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Jeudi 09 Avril 2026
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Joutia de Rabat : Des milliers de CD et de DVD piratés saisis par la police judiciaire

A joutiat Semmarine, des milliers de CD et de DVD ont été saisis lundi dernier par la police judiciaire. Les vendeurs concernés se sentent lésés et vivent un véritable deuil. Leur perte se compte par des centaines de milliers de dirhams. Selon la police,

Joutia de Rabat : Des milliers de CD et de DVD piratés saisis par la police judiciaire
Les propriétaires des magasins affirment, quant à eux, que leur activité ne fait du mal à personne puisqu'ils ne piratent pas les productions nationales. «On nous a tout pris: les films américains et égyptiens alors qu'ils ne cherchaient que les CD piratés marocains. Aucun de nous n'ose pirater un film marocain ni même un nouveau film.

On respecte nos œuvres nationales», s'exclame un jeune qui travaille dans ce domaine depuis voilà deux ans. Son métier, il ne l'a pas choisi. Après avoir obtenu la licence en économie en 2002, il était livré au chômage. Ses connaissances en informatique l'ont beaucoup aidé à intégrer le domaine du piratage pour en faire un gagne-pain. Mais, «jamais, je ne touche aux films marocains », ne cesse-t-il de répéter.

En fait, des centaines de personnes vivent de ce secteur.
«Arriver du jour au lendemain et saisir notre marchandise est un coup assommant pour nous. J'ai perdu 220.000 dirhams.», se plaint un quadragénaire qui a été obligé de fermer son magasin car tous ses CD ont été confisqués. Il est novice dans le domaine du piratage. Le métier de menuisier qu'il pratiquait n'étant plus rentable, il a décidé depuis deux mois de changer d'emploi.

Ses collègues se demandent pourquoi la campagne n'a concerné que quelques magasins seulement alors que le piratage est une activité prospère partout à Rabat et au Maroc.

«La campagne doit se faire partout dans la capitale. On s'est contenté de quelques magasins. A mon avis, il faut qu'elle touche tous ceux qui s'adonnent à cette activité pour que personne ne se sente lésée », souligne un autre jeune.
L'amine de la joutia de Semmarine, Chenouaï Mustapha, explique qu'avant la campagne, des contrôleurs se rendaient régulièrement sur cet endroit pour inspecter l'état des lieux. Ils étaient en quête de CD marocains et des nouveaux films. «Ils ont appris que trois personnes appelés El Mehdi, Toufik et «le médecin» ont des stocks importants de CD et l'on ne pouvait pas les laisser sans contrôle.

C'est pourquoi ils ont visé ces magasins. Mais, confisquer tous les CD est-il la vraie solution ? », dit Chenouaï Mustapha. Il ajoute qu'il est primordial de trouver une alternative à la problématique de piratage. Certes le Centre cinématographique marocain a invité l'amine à plusieurs reprises à discuter du sujet. Mais, le dialogue n'aboutit jamais à rien. Les responsables du CCM essaient autant que faire se peut de préciser que le phénomène de piratage est interdit et puni par la loi ; chose que connaissent tous ceux qui sont impliqués dans ce métier. Même le client en est au courant.

Pour les particuliers, l'éradication du piratage passe inévitablement par une politique des prix plus appropriée aux revenus des utilisateurs. Le prix des logiciels ou des films originaux dépasse la capacité d'achat du client qui ne peut qu'encourager le piratage et se féliciter de l'ingéniosité de ceux qui le pratiquent.
« Il faut une loi qui protège ceux qui travaillent dans ce domaine et qui ne nuisent pas à la production nationale. Trouver une solution s'avère nécessaire. Ces personnes doivent-elles payer une taxe ou faire des numéros de série à leurs CD ? », affirme l'amine de la joutia.

Malgré la campagne de saisie des CD, les propriétaires de magasins de joutia Semmarine sont déterminés à continuer à pratiquer la même activité.
D'ailleurs, certains d'entre eux ont compris l'astuce depuis fort longtemps. Ils ont des graveurs chez eux. La vente se fait dans la rue sans craindre l'irruption des contrôleurs, leur marchandise étant facilement transportable.

Le dilemme reste posé. Le piratage fait, en effet, vivre des milliers de personnes. Mais il conduit en même temps à la ruine des artistes et des auteurs.
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