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Samedi 30 Mai 2026
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La foule se presse sur le trajet de la procession Royale : Devant la médina, ils sont venus, ils sont tous là

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Cette soirée était tellement attendue par les Fassis de dame médina qui allait être comblée par cette joie d'accueillir en même temps son Roi et son Prince. On s'était passé la consigne que la prière d'Al Icha serait le bon moment pour se trouver un endroit opportun pour voir de plus prêt ce merveilleux cortège comme on n'en aura que rarement une autre opportunité de contempler.

Voici pourquoi les chaleurs qui sévissaient sur les remparts de Bab Boujloud, Bab Mahrouk, Bab Boujate, Bab Dkaken, et autres, ne pouvaient décourager ces centaines, ces milliers de gens de tous les âges, de toutes les sources, des dames autant que des hommes, sinon plus, de se diriger vers une destination et une seule : Talâa Seghira, par là même où sa Majesté et notre Prince Héritier Moulay El Hassan allaient passer incessamment ce soir là.

Avec le coucher du soleil, une brise commençait à caresser tout ce décor féérique, et donnait un sacré confort à toutes ces gens, qui avaient maintenant tout un chacun à sa façon, trouvé un petit coin où se blottir, et qu'on allait défendre de toutes ses forces jusqu'au moment si convoité, celui où le cortège passerait à proximité.

L'artère elle-même était interdite au passage, sécurité oblige ! On avait tout de même permis un geste que d'aucuns appréciaient du fond du cœur ! On avait laissé la liberté à presque toute les shops longeant l'avenue Talâa de garder leurs négoces ouverts, ce qui leur donnait une opportunité unique ! Celle de pouvoir admirer leur Roi et Prince de si prêt ! Certains avaient même, comme on pouvait le remarquer, convié leurs familles pour être de la fête ! Pour la circonstance, on avait étalé un banc de sable au tout milieu de cette avenue dallée, mais de pente descendante, afin que le cheval Royal puisse y descendre en toute sécurité.

La médina de Fès, comme on le sait, est bâtie sur une belle vallée, avec le mausolée de Moulay Idriss, son fondateur juste au fond, là où la pente commence à remonter vers l'autre flanc, celui qui mène vers l'autre portail de la citadelle, Bab Ftouh. Ce qui revient à dire, que chaque fois qu'on entre au sein de la médina, que ce soit à l'est, par Bab Ftouh, ou à l'ouest par Bab Boujloud (celle empruntée par le cortège Royal, ce soir-là) ou même par Bab El Guissa, au sud, et Bab Jdid au nord, on ne saurait éviter d'entamer l'inévitable descente qui mène vers les grandes mosquées, et medersas, telles Al Karaouine, Moulay Idriss, Sidi Ahmed Tijani, ainsi que vers ces quartiers où regorgeaient ces merveilleux riads et palaces, tels Seffarine, Boutouile, Sbaâ Louyates, Kettanine, Nekhaline, et j'en passe volontiers.

Soudain les nombreux Muezzine des mosquées des environs se lançaient sur un sacré récital d'appels à la prière d'Al Icha ! Dans les parages, la nombreuse assistance médiatique commençait à grouiller en guise de derniers préparatifs.

On appliquait les dernières retouches, tout en gardant un œil furtif mais plein d'attention sur cette énorme Khaima, frappée aux couleurs nationales, et qu'on avait si savamment installée en plein milieu de cette grande artère menant de Sahat Boujloud, notre Jamaâ Lafna, à la grande porte Bab Boujloud, à travers laquelle passera d'une minute à l'autre le cortège Royal, à destination de Moulay Idriss. C'est justement là au sein de cette grande Khaima que Sa Majesté et Moulay El Hassan monteront à cheval tout juste avant de prendre cet énorme bain de foule qui attend maintenant depuis des heures. Sans la moindre lassitude.

On pouvait juger de l'imminence de l'événement rien qu'en jaugeant la fréquence des va-et-vient de tous ces officiels endimanchés qui veillaient jusqu'aux plus petits détails. Et puis le rideau s'ouvrit, et là, juste tout prêt, une merveilleuse image s'offrait aux yeux, Sa Majesté Mohammed VI, saluant d'une main cette foule qui maintenant criait et chantait ses joies infinies, et de l'autre retenait vers lui notre grand Prince Héritier Moulay El Hassan, qui, malgré ce temps tardif pour son âge, et en dépit des hourras, youyous, et de ces milliers de décibels émanant de partout, gardait toute sa sérénité et offrait un sourire à ravir, regardant d'un côté puis d'un autre, comme s'il disait à toutes ces merveilleuses gens venues le saluer et célébrer sa fête : je vous embrasse tous du fond du cœur, et je vous remercie tous pour vous être joints à ma fête !
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