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Samedi 13 Juin 2026
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«Le cinquantenaire des FAR revêt une signification profonde et symbolique»

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La célébration du cinquantenaire des Forces Armées Royales (FAR) sur Hautes instructions de S.M. le Roi Mohammed VI, Chef suprême et Chef d'état-major général des FAR, qui sont le pilier de l'indépendance, revêt une «signification profonde et symbolique aux dimensions grandioses, l'événement faisant partie intégrante de l'anniversaire de l'indépendance et de l'affranchissement», a souligné Abdelhaq Mrini, Directeur du Protocole Royal et de la Chancellerie.

Dans un entretien accordé à la MAP, à l'occasion de la célébration du 50e anniversaire des FAR, A. Mrini rappelle que les Forces Armées Royales, créées le 14 mai 1956 à l'aube de l'indépendance et de la liberté, ont accompagné l'édification de cette indépendance en développant leurs capacités de défense, leur armement et la formation des officiers, sous-officiers et hommes de troupe tout en se tenant, telle une forteresse inexpugnable, face à toute velléité d'atteinte à l'unité du pays et à ses frontières légitimes.

M. Mrini a rappelé aussi que les FAR ne se sont pas confinées dans le rôle d'institution exclusivement tournée vers les tâches de défense, citant à ce propos leur contribution efficace à la réalisation de nombreux projets de développement dans les différentes régions du Royaume, ainsi qu'à diverses opérations de secours des victimes de catastrophes naturelles.
Evoquant les origines des FAR, M. Mrini a précisé qu'elles remontent au noyau constitué dès l'accession du Maroc à l'indépendance grâce aux efforts déployés en matière de défense par leur premier chef suprême, feu S.M. Mohammed V, et leur premier Chef d'état-major général, le Prince héritier de l'époque, feu S.M. Hassan II, que Dieu les ait en sa Sainte miséricorde.
Après avoir souligné que la fondation de ces braves forces a été un motif de fierté dans l'histoire militaire du Maroc moderne et du combat mené par le peuple pour la liberté et l'indépendance, M. Mrini a fait remarquer que c'est grâce à cette institution que l'unité du pays a été consolidée et son prestige sauvegardé et que le Royaume s'est mis à l'abri des aléas du temps.
C'est d'ailleurs consécutivement à la création des FAR qu'il y a eu l'évacuation des forces étrangères du pays, a rappelé M. Mrini.

Le commandement suprême, a-t-il encore rappelé, a progressivement entrepris l'intégration de l'Armée de Libération au sein des FAR, la formation des hauts cadres militaires dans différentes académies nationales et étrangères, l'approvisionnement des armées de terre, de l'air et de la marine en armements modernes, la réforme du statut de l'armée, le développement de son commandement et la mise en place des institutions qui en dépendent, notamment la Gendarmerie royale, le ministère de la Défense, le Haut conseil national de la défense et le tribunal militaire.

C'est ainsi, a dit M. Mrini, que les FAR ont acquis pleinement la capacité d'assurer la défense, l'indépendance et l'intégrité territoriale du pays, comme elles ont pris l'envergure d'un facteur essentiel pour le progrès du pays et la prospérité du peuple dont elles sont partie intégrante, avec leur attachement indéfectible à leur devise éternelle : «Dieu, Patrie, Roi».
M. Mrini a noté, d'autre part, que les importantes communications prévues dans le cadre de la Caravane de l'histoire militaire et du livre iront enrichir la bibliothèque nationale qui connaît une «insuffisance notable» en la matière, comme elles seront d'un apport appréciable pour les études, les essais et les recherches sur le sujet.

Les rencontres programmées pour cette caravane inciteront également les spécialistes à approfondir leurs recherches en vue de dépoussiérer, au grand bonheur de leurs lecteurs, les multiples facettes de l'histoire des réformes militaires, de l'armement, de la conscription, de la formation militaire, des arsenaux, voire de la littérature du Jihad. Les activités prévues dans le cadre du cinquantenaire des FAR donneront certainement une impulsion aux recherches sur l'histoire militaire, ce qui ne manquera pas de remettre sous les feux de la rampe leur passé plein de gloire et de conduire à un acte de mémoire qui se traduirait par la création d'un Centre de recherches et de documentation sur l'histoire militaire, a précisé M. Mrini.

Le cinquantenaire est aussi l'occasion de rappeler l'importante contribution de l'armée, aux côtés des différentes autres autorités, à la consolidation de la sécurité dans le pays et à la mise en échec des manœuvres ourdies contre la légitimité, a ajouté M. Mrini, citant à titre d'exemples l'épopée de la construction de la «Route de l'Unité» en 1957 et celle de la Marche verte pour la récupération en 1975 du Sahara marocain et son rôle efficace dans la formation des jeunes aux technologies avancées. Tout en étant membres des FAR, ces femmes et hommes ainsi formés rendent de précieux services, chacun selon sa spécialité, dans les domaines du développement et du progrès technologique, économique, social et urbanistique, a-t-il dit.

Les jeunes lauréats de l'école des FAR, c'est-à-dire celle de la spiritualité saine, du patriotisme véritable et de l'éthique pure, a-t-il poursuivi, sont des soldats du pays en temps de guerre comme en temps de paix et demeurent, en parfaite harmonie avec les pouvoirs civils, en constante disponibilité à intervenir pour parer à toute éventualité, que celle-ci soit l'œuvre de la nature ou de l'homme.
A propos de l'ouvrage qu'il avait publié en 1967 sous le titre «L'armée marocaine à travers l'histoire» et réédité en 1998, A. Mrini a affirmé que ce fut le point de départ pour les écrits sur l'histiore de l'armée marocaine depuis l'avènement de l'Islam à la Marche verte en passant par les différentes dynasties ayant régné sur le Maroc et façonné son identité.

L'ouvrage met en évidence le caractère évolué de l'armée marocaine à travers les âges, aussi bien au plan de l'entraînement, de l'armement et de l'organisation, qu'à celui des batailles décisives qu'elle avait livrées à l'intérieur et à l'extérieur du pays et du courage dont les troupes ont toujours fait preuve, sous le commandements des princes et souverains marocains, pour assurer la défense du pays face à la sédition intérieure et aux assauts extérieurs.

L'auteur y évoque aussi la participation héroïque des troupes marocaines aux grandes guerres qui ont eu un si grand impact sur le cours de l'histoire, ainsi qu'à la guerre d'octobre 1972 pour la défense de la terre arabe, ou encore aux opérations de maintien de la paix en Afrique, en Europe et en Orient, pour le bien des peuples et pour leur permettre de vivre en paix, dans la liberté et la dignité.

M. Mrini a rappelé que les pages de cet ouvrage renferment de nombreux documents, photos et cartes qui sont autant de raretés, ainsi que des morceaux de poésie à la gloire de l'armée marocaine. Il s'agit d'un ouvrage narratif, consignant les évènements, faits et actes dans un style simple de façon à être à la portée des cadets des académies militaires, ce qui en fait une œuvre unique résumant tout ce qui a trait aux aspects militaires à travers la longue histoire du Maroc.

A la différence des œuvres des chercheurs privilégiant l'étude, l'analyse et la critique approfondie d'un pan déterminé de l'histoire militaire du pays, cet ouvrage est une sorte d'entrée en matière pour les hautes études, universitaires ou autres, avec un intérêt tout particulier pour «l'Armée ismaïlienne», les réformes militaires sous le règne de Hassan 1er, les armées des Almoravides et des Almohades, les armes anciennes, l'évolution de l'armée marocaine et de ses réformes au 19e siècle, les armes à feu des Saâdiens, l'organisation de l'armée sous le règne des Alaouites, la Guerre de Tétouan, la résistance de Ouattassides contre l'occupation ibérique, le Jihad maritime et ses flottes, «le Maroc et les deux Guerres mondiales», la résistance marocaine contre l'occupation française et espagnole, la Guerre du Rif, «le Maroc et la Guerre civile espagnole», l'organisation militaire au sein de l'Etat marocain, «le Maroc et la Révolution française», la vie militaire sous les Mérinides, les ouvrages militaires romains en Mauritanie tingitane, les traditions militaires au Maroc et le bâtiment militaire dans les villes marocaines.

Les FAR, a-t-il souligné, ne se sont pas contentées d'intervenir pour faire régner la paix chaque fois que le besoin s'en fait sentir et de couper court aux vaines tentatives de qui voudrait jouer au plus fin, comme c'est le cas au Sahara, mais elles ont à leur actif des opérations loin du sol national au secours de pays du Machrek, d'Afrique et d'Europe, soit pour aider ces pays à se défendre (Egypte, Arabie Saoudite, Syrie, Golfe), soit pour apporter aides et réconforts (Centrafrique, Somalie, RD Congo, Bosnie Herzégovine et Haïti), soit pour participer au rétablissement et au maintien de la paix.

Dans toutes ces opérations, les contingents des FAR ont toujours été à la hauteur de leur réputation de troupes au moral élevé, courageuses, justes et exemplaires en matière de solidarité humaine, au service de la paix mondiale.
Quant à l'évaluation de la place et du rôle de la femme au sein des FAR, M. Mrini a rappelé que l'histoire du Maroc compte de nombreuses héroïnes, des femmes guerrières, telles «Assayida Al-Horra» qui, du temps des Ouattassides, avait combattu les corsaires sur les côtes marocaines, Itto bent Hammou, qui avait participé à la lutte contre la pénétration française dans le pays Zayane, et Faïda Hassan, qui fut aux côtés des moudjahidine lors de la guerre du Rif contre les Espagnols.

La femme marocaine a eu également après l'indépendance un rôle dans la résistance, avant de commencer à s'enrôler dans les rangs des trois armes, particulièrement dans les services de télécommunications, de santé militaire, de la Gendarmerie et de l'administration militaire : partout dans ces services, il y a des officiers et sous-officiers au féminin qui travaillent, aux côtés de leurs collègues au masculin, avec compétence et dévouement, a-t-il souligné.

M. Mrini a relevé que la conscience quant aux rôles de la femme aux plans de la pédagogie, du social et de l'assistance, fait que les services sociaux des FAR regorgent d'assistantes sociales chargées de la gestion des colonies de vacances organisées en faveur des enfants des militaires, de l'assistance aux familles en cas de besoin et de l'examen des problèmes sociaux des troupes et des leurs en vue de leur trouver des solutions.

La femme marocaine, qu'elle soit civile ou militaire, est un soldat au service du pays et de sa société, qu'elle sert avec compétence et haute considération, a-t-il dit.
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