Quand l'association « Casa mémoire » a appelé pour la première fois à la préservation du patrimoine architectural de la ville, le mal était déjà consommé. Plusieurs immeubles qui méritaient d'être classés ont été démolis. Avec leur disparition, un pan de la mémoire de notre ville a été perdu à jamais.
La croissance démographique et la course à l'enrichissement ont eu raison de cette architecture qui est le reflet d'un pluralisme culturel tel qu'exprimé dans les différentes formes de construction de ces sites. Ceux qui sont des passionnés de l'urbanisme se souviennent toujours, avec un petit pincement au cœur, de la villa Mokri, du théâtre municipal, des magasins Paris-Maroc, du cinéma Vox, de l'hôtel d'Anfa, etc.). Autant de monuments qui nous racontent le passé…
Ces édifices, à l'extraordinaire beauté et au charme vétuste, conçus dans un style mauresque ou art-déco par les grands architectes du siècle dernier - tels Marius Boyer, Perret frères, Hippolyte Delaporte -, ont été sacrifiés au profit de grands immeubles sans âme.
Les agressions régulières sont également liées, la plupart du temps, au manque d'entretien de certains immeubles qui se détériorent progressivement devenant de véritables champs de ruines.
Une triste dégradation de ce qui a pourtant constitué l'héritage historique de Casablanca. Devant l'ampleur de ces agressions, plusieurs amoureux de la ville se sont mobilisés pour défendre sa mémoire collective, sensibilisant et interpellant les pouvoirs publics afin de mettre un terme au traumatisme que la spéculation immobilière fait subir à la métropole.
De leurs actions et de leur militantisme est né l'idée de classement du patrimoine architectural de Casablanca. A ce jour, une centaine de bâtiments ont été classés. Une deuxième liste a été réalisée et sera bientôt classée. En revanche, d'autres édifices ne sont pas encore répertoriés ni classés.
Deuxième vie Du coup, ils sont sous la menace des bulldozers. C'est le cas de l'ensemble d'immeubles datant du début 20e siècle qui longent le boulevard Mohammed V et le boulevard de Paris, etc.
L'opération de classement des sites est une procédure assez lourde, nécessitant de gros moyens financiers et beaucoup de temps. Pourtant, il ne suffit pas de classer un immeuble pour dire qu'il est protégé. De l'avis des architectes, la sauvegarde signifie donner un sens et une manière de vivre à ce patrimoine, c'est-à-dire lui procurer une seconde vie.
Pour ce faire, il faut intégrer l'ensemble de ces sites dans un circuit économique rentable. Autrement dit, les transformer en musée, hôtel, bibliothèque ou bureaux pour s'assurer qu'ils bénéficieront d'un entretien permanent. L'expérience vécue par certains édifices témoigne de la véracité de cette thèse. Les exemples de l'église du Sacré Cœur ou la Villa des Arts ainsi que la villa Zevaco sont édifiants. Cette expérience devrait être élargie à d'autres sites qui tombent en ruine comme l'église espagnole situé à l'ancienne Médina et à Dar El Makhzen.
Ce dernier lieu a été l'objet d'un concours pour le transformer en centre culturel avec un musée et des ateliers de peinture et de danse. Le concours lancé au temps de l'ex-wali Driss Benhima a été remporté par les architectes Arabani et Mohamed Berrada. Mais depuis, le projet est resté sans suite.
De son côté, Yasmina Filali avait proposé de restaurer l'église espagnole afin d'en faire une bibliothèque pour sa fondation Orient-Occident, mais sans résultat. La Médina de Casablanca, qui devait être un lieu de prestige et un circuit touristique, n'est aujourd'hui qu'un espace qui accueille la nuit tout le ramassis de la ville.
Un espace difficile à emprunter à partir d'une certaine heure. Elle ressemble presque à un champ de ruines. Des anciennes demeures comme le consulat espagnol, d'Allemagne, l'hôtel central, rue de la douane ou Bousmara, il ne reste que les noms. Le lieu a subi de multiples agressions qui ont fini par casser une partie de cette mémoire. Il est probablement temps de préserver notre patrimoine qui est avant tout notre mémoire et aussi notre force.
La croissance démographique et la course à l'enrichissement ont eu raison de cette architecture qui est le reflet d'un pluralisme culturel tel qu'exprimé dans les différentes formes de construction de ces sites. Ceux qui sont des passionnés de l'urbanisme se souviennent toujours, avec un petit pincement au cœur, de la villa Mokri, du théâtre municipal, des magasins Paris-Maroc, du cinéma Vox, de l'hôtel d'Anfa, etc.). Autant de monuments qui nous racontent le passé…
Ces édifices, à l'extraordinaire beauté et au charme vétuste, conçus dans un style mauresque ou art-déco par les grands architectes du siècle dernier - tels Marius Boyer, Perret frères, Hippolyte Delaporte -, ont été sacrifiés au profit de grands immeubles sans âme.
Les agressions régulières sont également liées, la plupart du temps, au manque d'entretien de certains immeubles qui se détériorent progressivement devenant de véritables champs de ruines.
Une triste dégradation de ce qui a pourtant constitué l'héritage historique de Casablanca. Devant l'ampleur de ces agressions, plusieurs amoureux de la ville se sont mobilisés pour défendre sa mémoire collective, sensibilisant et interpellant les pouvoirs publics afin de mettre un terme au traumatisme que la spéculation immobilière fait subir à la métropole.
De leurs actions et de leur militantisme est né l'idée de classement du patrimoine architectural de Casablanca. A ce jour, une centaine de bâtiments ont été classés. Une deuxième liste a été réalisée et sera bientôt classée. En revanche, d'autres édifices ne sont pas encore répertoriés ni classés.
Deuxième vie Du coup, ils sont sous la menace des bulldozers. C'est le cas de l'ensemble d'immeubles datant du début 20e siècle qui longent le boulevard Mohammed V et le boulevard de Paris, etc.
L'opération de classement des sites est une procédure assez lourde, nécessitant de gros moyens financiers et beaucoup de temps. Pourtant, il ne suffit pas de classer un immeuble pour dire qu'il est protégé. De l'avis des architectes, la sauvegarde signifie donner un sens et une manière de vivre à ce patrimoine, c'est-à-dire lui procurer une seconde vie.
Pour ce faire, il faut intégrer l'ensemble de ces sites dans un circuit économique rentable. Autrement dit, les transformer en musée, hôtel, bibliothèque ou bureaux pour s'assurer qu'ils bénéficieront d'un entretien permanent. L'expérience vécue par certains édifices témoigne de la véracité de cette thèse. Les exemples de l'église du Sacré Cœur ou la Villa des Arts ainsi que la villa Zevaco sont édifiants. Cette expérience devrait être élargie à d'autres sites qui tombent en ruine comme l'église espagnole situé à l'ancienne Médina et à Dar El Makhzen.
Ce dernier lieu a été l'objet d'un concours pour le transformer en centre culturel avec un musée et des ateliers de peinture et de danse. Le concours lancé au temps de l'ex-wali Driss Benhima a été remporté par les architectes Arabani et Mohamed Berrada. Mais depuis, le projet est resté sans suite.
De son côté, Yasmina Filali avait proposé de restaurer l'église espagnole afin d'en faire une bibliothèque pour sa fondation Orient-Occident, mais sans résultat. La Médina de Casablanca, qui devait être un lieu de prestige et un circuit touristique, n'est aujourd'hui qu'un espace qui accueille la nuit tout le ramassis de la ville.
Un espace difficile à emprunter à partir d'une certaine heure. Elle ressemble presque à un champ de ruines. Des anciennes demeures comme le consulat espagnol, d'Allemagne, l'hôtel central, rue de la douane ou Bousmara, il ne reste que les noms. Le lieu a subi de multiples agressions qui ont fini par casser une partie de cette mémoire. Il est probablement temps de préserver notre patrimoine qui est avant tout notre mémoire et aussi notre force.
