Nation

Brice Hortefeux

«La politique d'immigration de la France respecte scrupuleusement les droits de l'Homme»

LE MATIN

Le Maroc et la France ont mis en place un nouvel organe de coopération qui tiendra sa première réunion à Skhirat les 27 et 28 janvier. Les 400 participants à ce Forum débattront de «la coopération décentralisée au service des populations et des territoires». L'ouverture des travaux se fera en présence de Taïb Fassi Fihri, ministre délégué aux Affaires étrangères et de Brice Hortefeux, ministre délégué français aux Collectivités territoriales.

- Le MATIN : Vous venez au Maroc pour participer au Forum franco-marocain de la société civile. Quel est l'objectif de cette réunion?

- Brice Hortefeux :
Ma participation au forum civil de partenariat à Skhirat poursuit un objectif précis : il s'agit de saluer et de soutenir une forme nouvelle de coopération franco-marocaine. Près de 400 personnalités représentant tous les horizons de la société civile de nos deux pays seront présentes. Permettez-moi, d'ailleurs, de rendre hommage aux deux co-présidents, MM. Abdel Ali Doumou et Jean Roatta, qui oeuvrent depuis plus d'un an pour faire de ce forum un moment fort de partage d'expériences et de savoir-faire.

- Driss Jettou et Dominique de Villepin s'en sont encore récemment félicités : la coopération politique et économique entre Rabat et Paris est exemplaire. Mais, au niveau de la société civile, il y a moins de dynamisme. Quelles recettes attendez-vous de ce forum pour aussi progresser dans ce domaine ?

- Le Premier ministre, Dominique de Villepin, l'a rappelé, la coopération politique, scientifique et économique entre nos deux pays se porte bien et ce, depuis longtemps. Les liens qui unissent la France et le Maroc sont aussi forts que précieux.

S'agissant des relations au sein même de la société civile, je serais, certainement par nature, plus optimiste que vous. Ces relations se développent progressivement que ce soit au niveau des entreprises, des universités, des organisations non-gouvernementales et du secteur associatif.

Elles portent en elles un véritable potentiel de dialogue, d'échanges et de réalisations concrètes au bénéfice direct de nos deux peuples. Le forum de Skhirat mettra en lumière ces premières avancées dans les domaines économique et social bien entendu, mais aussi dans des champs de compétence plus ciblés comme la formation professionnelle ou le développement urbain.

- Il ne se passe pas de mois sans visite officielle des représentants d'une région espagnole. En comparaison, les régions françaises semblent bien discrètes. Or, c'est à ce niveau local que l'implication des universités, des entreprises, des ONG pourrait donner une intensité nouvelle à la coopération de nos sociétés civiles. Dans cette perspective régionale, quels chemins différents préconisez-vous ?

- Permettez-moi de nuancer votre analyse. Les régions françaises sont belles et bien présentes : sur les 22 régions françaises, 10 ont des accords de coopération avec des régions marocaines. L'on recense plus de quarante partenariats à l'œuvre au titre de la coopération décentralisée et ce, dans les domaines les plus divers, de la formation des élus à la requalification d'un quartier de la médina de Marrakech. Ces initiatives sont-elles suffisantes ?

Certainement pas, votre remarque en témoigne. Nous devons donner un nouvel élan à la coopération de nos régions, et le forum de Skhirat, de par son originalité qui consiste à rassembler des partenaires très divers, y contribue grandement.

- Pour S.M. le Roi Mohammed VI, l'éducation est l'une des clés du développement humain. Dans ce domaine, aussi bien que pour l'ensemble de l'INDH, où en est la coopération entre la France et le Maroc ?

- L'éducation est le secteur qui représente l'essentiel de notre coopération. Les établissements français au Maroc accueillent 19.000 étudiants marocains, mais il faut aussi prendre en compte les 30.000 étudiants marocains en France, dont 1.000 boursiers du gouvernement français. Par ailleurs, nous apportons un appui à la réforme éducative au Maroc. La coopération française a aussi pleinement intégré la notion du développement humain. Les priorités affichées par les autorités marocaines font l'objet d'une mise en œuvre programmée de notre part.

Nous soutenons, par exemple, le programme « villes sans bidonvilles » et nous avons mis en place un Fonds social de développement pour les populations les plus vulnérables. Par ailleurs, notre programme d'appui au renforcement des soins de santé de base, actuellement en phase de démarrage, a pour objectifs la réduction de la mortalité infantile et l'amélioration de la santé maternelle.

Au sein du monde rural, nous finançons notamment un programme d'électrification globale, un programme d'approvisionnement en eau potable et un programme national de routes. L'ensemble de ces actions représente, au total, un engagement financier de plus de 250 mille euros de la part de la France.

- Nicolas Sarkozy, dont vous êtes le ministre délégué, parle désormais d'une «immigration choisie». Mais ce genre de politique, positive pour la France, ne serait-elle pas négative pour le Maroc dans la mesure où elle risque de favoriser la fuite des cerveaux et donc d'entraver le développement du Royaume ?

- Comprenez-moi bien : pour Nicolas Sarkozy, ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur et de l'Aménagement du territoire et président du premier mouvement militant et parlementaire de France, l'immigration choisie ne signifie pas fuite des cerveaux. Bien au contraire ! L'objectif de la nouvelle politique française de l'immigration est de permettre à des étudiants ou à des professionnels de haut niveau d'acquérir une formation et une expérience en France afin de la mettre ensuite au service du développement de leur pays d'origine.

- Monsieur Sarkozy dit aussi que le nombre des immigrés ne devant pas dépasser les «capacités d'accueil» de la France et qu'il lui donc faut veiller à ce que le regroupement familial et les mariages avec des étrangers ne soient pas détournés de leurs objectifs légitimes. Mais la patrie des droits de l'Homme ne prend-t-elle pas ainsi le risque d'une dérive vers l'injustice ?

- Il n'est pas souhaitable de faire venir des personnes en France quand on n'a ni logement ni travail à leur proposer. On les condamne à des conditions de vie indignes et au risque de l'exclusion. C'est sans doute cela la première injustice. Soyons cependant bien clairs : il n'est pas question pour la France de remettre en cause ses engagements internationaux, notamment celui du droit au respect de la vie familiale prévu par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'Homme.

- Mais que reste-t-il de ces grands principes quand la France expulse en 2005 plus de 20.000 étrangers, soit une augmentation en un an de plus de 26 %?

- Aucun Etat au monde ne peut accepter la présence sur son territoire de personnes qui y séjournent sans y être autorisées par le droit international ou les lois nationales. L'immigration clandestine est source d'exclusion, de ghettoïsation et de cet esclavagisme moderne que constitue le travail clandestin.

Nicolas Sarkozy est déterminé à lutter contre ce phénomène, notamment en reconduisant les migrants en situation illégale dans leur pays d'origine. Soyez plus que rassurés sur un point : cette action s'effectue dans le respect scrupuleux des droits de l'Homme, sous le contrôle de la justice et surtout, en tenant compte de chaque cas individuel.

- Le Maroc est d'autant plus attentif à ce débat sur l'immigration que les incidents de cet été autour de Sebta et de Melilla ont montré que l'Europe se déchargeait en fait sur Rabat du soin de garder sa frontière sud. Or le Maroc, qui s'est retrouvé la cible de critiques très injustes, n'a ni la vocation politique ni les moyens financiers d'assumer pareille responsabilité. En prévision de la conférence qui, à la demande de Rabat, doit débattre de cet immense sujet, sur quels remèdes porte la réflexion française?

- Je peux comprendre l'agacement des autorités marocaines devant les critiques de la presse internationale à la suite des événements de Sebta et Melilla. Nous sommes parfaitement conscients que le principal bénéficiaire de votre action de contrôle et d'expulsion des clandestins venus d'Afrique sub-saharienne, c'est, bien entendu, l'Europe.

Vous avez fait face à une situation très difficile à gérer et vous avez su prendre vos responsabilités. Les drames de Sebta et Melilla, ont profondément bouleversé les consciences européennes. On estime que plusieurs dizaines de milliers de ressortissants africains – 30 000 d'après M. Franco Frattini, chargé de ce dossier à la Commission européenne – attendent au Maroc ou dans le Sahara afin de passer en Europe occidentale.

- Mais quelles solutions pratiques proposez-vous ?

- Que devons-nous faire face à une telle situation? D'abord, adopter une approche européenne qui puisse nous permettre de lutter contre l'immigration clandestine, dans une relation de partenariat avec les pays d'origine et de transit. L'Union européenne est déjà un continent ouvert aux flux migratoires : 1,4 million de migrants réguliers chaque année selon l'OCDE en 2001, auxquels il faut ajouter 500.000 migrants illégaux d'après les évaluations de Bruxelles.

Dans un contexte de chômage massif – 16 millions de personnes à la recherche d'un emploi – l'Europe ne peut pas accepter tous les migrants qui rêvent de s'y installer et s'illusionnent sur la réalité d'un continent qui n'a pas les moyens de tous les accueillir.

Ensuite, il faut une mobilisation générale de l'Union européenne et de toutes les grandes puissances économiques de la planète pour aider l'Afrique dans sa marche vers le développement. «La stratégie de l'Union européenne pour l'Afrique» prévoit de consacrer 25 milliards d'euros à son développement d'ici 2010. Voilà une grande ambition autour de laquelle l'Europe doit se rassembler et s'unir.

Demain, Abdelali Doumou, président du Conseil régional de Marrakech-Tensift-Al Haouz, expliquera dans un entretien avec Le Matin ce que le Maroc attend de ce Forum.

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