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Vendredi 15 Mai 2026
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Tapis traditionnels et art contemporain se côtoient

Le Musée de Marrakech propose au large public deux grandes expositions, l'une appartenant au monde des arts traditionnels très réputés dans la région de la cité ocre reflétant la contribution de la femme rurale dans l'enrichissement du patrimoine national

Tapis traditionnels et art contemporain se côtoient
La seconde réservée à l'art contemporain en la personne de l'artiste peintre Abdelbassit Bendahman, dont le travail minutieux est pour la première fois présenté à la ville de Marrakech.

Connu comme activité millénaire dans la région du Haouz de Marrakech, le tissage a toujours été l'apanage des femmes rurales, en général, qui le pratiquaient pour fabriquer des vêtements, des hanbals pour se couvrir en hiver et des tapis pour orner le sol. Ces derniers font l'objet de l'exposition actuelle qui se poursuivra jusqu'à la fin du mois de juin.

N'ayant pas de modèles à suivre, ces femmes-tisseurses comptent en premier lieu sur leur génie créateur pour élaborer des motifs, donnant ainsi naissance à des tapis singuliers inspirés de leur propre imagination. Le résultat est vraiment surprenant, puisque ces multiples motifs et compositions peuvent être comparés à l'art naîf des peintres libres.

En dehors de ces créativités libres et spontanées, d'autres genres de tapis sont tissés à base de canevas préparés à partir de motifs répétitifs repris des dessins de la tapisserie R'batie qu'utilisent les tribus Oulad Bousbaâ et Chiadma. «Les décors sont généralement à base d'éléments géométriques (ligne brisée, losange, carré, triangle, croix,…), floraux ou encore figuratifs.

La couleur rouge est largement dominante dans la production du Haouz, mais on y utilise aussi le rouge brique, le grenat, le blanc, le jaune, le noir. La gamme de coloris s'est enrichie actuellement avec l'apparition du violet, du bleu turquois ou du gris», précise-t-on pour expliquer la spécificité des tapis de Oulad Bousbaâ, Rehamna et Hmer, caractérisés par l'utilisation de la chaîne et de la lisière en poil de chèvre.

En rassemblant ces multiples œuvres de création, ainsi que d'autres à base de modèles établis, dans une grande exposition, le Musée de Marrakech met en exergue l'ampleur de ce riche patrimoine en rendant un vif hommage à la femme rurale qui par la réalisation de ces œuvres assurera la continuité de cette tradition de tissage ancestrale et contribuera, de ce fait, à l'enrichissement du patrimoine culturel national.

A côté de cette prestation, cet établissement respectueux a choisi de la joindre à une autre manifestation non moins importante. Celle de l'artiste peintre, Abdelbassit Bendahman qui a été, depuis son jeune âge, fasciné par le dessin, en reproduisant les tableaux de Rembrandt, Murillo et Ribera. Mais, à partir de 1972, date de son entrée professionnelle dans le domaine, Bendahman n'a cessé de créer et de faire montre de sa passion pour l'art pictural qu'il aborde à sa manière. En effet, ses tableaux sont très particuliers et prêtent à l'observation et à une grande attention pour pouvoir les déchiffrer. «Il faut regarder deux fois le tableau de Bendahman : en surface et en profondeur.

Il faut le radiographier par l'œil pour apercevoir le travail d'effacement auquel l'artiste se livre. Il commence par occuper toute la surface de la toile avec des motifs minutieusement dessinés. Il estampe ensuite des parties figurées, en apposant de larges couches de peinture. L'œuvre révèle comme dans un palimpseste les traces des versions antérieures. Cette dialectique entre le visible et l'effacé dynamise les tableaux de Bendahman, en les dotant d'une présence si criante qu'il est difficile de résister à leur appel revigorant», selon Aziz Daki, spécialiste en Arts Plastiques.

Rappelant que le peintre Bendahman est né à Tanger où il retourne, définitivement, en 1973, après des études en Arts Plastiques à Casablanca puis à Rabat.
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