C'est depuis le 16 juin que traîne l'affaire du petit Ahmed Yassine, âgé de 6 ans, découvert à l'état sauvage, le 31 mai dernier, sur le toit d'une maison de l'ancienne médina de Marrakech dans un état de santé en détérioration très avancée. Reporté une première fois au 17 juillet, il l'a été à nouveau au 10 août et aujourd'hui au 23 août.
Ce nouveau report du procès a été décidé suite à la non réception par le tribunal de première instance de Marrakech d'une copie originale des résultats de l'expertise médicale générale à laquelle a été soumise la victime pour l'évaluation de la gravité du préjudice subi. " Le tribunal voulait avoir les résultats de l'expertise pour savoir si l'handicap dont est affecté aujourd'hui Ahmed Yassine restera à vie. Mais franchement expertise ou pas, cet enfant sera à tout jamais marqué par cette histoire.
Il restera handicapé toute sa vie et ne pourra jamais oublier ce qui lui est arrivé. C'est inadmissible que l'on continue à appliquer des procédures de ce genre quand les faits sont là. Il n'y a qu'à voir l'enfant", s'indigne Najat Anouar, présidente de l'association Touche pas à mon enfant qui s'est portée partie civile dans cette affaire aux côtés de l'Association marocaine des droits de l'Homme dont l'objectif est de dénoncer la situation des enfants nés hors mariage. " Les choses se passent normalement même si ce retard n'aurait pas dû avoir lieu. Le tribunal veut attendre d'avoir le diagnostic définitif des médecins qui tardent à le rendre parce que l'enfant est très atteint.
Cela donc demande du temps. Mais en réalité, ce dossier a une dimension beaucoup plus forte. Ce cas reflète les torts de la société : le problème de la mère célibataire, l'hypocrisie de la société et ce sont malheureusement ces enfants qui en payent le prix ", dit Maître Errachdi, avocat en charge de ce dossier au nom de l'association Touche pas à mon enfant.
Entre-temps, Ahmed, qui selon le rapport médical avait le poids et la taille d'un gamin de trois ans, était dans un état avancé de malnutrition et présentait, entre autres, des traces de morsures de chiens sur plusieurs parties du corps ainsi que des difficultés d'élocution au moment de sa découverte, est pris en charge actuellement par une équipe médicale multispécialités à Rabat.
Mais si Ahmed est maintenant dans cette situation, cela est dû au fait qu'aujourd'hui encore la société marocaine condamne les mères filles et leurs enfants à la clandestinité. Le jour de son accouchement, la mère biologique de Ahmed n'a pas eu la force d'affronter le regard réprobateur de la société et a préféré le confier à sa soeur qui en a pris soin pendant trois ans avant de le donnet à Zahra G., une amie de la famille depuis plus de trente ans. Et c'est justement cette femme qui, pendant ces trois dernières années, a été le bourreau de cet enfant.
Elle l'a enfermé comme un animal avec quatre chiens et une trentaine de chats, le contraignant à se nourrir des restes et le privant d'une enfance. Pourtant personne de son entourage, ni ses voisins n'auraient pu penser que cette femme, considérée comme une notabilité à Bab Doukkala et ex-secrétaire du procureur du Roi à Marrakech, aurait pu commettre un tel crime et être responsable de l'état de délabrement physique et mental du petit garçon.
" Personne n'a le droit de commettre un tel crime. Ce sont des enfants. Comment quelqu'un peut-il penser leur faire du mal? Et c'est pour cela que nous sommes ici aujourd'hui. Pour dénoncer tout ceci et pour que justice soit faite !", continue Najat Anouar.
La maman biologique qui est aujourd'hui mariée avec deux enfants légitimes ne semble plus vouloir entendre parler de cette affaire et préfère rester discrète. Quant à la mère adoptive, Zahra G., sur le banc des accusés, elle a à ses côtés cinq avocats pour la défendre. " Qui est le coupable dans cette histoire ? La mère biologique, Zahra, ou la société ? C'est au tribunal d'en juger. Mais le message qui doit être lancé est que l'Etat doit prendre ses responsabilités et veiller à ce que cela ne se reproduise plus.
Il faut impérativement qu'il régularise par des lois la situation des mères célibataires et leur donne les moyens de s'intégrer au sein de la société et il faut que les droits de l'enfant soient respectés ", s'exclame Maître Errachid. Espérons que les juges sauront statuer sur cette affaire en toute impartialité et partager avec l'opinion publique, qui suit avec émoi ce procès, leur indignation face à ce crime.
Car, ce qui ressort de cette histoire est non seulement le drame qu'a vécu Ahmed mais celui que vivent et vivront tous les enfants nés hors mariage qui sont les premières victimes des lois qui, encore aujourd'hui, sont discriminatoires envers ces femmes qui un jour ont fait confiance à un homme et ont partagé leur amour en pensant bien faire !
Ce nouveau report du procès a été décidé suite à la non réception par le tribunal de première instance de Marrakech d'une copie originale des résultats de l'expertise médicale générale à laquelle a été soumise la victime pour l'évaluation de la gravité du préjudice subi. " Le tribunal voulait avoir les résultats de l'expertise pour savoir si l'handicap dont est affecté aujourd'hui Ahmed Yassine restera à vie. Mais franchement expertise ou pas, cet enfant sera à tout jamais marqué par cette histoire.
Il restera handicapé toute sa vie et ne pourra jamais oublier ce qui lui est arrivé. C'est inadmissible que l'on continue à appliquer des procédures de ce genre quand les faits sont là. Il n'y a qu'à voir l'enfant", s'indigne Najat Anouar, présidente de l'association Touche pas à mon enfant qui s'est portée partie civile dans cette affaire aux côtés de l'Association marocaine des droits de l'Homme dont l'objectif est de dénoncer la situation des enfants nés hors mariage. " Les choses se passent normalement même si ce retard n'aurait pas dû avoir lieu. Le tribunal veut attendre d'avoir le diagnostic définitif des médecins qui tardent à le rendre parce que l'enfant est très atteint.
Cela donc demande du temps. Mais en réalité, ce dossier a une dimension beaucoup plus forte. Ce cas reflète les torts de la société : le problème de la mère célibataire, l'hypocrisie de la société et ce sont malheureusement ces enfants qui en payent le prix ", dit Maître Errachdi, avocat en charge de ce dossier au nom de l'association Touche pas à mon enfant.
Entre-temps, Ahmed, qui selon le rapport médical avait le poids et la taille d'un gamin de trois ans, était dans un état avancé de malnutrition et présentait, entre autres, des traces de morsures de chiens sur plusieurs parties du corps ainsi que des difficultés d'élocution au moment de sa découverte, est pris en charge actuellement par une équipe médicale multispécialités à Rabat.
Mais si Ahmed est maintenant dans cette situation, cela est dû au fait qu'aujourd'hui encore la société marocaine condamne les mères filles et leurs enfants à la clandestinité. Le jour de son accouchement, la mère biologique de Ahmed n'a pas eu la force d'affronter le regard réprobateur de la société et a préféré le confier à sa soeur qui en a pris soin pendant trois ans avant de le donnet à Zahra G., une amie de la famille depuis plus de trente ans. Et c'est justement cette femme qui, pendant ces trois dernières années, a été le bourreau de cet enfant.
Elle l'a enfermé comme un animal avec quatre chiens et une trentaine de chats, le contraignant à se nourrir des restes et le privant d'une enfance. Pourtant personne de son entourage, ni ses voisins n'auraient pu penser que cette femme, considérée comme une notabilité à Bab Doukkala et ex-secrétaire du procureur du Roi à Marrakech, aurait pu commettre un tel crime et être responsable de l'état de délabrement physique et mental du petit garçon.
" Personne n'a le droit de commettre un tel crime. Ce sont des enfants. Comment quelqu'un peut-il penser leur faire du mal? Et c'est pour cela que nous sommes ici aujourd'hui. Pour dénoncer tout ceci et pour que justice soit faite !", continue Najat Anouar.
La maman biologique qui est aujourd'hui mariée avec deux enfants légitimes ne semble plus vouloir entendre parler de cette affaire et préfère rester discrète. Quant à la mère adoptive, Zahra G., sur le banc des accusés, elle a à ses côtés cinq avocats pour la défendre. " Qui est le coupable dans cette histoire ? La mère biologique, Zahra, ou la société ? C'est au tribunal d'en juger. Mais le message qui doit être lancé est que l'Etat doit prendre ses responsabilités et veiller à ce que cela ne se reproduise plus.
Il faut impérativement qu'il régularise par des lois la situation des mères célibataires et leur donne les moyens de s'intégrer au sein de la société et il faut que les droits de l'enfant soient respectés ", s'exclame Maître Errachid. Espérons que les juges sauront statuer sur cette affaire en toute impartialité et partager avec l'opinion publique, qui suit avec émoi ce procès, leur indignation face à ce crime.
Car, ce qui ressort de cette histoire est non seulement le drame qu'a vécu Ahmed mais celui que vivent et vivront tous les enfants nés hors mariage qui sont les premières victimes des lois qui, encore aujourd'hui, sont discriminatoires envers ces femmes qui un jour ont fait confiance à un homme et ont partagé leur amour en pensant bien faire !
