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Le coût de la logistique reste cher au Maroc

Comme le montre une étude de la Banque mondiale qui sera présentée aujourd'hui à Casablanca

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Malgré les avancées réalisées par le Maroc pour la facilitation du commerce, le coût de la logistique reste très cher. En effet, les coûts logistiques totaux du Maroc s'élèvent à environ 20% du PIB, selon une étude qui vient d'être publiée par la Banque Mondiale et dont les grandes lignes doivent être dévoilées aujourd'hui à Casablanca lors d'un forum qu'organise le ministère de l'Equipement et des Transports sur le thème "Logistique, facteur clé de compétitivité : approche partenariale public-privé".

L'étude de la Banque Mondiale montre que ce ratio est supérieur à celui des pays de l'Union européenne, y compris ceux qui l'ont rejoint en 2004 et dont le ratio se situe entre 10 et 16% du PIB. Le retard du pays dans ce domaine est également manifeste en le comparant aux grands pays émergents comme le Mexique, le Brésil et la Chine, dont les coûts logistiques sont compris entre 15 et 17 % du PIB.

Ce qui montre que le Maroc a du chemin à parcourir pour s'aligner sur les ratios de ses partenaires et ses concurrents commerciaux et profiter enfin d'un avantage comparatif dont il se prive actuellement, à savoir sa proximité de l'Europe.

En effet, selon les auteurs de l'étude, cette proximité est un atout unique pour le Maroc qui doit être pleinement mis à profit. «A l'heure où, sur les grandes lignes maritimes, les navires porte-conteneurs vont de plus en plus vite et le coût unitaire de transport d'un conteneur est de plus en plus faible, le Maroc conserve, malgré tout, un avantage par rapport à l'Asie.

Ainsi, un conteneur effectuant le trajet Shanghaï-Anvers ou Singapour-Hambourg coûte environ 1.300 euros mais seulement 500 à 600 euros de Hambourg à Casablanca ou d'Anvers à Tanger», expliquent-ils. L'avantage comparatif du Maroc sur le marché européen, concluent-ils, réside dans sa capacité à s'intégrer dans des cycles courts de production.

La situation actuelle de la logistique au Maroc, telle qu'elle est diagnostiquée par la Banque Mondiale, s'explique par plusieurs facteurs.
Il s'agit d'abord, précise-t-on, du faible développement des prestataires logistiques et du manque de sensibilisation à l'importance de la logistique parmi les entreprises marocaines, du prix élevé d'accès au foncier (notamment dans la région de Casablanca) pour les plates-formes logistiques et de l'environnement fiscal ou réglementaire (comme le manque de développement des stocks sous douanes dans les entreprises exportatrices).

De même, ajoutent les auteurs de l'étude, les coûts et délais du passage du détroit, à l'exportation, «constituent une entrave majeure pour le transport international routier» et le temps d'attente reste une contrainte forte qui résulte pour partie de la non séparation entre les trafics passagers et marchandises. Les coûts et délais à l'importation, liés au passage portuaire à Casablanca, sont également trop élevés, sans oublier la vulnérabilité du transport routier aux activités illégales.

Toutefois, cette étude a souligné que le Maroc s'est déjà engagé dans le développement de sa logistique, avec des réalisations à citer comme la modernisation du transport routier de marchandises, l'amélioration de la sûreté de la chaîne logistique, la généralisation de l'échange des données informatisées (EDI), la facilitation des passages portuaires et du détroit, le développement de plates-formes logistiques et le développement de la formation.

Pour capitaliser sur ces avancés et jeter les bases d'un vrai développement de la logistique au Maroc, le rapport propose un plan d'action axé sur deux grands objectifs principaux.

Il s'agit de l'amélioration de la logistique extérieure du Maroc, notamment, dans sa relation avec l'Union européenne et du développement de la logistique comme vecteur d'activité au Maroc, à la fois au travers du développement de nouveaux services, mais aussi par la diffusion d'attitudes et pratiques modernes dans les entreprises marocaines exportatrices ainsi que celles qui produisent sur le marché local.

La mise en œuvre d'un tel plan d'action est très prometteur, puisque la logistique, comme le rappelle cette nouvelle étude, a un rôle déterminant dans la compétitivité de l'économie marocaine, en créant de la valeur ajoutée et de l'emploi. Elle pourrait permettre d'intégrer au Maroc des fonctions de l'entreprise qui sont encore réalisées en Europe.

Elle pourrait aussi, selon les conclusions de l'étude, dynamiser l'économie marocaine, en faisant apparaître de nouveaux services indispensables aux multinationales comme l'émergence de prestataires logistiques, de plates-formes logistiques qui sont créatrices de valeur ajoutée et permettent la montée en gamme de l'économie marocaine. Pour présenter les grandes lignes de cette étude, le ministère de l'Equipement et du Transport organise aujourd'hui à Casablanca un forum qui regroupera les différents acteurs qui interviennent dans le secteur.

La séance d'ouverture du Forum sera présidée par Karim Ghallab, ministre de l'Equipement et du Transport et verra également la participation de Théodore Ahlers, directeur du département Maghreb à la Banque Mondiale.
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