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Lundi 08 Juin 2026
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«L'année 2006 est celle de la relance de la boxe»

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Chaque fois que la boxe marocaine est évoquée, le souvenir des années d'or refait surface. Il revient plus intense que jamais, plus reluisante. Des noms prestigieux se placent au grand jour. Ceux des boxeurs voire ceux des dirigeants. Tous ont laissé des souvenirs impérissables de leur passage soit sur le plan de la gestion soit sur les rings nationaux ou internationaux. Les noms de feu Haj Belyout Bouchentouf, ex-président de la FRMB, et des frères Achik, respectivement médaillés d'argent et de bronze des Jeux olympiques de Séoul et Barcelone, resteront à jamais gravés dans la mémoire du noble art marocain.

Aujourd'hui, c'est une tout autre équipe qui prend les rênes du noble art marocain. Elle encadre de nouveaux venus pour réaliser une mixture loin d'être désagréable au goût. A sa tête, Abdeljaouad Belhaj, un passionné de la boxe, un enfant du peuple déterminé à redorer un blason sérieusement terni. Toute l'équipe fédérale est engagée dans un processus de restructuration, de recyclage, de rajeunissement et de modernisation et de formation. Cependant, le chemin est encore long car dans la boxe marocaine, ce sont les mentalités qu'il faut changer… plus que les hommes !

Afin de jeter davantage de lumière sur un sport qui moissonnait, aux côtés de l'athlétisme, le plus grand nombre de médailles, nous avons interviewé Mohamed Loumani, président- délégué de la Fédération royale marocaine de boxe. Ses propos.

«Les deux médailles de ce championnat du monde juniors ne sont pas un résultat fortuit. Après l'accord donné à notre pays par la Fédération internationale pour organiser le championnat du monde junior, la FRMB s'est attelée à former une équipe jeune et représentative. Mais une équipe nationale émane des clubs. Ces derniers manquant flagrant de structures, de moyens et de salles, nous avons constitué ce que l'on peut appeler "une équipe maison" qui est entrée en concentration depuis le 1er janvier jusqu'au 6 septembre 2006.

Ils ont été au centre de Bourgogne, à la Maamora, au Moyen Atlas (Azrou), puis Casablanca, puis on est revenu à Casablanca et le 1er septembre, nous sommes allés à Agadir. La préparation s'est faite sous la houlette de deux cadres nationaux, en l'occurrence Hanafi et Mesbahi. Ce résultat probant, donc, n'est pas venu du néant. Il est le fruit d'une conjugaison d'efforts entre le technique, l'administratif et le médical. Au départ, il y avait 11 boxeurs.

Malheureusement, nous avons un déficit au niveau des plus de 80 kg. Nous avons donc présenté 7 boxeurs parmi lesquels il y a un MRE, Badji Fouad. Il a été retenu en équipe de France. Mais il a décliné l'offre française pour défendre les couleurs de son pays d'origine. Un autre boxeur également réside à l'étranger, aux USA (Los Angeles) pour être exact, il s'appelle El Harrak. Il vient au Maroc à ses propres frais.

Sur 28 combats, il n'en a perdu que 3 ! Ce sont là des fiertés et des atouts pour la sélection marocaine. El Harrak va prendre part à la Coupe de Sa Majesté le Roi Mohammed VI dans les 64 kg. Je peux vous dire que le Maroc dispose d'une sélection jeune, talentueuse qui sera représentative pour les qualifs des Jeux olympiques de 2008 à Pékin. Ces deux médailles étaient inattendues, il faut l'avouer. Mais avec les efforts conjugués, et la volonté, le défi a été relevé.

Maintenant c'est une nouvelle politique qui s'installe. De la rigueur, de la discipline mais également de la récompense. Nous travaillons dans un climat de confiance. Les jeunes boxeurs nous font confiance, les encadreurs nous font également confiance. Puis ces derniers, avec un esprit jeune, ont tout de suite fait l'unanimité au sein des boxeurs. Cette jeunesse qui marque le noble art marocain ne peut être que génératrice de bons résultats.

C'est la première fois que le Maroc dispose d'une équipe juniors. Malheureusement, cette politique n'a pas été suivie au début par manque de moyens. Une fois encore, nos clubs traînent. Il y a des clubs où le président fait office d'entraîneur, de trésorier. Et c'est grâce à ces hommes et à leur propre argent que ces clubs arrivent à survivre.

Il faut les remercier voire les féliciter et les récompenser. La boxe nationale se sent à l'étroit dans ses ambitions ! En janvier, nous avons présenté un dossier de mise à niveau aux pouvoirs publics.

Je pense que c'est légitime. Car la discipline qui a toujours apporté des médailles après l'athlétisme, c'est la boxe. Mr Zidouh, secrétaire général du secteur Sport, m'a promis qu'il réglerait ce problème après le mois de Ramadan. Je pense que la fédération se réorganise via la restructuration, les statuts (car il faut qu'ils suivent ce mouvement que le président Belhaj et son comité entendent donner à la boxe nationale). Nous pensons faire de l'année 2006 celle de la relance du noble art marocain. Nous avons besoin de moyens, les clubs ont besoin de moyens, pour que la boxe au Maroc reprenne sa place au sein du gotha international. Nous avons des boxeurs qui peuvent devenir des pros.

Et tout le monde nous encourage à créer cette commission de boxe professionnelle.
Il y a 80 clubs pour 2.600 licenciés. Mais seuls 160 sont des boxeurs de compétition et non pour le plaisir. Nous allons faire la nette distinction entre ces deux catégories.

Des efforts également ont été fournis au niveau de l'encadrement. Dans ce sens, lors du championnat du monde, le président Belhaj a pris contact avec la fédération française pour organiser des stages au profit des éducateurs marocains.

Des stages de recyclages au profit des encadreurs marocains sur 4 ans seront également organisés par la FRMB. Je pense que la formation est la seule issue pour avoir une discipline saine. La boxe n'est pas ce "jeux de mains, jeux de vilains", la boxe est un art. Cette image, je lance un appel à tous les intervenants, aux médias pour la changer », conclut le président- délégué de la FRMB. Et ce n'est pas pour rien que la boxe s'est forgé le sobriquet de «noble art». On peut échanger des coups, des coups même violents. Mais rien n'empêche que l'on se serre la main après.
Après tout, la boxe est un sport comme les autres. Qu'on se le dise !
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