Elevé au même rang qu'un cru millésimé ou qu'un bijou, au point d'être parfois offert dans un écrin, à des prix épicés, le chocolat est devenu une véritable passion pour les Japonaises, un coup de foudre qu'exploitent les grandes maisons à l'approche de l

Des produits d'exception sont enfermés dans la plus grande cave au monde : au Japon, le chocolat est comme un bijou
Un rituel savamment orchestré par l'industrie de la confiserie pour dynamiser ses ventes. Le Japon a importé pour 35,4 milliards de yens (255 millions d'euros) de chocolats en 2002, soit 25% de plus qu'il y a dix ans.

Au coeur du quartier chic de Ginza, le grand magasin Mitsukoshi revendique la première «cave à chocolat» du monde, où sont enfermés des chocolats haut de gamme à l'européenne dans des pots en céramique blanche. Avec tout le respect dû à des produits d'exception.

En octobre dernier, la maison Satie Dominique Chocolat avait convié 90 collectionneurs à venir déposer leurs chocolats dans le cellier --scellé par un mur de verre dans l'arrière-boutique. La «cave» a été remplie instantanément.

Il restait 70 amateurs sur la liste d'attente, selon Ayako Oppata, directrice du marketing, qui précise que le concept a séduit davantage d'hommes que prévu.
Le cellier fonctionne comme une banque. Les clients peuvent retirer leurs dépôts quand ils visitent Mitsukoshi et les déguster sur place dans la boutique.

Les chocolats sont conservés à la température appropriée --entre 14 et 18 degrés-- et au taux d'humidité idéal. Il en coûte toutefois entre 2.801 et 4.001 yens (20-30 euros) pour 100 grammes de chocolat dont la teneur en cacao peut aller jusqu'à 92%.

«Nous souhaitons que nos clients se servent de cet endroit comme de leur salon, et nous sommes toujours disposés à leur faire la conversation», explique Mme Oppata en évoquant un «petit luxe».

Autre concept : on pourra bientôt faire bénéficier ses ami(e)s de son compte ouvert en chocolats grâce à une «carte de retrait» spéciale.
Les chocolats à emporter sont vendus entre 210 et 1.500 yens pièce. Comble de la sophistication, les plus chers contiennent des fragments de véritable truffe noire.

Un autre célèbre magasin de Tokyo, Isetan, a accueilli le mois dernier le Salon du Chocolat qui attire chaque année des dizaines de milliers de gourmands. Masami Norikawa, une yuppie de 25 ans, qui a visité le salon, est une accro : «Une fois qu'on a acheté des friandises de qualité, on ne peut plus faire ses courses dans une superette», explique-t-elle.

Le chocolatier Christian Vautier souligne que «quand les Japonais s'intéressent à quelque chose, ils ont tendance à chercher le meilleur produit».

Parmi les autres grandes enseignes du shopping à Tokyo, Takashimaya n'est pas en reste. Ce grand magasin a ouvert un bar du chocolatier Pascal Caffet, qui propose dégustation de chocolats, au milieu de l'étage de la mode féminine. Tout un symbole. Jusqu'à la Saint-Valentin, seront organisées des conférences savantes sur le chocolat.

Un établissement rival, Keio, présente ses assortiments carrément dans des boîtes à bijoux. Une boîte de 95 petits chocolats est étiquetée à 21.000 yens (155 euros).

Signe des temps, c'est à Tokyo que la star de la pâtisserie française, Pierre Hermé, a ouvert jeudi son premier «bar à chocolat», dans un quartier branché de la capitale. Le pâtissier alsacien veut «faire découvrir aux Japonais des choses sur le chocolat, le mettre en valeur comme un bijou».
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