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Le réveil des sens

Le peintre Abdelbassit Ben Dahman exposera ses œuvres à partir du 6 et jusqu'au 27 décembre 2007, dans l'espace de la galerie Venise Cadre.

Le réveil des sens
L'œuvre de ce peintre tangérois est une vraie mise en scène qui procède par « juxtapositions kaléidoscopiques », partagées entre présence et absence. Il s'agit d'une contemplation d'un monde éphémère et en même temps bien réel.
C'est aussi la (re)découverte d'un artiste, qui, disons-le, se lance dans un nouveau
territoire.

En effet, la peinture de Ben Dhamne se démarque de «toute figuration répertoriée, académique, naïve, surréaliste, exotique ou réaliste socialiste». Ainsi, les toiles qui seront accrochées sur les cimaises de la galerie Venise Cadre à partir de ce jeudi, dévoileront la démarche unique et décalée de cet artiste par rapport aux préoccupations plastiques de l'art contemporain. Abdelbassit Ben Dahman n'est pas un peintre comme les autres, il ne cède pas à l'exercice de la facilité ostensible, mais plutôt se fait un point d'honneur de marier deux systèmes de représentation : dessin et couleur linéaires et picturaux. Des représentations qui mettent en présence la «beauté de l'essence» face à la «beauté du devenir». Ses travaux sont, du coup, un mélange entre rêve et réalité. Affirmant leur présence, ses personnages disparaissent par la suite dans «les plis des voiles de la splendeur et de la retenue».

Des visages au réalisme saisissant (des modèles vivants féminins souvent en mouvement) obéissent à une unité esthétique et donnent ainsi naissance à une rythmique fragmentaire qui recompose ces corps symboliques.
La peinture à l'huile de Ben Dahman privilégie les grands formats, qui favorisent «le meilleur déploiement des gestes» et qui permettent également au peintre de dompter l'espace de ses toiles.

Certes, Ben Dahman est très proche de cette peinture orientaliste, mais selon le critique d'art Khalil M'Rabet, notre peintre a réussi à ne pas tomber «dans l'orientalisation de l'orientalisme où des artistes deviennent les épigones des peintres dits orientalistes pour plaire au marché local embryonnaire». «Les artistes doivent garder leurs styles et les mettre à l'abri de toute dérapage d'ordre commercial. La vraie création n'obéit pas aux contraintes, ni aux exigences de l'offre et de la demande», a déclaré Ben Dahman.

Né à Tanger en 1952 dans une famille d'artistes, Abdelbassit Ben Dahman, a été depuis toujours fasciné par le dessin.
Enfant, il reproduisait les tableaux de Rembrandt, Murillo et Ribera. Sa passion pour la peinture l'avait conduit à s'inscrire à l'école des arts appliqués de Casablanca.

Enseignant d'arts plastiques dans un lycée tangérois, il n'a pas cessé depuis les années 1970, période où il avait organisé sa première exposition, d'apurer les couleurs et de marier les tons.
Quoi donc de plus naturel que de reproduire les bribes de souvenirs de cette enfance passée dans une ville qui a inspiré les grands peintres, notamment Delacroix et Matisse ?
On l'avait bien compris, Ben Dahman avait refusé et refuse toujours d'emprunter les sentiers battus.

A cet égard, l'exposition qu'il va monter à Casablanca reflète sa volonté d'exister et de continuer une œuvre unique et surtout recherchée.
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