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Vendredi 03 Avril 2026
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Mieux encadrer les associations locales

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Conscientes que leur rôle en matière de développement et d'amélioration des conditions de vie des populations ne peut être efficace qu'à travers leur union, les associations d'Al Haouz se sont très tôt organisées dans le cadre d'une fédération baptisée «Espace provincial des associations d'Al Haouz», une structure novatrice et unique en son genre au Maroc, en mesure d'assurer un meilleur accompagnement de ces acteurs de la société civile dans leurs missions.

Car, si la province d'Al Haouz a vu ces dernières années la naissance de plusieurs associations de développement (environ 1.400 associations), leurs actions sont restées «limitées» voire «isolées». Le manque d'expérience et de formation, l'absence d'encadrement et d'accompagnement de ces associations dans l'élaboration de projets de développement ont constitué une véritable entrave à la réalisation de l'ensemble des objectifs.

Face à cette situation, et afin de traduire les nouvelles orientations gouvernementales en matière de développement durable, les différents acteurs de développement dans la province d'Al Haouz n'ont ménagé aucun effort pour qu'un Espace provincial des associations voit le jour avec comme missions principales la lutte contre la pauvreté, notamment chez la femme et l'enfant, la promotion de l'élément humain en tant qu'acteur incontournable pour le développement durable et la dynamisation du secteur associatif.

«Le tissu associatif d'Al Haouz est très bien structuré, puisque la province compte environ 500.000 habitants repartis sur 39 communes disposant chacune d'un espace communal d'associations, ce qui revient à un total de 40 espaces communaux d'associations en ajoutant celui de la Bachaouia d'Ait Ourir», a expliqué dans une déclaration à l'agence MAP, Abdellatif Jaïdi, président de l'Espace provincial des associations d'Al Haouz.

Ces communes, a-t-il poursuivi, sont coiffées par quatre Cercles à savoir Asni, Amezmiz, Tahanaoute et Aït Ourir, et ce sont les espaces associatifs communaux relevant de chaque Cercle qui forment ce qu'on appelle un «Espace associatif de Cercle», soit 4 espaces associatifs qui, à leur tour forment l'Espace provincial des associations d'Al Haouz.

Au sujet de cet engouement pour l'action associative dans la province d'Al Haouz, M. Jaïdi a fait remarquer que cela se justifie par plusieurs raisons, à savoir l'existence de besoins à satisfaire pour les populations, une forte détermination des autorités locales à encourager ces initiatives privées, la prise de conscience de la population que le développement n'est plus une pure affaire étatique et la présence de plusieurs ONG internationales (Pnud, Unicef, Fida, FAO, Fnuap).

Le Fonds international de développement agricole (Fida), en l'occurrence mène des actions louables, notamment dans les régions montagneuses grâce au programme PDD (Programme de développement des douars).

«L'importance des actions de développement menées jusqu'à présent dans la région grâce à l'implication effective de la société civile et le poids des défis à relever, notamment en matière de désenclavement des douars, d'approvisionnement en eau potable et surtout de création d'activités génératrices de revenu pour les populations locales, témoignent clairement de la pertinence de l'idée même de la mise en place de cet Espace tout en le dotant d'un siège digne de ce nom», a-t-il dit.

Apres avoir passé en revue une série d'activités organisées par l'Espace en partenariat avec d'autres acteurs, dont des cours de lutte contre l'analphabétisme (10.000 bénéficiaires) et des journées d'études sur des thèmes intéressant de près la région, M. Jaïdi a fait remarquer que l'Espace dispose d'un programme riche et varié pour l'année 2007, élaboré grâce aux propositions faites par les Espaces associatifs communaux et ceux des Cercles.

Et d'ajouter que dans le cadre des efforts visant à renforcer ses actions, l'Espace compte conclure prochainement une série de conventions de partenariat avec le Conseil de la région, l'Office de développement de la coopération (Odeco), la Direction de l'économie sociale, ainsi qu'avec l'Ircam (Institut royal de la culture amazighe).

Interrogé, par ailleurs, sur les contraintes rencontrées par l'Espace dans l'accomplissement de ses missions, ce militant associatif n'a pas manqué d'évoquer la contrainte financière, notamment l'insuffisance du budget de fonctionnement, faisant part de la détermination de l'Espace à œuvrer davantage pour la recherche de partenaires et la contribution positive au développement de la région.

L'Espace dispose actuellement d'un siège indépendant et opérationnel qui a vu le jour grâce au concours de plusieurs partenaires, dont l'Agence de développement social (ADS), l'Unicef et le Conseil provincial, et dont l'équipement a été assuré dans le cadre de l'INDH, ce qui constitue un atout permettant à cette fédération associative pour s'acquitter au mieux de ses prérogatives, a-t-il estimé.

Edifié sur une superficie de 1.600 m2 couverts grâce à une enveloppe budgétaire globale estimée à 500 millions de centimes, ce siège comprend, entre autres, une salle informatique, une bibliothèque, une salle polyvalente, deux salles de réunion, une salle de lecture, ainsi que deux dortoirs équipés, a fait savoir M. Jaïdi, relevant que l'Espace dispose, désormais, d'une structure d'accueil adéquate pour la tenue de colloques et de conférences, ce qui pourrait lui assurer une autre source de recettes.

D'autre part, M. Jaïdi a mis en lumière l'importance du tissu associatif comme «facteur de convergence et partenaire incontournable en matière de développement», exprimant le vœu de voir l'ensemble des intervenants collaborer étroitement avec cet Espace associatif pour plus d'efficacité dans les différentes actions à entreprendre.

L'expérience associative dans la province d'Al Haouz, malgré son jeune âge, se veut des plus réussies, une fierté pour la population locale et une référence en la matière à l'échelle nationale.

Un savoir-faire appelé plus que jamais à se généraliser sur l'ensemble du territoire pour permettre à la société civile de contribuer positivement aux différents chantiers de développement déjà ouvert par le Royaume.
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