Laïla Mellouk est handicapée mentale depuis sa naissance. Son père Mohamed se bat depuis des années pour lui obtenir une carte d'handicapé officielle, en vain. Même en détenant une portant le n° 1719/06, délivrée par «l'Alliance marocaine des jeunes handicapés», la jeune fille ne peut bénéficier de la gratuité du transport en commun. «Malgré mes six demandes adressées au secrétariat d'Etat chargé de la Famille, de la Solidarité et des Personnes handicapées et en dépit de mes quatre déplacements de Fès à Rabat pour le même motif, aucune suite favorable n'a été réservée à mes doléances», déclare ce père en détresse.
Pourtant un dossier complet de l'intéressée a été envoyé à cette instance après avis de la commission médicale de l'hôpital El Ghassani de Fès, en date du 19 octobre 2004.
«J'ai sollicité cette carte uniquement pour que ma fille, accompagnée de sa mère, puisse emprunter, gratuitement, l'autobus
n° 42. Elle a besoin d'aller se promener de temps en temps pour ne pas sombrer dans le désespoir», ajoute-t-il. Mais les agents contrôleurs de la ville de Fès n'entendent pas les choses de cette oreille. Ils refusent catégoriquement toute carte d'association et n'acceptent que celles délivrées par le ministère de tutelle. Ancien gradé supérieur de la Gendarmerie Royale, Mohamed Mellouk ne prétend chercher pour sa fille ni argent, ni aide ou autre médicament.
Tout ce qu'il demande, c'est un simple papier qui permettra à sa fille de pouvoir prendre place gratuitement à bord d'un autobus. Un document qui lui évite les remarques désobligeantes des contrôleurs.
Bien renseigné, ce père, outré, attend avec impatience «les cartes numériques en application du dahir de 1997, dont 20.000 devaient être distribuées à la fin de l'année 2003», précise-t-il. Ce que Mohamed Mellouk, ne sait probablement pas c'est qu'il n'est qu'un exemple parmi des milliers de personnes qui sont, comme lui, dans l'expectative. Eux aussi ont tellement entendu parler de cette fameuse carte qui se fait tant désirer et qui tarde à venir.
Pourtant, depuis plus d'une décennie, une kyrielle de lois et de décrets a été promulguée pour instaurer et défendre les droits des handicapés. Déjà, le 6 mai 1981, il y a eu la loi 05-81 relative à la protection des aveugles et des déficients visuels.
Elle a été complétée par la loi 10-89 du 13 décembre 1989. Le 10 septembre 1992 a vu la création de la loi 07-92 relative à la protection sociale des personnes handicapées. Enfin, le 19 décembre 1997 a marqué la naissance du décret n° 2-97-218 portant application des deux lois précitées.
La carte d'handicapé rentre justement dans ce cadre. Toutefois, cette panoplie de textes juridiques n'a pas été suffisamment efficace pour définir les prérogatives de ce document. «Si cette carte définit les droits et les privilèges qu'elle offre aux personnes handicapées, il ne faut pas oublier qu'elle a instauré un système de quota pour ces personnes», précise Rachid Guennouni, de la direction de la protection et de l'intégration sociale au sein du secrétariat d'Etat chargé de la Famille, de l'Enfance et des Personnes handicapées, qui explique que cette carte a suscité beaucoup de malentendus. "Les gens pensaient qu'elle leur donnait droit à des sommes d'argent ou à des agréments. Par ignorance, ils lui ont donné une autre dimension". En réalité, ce papier leur permet de jouir d'un droit de priorité à l'accès aux cités universitaires, à l'octroi d'une bourse d'étude, ainsi qu'à l'accès aux prestations médicales et éducatives.
En principe, la gratuité du transport figure également parmi ces privilèges. Un décret d'application a été promulgué dans ce sens, mais chacun de ces volets avait besoin d'être finalisé et validé par des décisions gouvernementales. Les quotas concernant l'emploi et la gratuité du transport devaient être définis par les secteurs privé, public et semi-public. Et c'est justement ce qui retarde la distribution de ces cartes. Et Rachid Guennouni d'ajouter : «C'est d'ailleurs pour cette raison que les choses ne sont pas encore claires pour ce qui est du transport en commun.
Comme il est régi par les deux secteurs, les sociétés privées se conforment à leurs cahiers des charges. Au moment où les lois pour handicapés ont été instaurées (entre 1981 et 92), l'Etat avait encore une mainmise sur ce secteur. Entre-temps, les choses ont changé». Pour le moment, le Secrétariat d'Etat s'est occupé du volet juridique et technique de ces cartes. Il met à la disposition de la personne handicapée un formulaire qu'elle peut remplir avec l'aide de son médecin traitant.
Ce document est remis à une commission technique qui donne son avis tout en précisant le type et le degré de l'handicap de l'acquéreur dans le but de définir s'il a besoin d'un accompagnateur. Le dossier est, ensuite, transmis au secrétariat d'Etat pour élaborer la carte qui a été établie de manière à ce qu'elle ne soit pas falsifiable. Les demandes que reçoit le ministère se comptent par milliers. Elles sont remises entre les mains des commissions techniques régionales, étant donné que la commission centrale est dans l'impossibilité de les traiter toutes.
A signaler que le nombre des handicapés au Maroc est approximativement 2,1millions sur une population de 30 millions.
Situation des personnes handicapées au Maroc
Devant une absence de données statistiques concernant le nombre et la situation des personnes handicapées au Maroc, on ne peut que se référer aux estimations de l'Organisation mondiale de la santé qui estime que toute population comprend 7% de personnes handicapées. Ainsi, le nombre des handicapés au Maroc est approximativement de 2,1 millions sur une population de 30 millions.
Selon une étude préliminaire, on peut tirer quelques indicateurs socio-économiques et culturels spécifiques à la population handicapée :
- Plus de 56% des handicaps sont causés par des maladies.
- Plus de 90% des handicapés vivent dans des milieux défavorisés.
- 82% des handicapés sont sans niveau scolaire.
- Plus de 57% des handicapés sont incapables de travailler.
- 34% des handicapés sont au chômage.
- 98% des handicapés ne bénéficient pas d'allocations ou d'assurances.
(Source : Secrétariat d'Etat chargé de la Famille, de l'Enfance et des Personnes handicapées)
Pourtant un dossier complet de l'intéressée a été envoyé à cette instance après avis de la commission médicale de l'hôpital El Ghassani de Fès, en date du 19 octobre 2004.
«J'ai sollicité cette carte uniquement pour que ma fille, accompagnée de sa mère, puisse emprunter, gratuitement, l'autobus
n° 42. Elle a besoin d'aller se promener de temps en temps pour ne pas sombrer dans le désespoir», ajoute-t-il. Mais les agents contrôleurs de la ville de Fès n'entendent pas les choses de cette oreille. Ils refusent catégoriquement toute carte d'association et n'acceptent que celles délivrées par le ministère de tutelle. Ancien gradé supérieur de la Gendarmerie Royale, Mohamed Mellouk ne prétend chercher pour sa fille ni argent, ni aide ou autre médicament.
Tout ce qu'il demande, c'est un simple papier qui permettra à sa fille de pouvoir prendre place gratuitement à bord d'un autobus. Un document qui lui évite les remarques désobligeantes des contrôleurs.
Bien renseigné, ce père, outré, attend avec impatience «les cartes numériques en application du dahir de 1997, dont 20.000 devaient être distribuées à la fin de l'année 2003», précise-t-il. Ce que Mohamed Mellouk, ne sait probablement pas c'est qu'il n'est qu'un exemple parmi des milliers de personnes qui sont, comme lui, dans l'expectative. Eux aussi ont tellement entendu parler de cette fameuse carte qui se fait tant désirer et qui tarde à venir.
Pourtant, depuis plus d'une décennie, une kyrielle de lois et de décrets a été promulguée pour instaurer et défendre les droits des handicapés. Déjà, le 6 mai 1981, il y a eu la loi 05-81 relative à la protection des aveugles et des déficients visuels.
Elle a été complétée par la loi 10-89 du 13 décembre 1989. Le 10 septembre 1992 a vu la création de la loi 07-92 relative à la protection sociale des personnes handicapées. Enfin, le 19 décembre 1997 a marqué la naissance du décret n° 2-97-218 portant application des deux lois précitées.
La carte d'handicapé rentre justement dans ce cadre. Toutefois, cette panoplie de textes juridiques n'a pas été suffisamment efficace pour définir les prérogatives de ce document. «Si cette carte définit les droits et les privilèges qu'elle offre aux personnes handicapées, il ne faut pas oublier qu'elle a instauré un système de quota pour ces personnes», précise Rachid Guennouni, de la direction de la protection et de l'intégration sociale au sein du secrétariat d'Etat chargé de la Famille, de l'Enfance et des Personnes handicapées, qui explique que cette carte a suscité beaucoup de malentendus. "Les gens pensaient qu'elle leur donnait droit à des sommes d'argent ou à des agréments. Par ignorance, ils lui ont donné une autre dimension". En réalité, ce papier leur permet de jouir d'un droit de priorité à l'accès aux cités universitaires, à l'octroi d'une bourse d'étude, ainsi qu'à l'accès aux prestations médicales et éducatives.
En principe, la gratuité du transport figure également parmi ces privilèges. Un décret d'application a été promulgué dans ce sens, mais chacun de ces volets avait besoin d'être finalisé et validé par des décisions gouvernementales. Les quotas concernant l'emploi et la gratuité du transport devaient être définis par les secteurs privé, public et semi-public. Et c'est justement ce qui retarde la distribution de ces cartes. Et Rachid Guennouni d'ajouter : «C'est d'ailleurs pour cette raison que les choses ne sont pas encore claires pour ce qui est du transport en commun.
Comme il est régi par les deux secteurs, les sociétés privées se conforment à leurs cahiers des charges. Au moment où les lois pour handicapés ont été instaurées (entre 1981 et 92), l'Etat avait encore une mainmise sur ce secteur. Entre-temps, les choses ont changé». Pour le moment, le Secrétariat d'Etat s'est occupé du volet juridique et technique de ces cartes. Il met à la disposition de la personne handicapée un formulaire qu'elle peut remplir avec l'aide de son médecin traitant.
Ce document est remis à une commission technique qui donne son avis tout en précisant le type et le degré de l'handicap de l'acquéreur dans le but de définir s'il a besoin d'un accompagnateur. Le dossier est, ensuite, transmis au secrétariat d'Etat pour élaborer la carte qui a été établie de manière à ce qu'elle ne soit pas falsifiable. Les demandes que reçoit le ministère se comptent par milliers. Elles sont remises entre les mains des commissions techniques régionales, étant donné que la commission centrale est dans l'impossibilité de les traiter toutes.
A signaler que le nombre des handicapés au Maroc est approximativement 2,1millions sur une population de 30 millions.
Situation des personnes handicapées au Maroc
Devant une absence de données statistiques concernant le nombre et la situation des personnes handicapées au Maroc, on ne peut que se référer aux estimations de l'Organisation mondiale de la santé qui estime que toute population comprend 7% de personnes handicapées. Ainsi, le nombre des handicapés au Maroc est approximativement de 2,1 millions sur une population de 30 millions.
Selon une étude préliminaire, on peut tirer quelques indicateurs socio-économiques et culturels spécifiques à la population handicapée :
- Plus de 56% des handicaps sont causés par des maladies.
- Plus de 90% des handicapés vivent dans des milieux défavorisés.
- 82% des handicapés sont sans niveau scolaire.
- Plus de 57% des handicapés sont incapables de travailler.
- 34% des handicapés sont au chômage.
- 98% des handicapés ne bénéficient pas d'allocations ou d'assurances.
(Source : Secrétariat d'Etat chargé de la Famille, de l'Enfance et des Personnes handicapées)
