Menu
Search
Mercredi 22 Avril 2026
S'abonner
close

Le CRT n'est pas un club de professionnels

Une société nationale d'aménagement et d'ingénierie touristique est en cours de création

No Image
Au fur et à mesure que la stratégie touristique avance, le ministère du Tourisme joue la carte du réajustement pour une meilleure adaptation de l'accord-cadre signé en 2001 aux contraintes du moment. Cette fois, c'est du rôle des Centres régionaux du tourisme (CRT) qu'il s'agit. Après quelques années de leur fonctionnement, il s'est avéré que ces derniers sont, en général, incapables de proposer des plans de développement touristique pour les régions.

C'est ainsi, qu'il a été décidé de créer une Société nationale d'aménagement et d'ingénierie touristique pour prendre en main la grosse part de la mission qui incombait aux CRT. Un projet de loi est actuellement en cours d'approbation pour la constitution d'une équipe de choc pluridisciplinaire opérant aussi bien pour le compte du ministère de tutelle que pour les régions. Partant, le ministère fait d'une pierre deux coups.

D'une part, il internalise l'équipe sous sa gestion tout en y introduisant du nouveau sang à hauteur de 50% des compétences. Plus en détail, de nouveaux profils spécialisés dans le marketing territorial, l'aménagement de l'urbanisme, l'ingénierie des projets touristiques, le droit et la finance vont rejoindre ceux du ministère pour collaborer dans le cadre d'une nouvelle structure. De l'autre, il rationalise le budget qui lui est alloué par le gouvernement. Car, auparavant, il lui a fallu faire appel à des bureaux d'études externes qui coûtent extrêmement cher.

Sans oublier, qu'entre les appels d'offres lancés pour le choix du prestataire de ce service, et la validation de l'étude, il a fallu attendre toute une année. Une situation qui devient insupportable surtout que le temps presse. Certes, cette initiative intervient un peu tard dans la mesure où l'élaboration et la mise en application des Plans de développement régionaux de tourisme (PDRT), pièce maîtresse des CRT, pour certaines villes piétinent. Mais, il n'est jamais tard pour corriger et avancer.

C'est ce qui a, d'ailleurs, incité à un recentrage des missions des CRT qui étaient normalement à la base de conception des PDRT, en collaboration avec les élus, les professionnels et l'autorité locale de chaque région.
Aussi divers que variés, les CRT, relais local de l'Office national marocain de tourisme (ONMT), sont pour la plupart en panne de proposition de plans de développement régionaux.
Et ce pour la simple raison qu'ils sont pauvres en ressources humaines expertes et permanentes.

«Le CRT n'est pas un club de professionnels, c'est un lieu de rencontres des élus et d'autres partenaires pour l'exécution des plans touristiques», notifie Adil Douiri, ministre du Tourisme.

Or la mission qui lui a été retracée depuis sa création consistait essentiellement à «contribuer par tous les moyens à la réalisation des conditions propres à assurer un développement rapide et harmonieux du tourisme, notamment par l'utilisation de l'épargne locale, l'attrait de capitaux étrangers, la formation de sociétés ou ententes nationales, la planification régionale, le choix des investissements, la mise en place de l'infrastructure nécessaire, la disparition des causes du sous-développement et de toutes déficiences». Toute l'importance aujourd'hui est de préciser le rôle des CRT et de délimiter leurs champs d'actions.

L'harmonisation de leur statut n'est pas en reste. Tout de même, force est de signaler que le financement est toujours le nerf de guerre des PDRT. A défaut, ni le ministère, ni les CRT, ni les élus ne seront en mesure d'avancer dans ce programme. D'ailleurs, tout récemment, le ministère de l'Intérieur s'est engagé à financer les régions qui n'ont pas les moyens.
--------------------------------------------

Etat d'avancement des PDRT

Le plan Mada In avance à petits pas. A signaler qu'il se décline au niveau des différentes villes, à travers des contrats programmes réalisés avec la participation des élus, des professionnels et de l'autorité locale. L'engagement se fait sur la base d'un plan d'action et des objectifs.

Il s'agit de 75.000 lits sur la dizaine d'années à venir, avec des emplois et des recettes.
La première ville à avoir signé son programme de développement régional (PSDRT) a été Fès, en novembre 2005. La deuxième ville, c'est Casablanca, avant mars 2006. Le PDRT de Casablanca prévoit le renforcement du tourisme d'affaires et du tourisme de court séjour. Il porte notamment sur une offre d'hébergement adapté, avec des projets structurants comme Casa City Center et la Marina.

Sans oublier la mise en valeur de l'âme culturelle de la ville, sa médina, son patrimoine art déco. En plus de l'élargissement de l'offre d'animation à travers la réalisation d'un théâtre et d'un musée.
Près de 1,4 milliard de dirhams est consacré à ce programme.
La ville d'Agadir, pour sa part, devra signer son PDR avant la tenue des assises internationales du tourisme qui auront lieu mars prochain à Fès.

L'objectif est de mettre à niveau la capacité existante et d'améliorer l'environnement urbain. Par ailleurs, certaines villes comme Marrakech, Tanger, Ouarzazate et Fnideq/Mdiq ont commencé leur mise à niveau urbain avant de disposer d'un PDRT.
Lisez nos e-Papers