Nation

Vox populi

author 0 LE MATIN

Des événements d'une portée considérable ont eu lieu courant avril/mai 2007 sur le pourtour de la Méditerranée : la mutation démocratique silencieuse en Mauritanie, les taux de participation aux élections présidentielles en France et aux législatives en Algérie. Mais ce qui se passe en Palestine occupée ne semble plus froisser personne, les médias nous ont malheureusement habitués à ces intermèdes qui ne nous coupent même plus l'appétit. L'analyse de ces faits ne peut nous laisser indifférents et nous interpelle pour nous interroger sur les moyens de faire entendre la voix des peuples, dans la sérénité et l'exercice de la démocratie.

Ces événements ainsi que la perspective de prochaines élections législatives au Maroc, en septembre 2007, ont pour point commun le niveau et la qualité de la représentativité des populations concernées dans les institutions législatives. Pour la France où la tradition démocratique est plusieurs fois centenaire, le peuple français a saisi l'enjeu de ces élections pour son avenir immédiat en participant massivement au scrutin : la voix du peuple français s'est faite entendre sans entraves.

Pour les pays de l'Afrique du Nord, la « tradition » démocratique est encore trop fraîche, mais il n'empêche qu'aujourd'hui plus qu'hier, les enseignements du passé sont plus présents et les élites politiques du Maghreb, généralement formées à l'école de l'ancienne puissance coloniale, sont à même de tirer les conclusions des mascarades résultant des soit-disant consultations que les peuples acceptent pour le moment en silence.

Or ces peuples sont censés être représentés et par les partis politiques et par les élus aux parlements. Les uns et les autres s'acquittent-ils valablement de leurs missions ?

Les partis politiques dans les pays du Maghreb, sont de création récente : avant les indépendances, quelques mouvements de résistance ayant participé à l'éveil des consciences nationales, ont su s'ériger progressivement en partis politiques structurés et conquérir l'adhésion massive des populations.

Quand il ne se sont pas imposés en parti unique dans certains pays, on a assisté à la naissance dans d'autres Etats d'une pléthore de nouveaux partis créés de toutes pièces et dont l'objectif de leurs promoteurs était visiblement d'assurer leurs mainmises sur les destinés de leurs pays, de connivence avec les instances dirigeantes.

Au Maroc où il existe à ce jour vingt- sept partis politiques, cette tendance à la prolifération a pu à raison ou à tort être considérée comme un apprentissage de la démocratie, tout comme au théâtre où on apprend à jouer un rôle. Cet apprentissage a certes permis de développer progressivement une culture parlementaire, et l'on peut dire sans trop se tromper que le temps des mascarades électorales est révolu : les engagements pris par ce pays devant le monde rendent toute supercherie électorale peu probable et il faut espérer que les citoyens d'une part s'impliqueront réellement dans le processus démocratique, et que d'autre part les partis politiques réaliseront un jour ce qu'ont su faire les grandes sociétés privées en s'unissant ou en fusionnant : réaliser des gains de productivité et profiter des synergies.

En Algérie, le passage du parti unique de l'après-indépendance au pluripartisme était une excellente initiative d'un président averti mais vite écarté. La confiscation malheureuse des résultats des urnes a eu un effet désastreux dont on mesure encore aujourd'hui les conséquences néfastes. Tout récemment, le taux d'abstention le plus haut jamais enregistré lors d'élections législatives, constitue bien un verdict populaire franc et sincère, clair et sans ambiguïté. Saura-t-on entendre cette voix qui a tenu à ne pas se manifester ?
Pour la Tunisie, l'appétit du pouvoir -deux présidents élus en l'espace d'un demi- siècle !- permettra peut être à nos enfants de revoir le spectacle désolant d'un père, vieillard agonisant s'accrochant coûte que coûte au pouvoir.

La Libye demeure un exemple à part mais nul ne peut préjuger sur l'avenir de la democratie dans ce pays nanti et peu peuplé, aussitôt l'hypothèque levée. Les eaux silencieuses cachent souvent des crues bénéfiques.

La Mauritanie, contre toute attente, a récemment donné au monde un bel exemple de démocratie grâce à la sincérité et à la grandeur d'âme de l'un des siens, qui a su mettre sur les rails un train qui pourtant semblait condamné à connaître le sort malheureux de certains de ses semblables.

Nos partis politiques sont incapables d'épouser leur temps et ils sont en grande partie responsables de ce désengagement des citoyens de la chose publique. Or, ce sont les citoyens valablement encadrés par des partis responsables et respectueux de la légalité et de la démocratie qui alimentent les parlements.

Les parlements sont le reflet des partis politiques, et il ne faut pas s'étonner de trouver dans les assemblées des représentants qui souvent ne représentent qu'eux-mêmes alors que les pays regorgent de compétences, dans le terroir comme dans l'Hexagone ou le reste du monde. Ce manque d'intérêt pour la chose publique de la part des mieux lotis pour l'exercice de la démocratie, est édifiant et s'explique par le peu d'attrait qu'exercent sur eux les partis politiques souvent gérés par une gérontocratie vieillissante qui s'est accaparé le pouvoir depuis les indépendances comme se le sont accaparés certains leaders dans certains pays, où on aurait mieux fait d'instaurer la monarchie héréditaire : le jour où les dirigeants des partis politiques du Maghreb assureront leur « senghorisation*», ils connaîtront à l'instar des partis politiques européens, une adhésion conséquente et une restructuration bénéfiques, allant dans le sens de la bipolarisation : cette simplification des cartes politiques aura l'avantage de faire décliner des programmes aux objectifs clairs et précis ainsi que des projets de société concis, contrairement au brouillard ténébreux qui caractérise l'ensemble des « programmes » des champs politiques actuels.

Le vieillissement des cadres dirigeants des partis politiques sclérose la créativité, accentue la désaffection et le désintéressement des électeurs, détruit l'enthousiasme des élites animées de la volonté de faire avancer leur pays, transforme les parlements en chambres d'enregistrement et laisse le champ politique libre aux affairistes et aux extrémismes dévastateurs.

Dans ce paysage désolant, nous voyons heureusement s'imposer progressivement ce qu'Alexis de Tocqueville appelait de ses voeux pour une véritable consolidation de la démocratie : le rassemblement bénévole des citoyens dans un cadre associatif capable de les mobiliser pour la chose publique, qu'elle concerne leur quartier ou une cause juste et non contraire à la loi et aux bonnes meurs. Et c'est sûrement ce cadre qui va enfin réveiller les partis politiques de leur léthargie.

Un peu plus loin de nous mais très près de nos cœurs, une autre voix semble ne pas être entendue : celle du peuple palestinien exsangue et qui se voit décimer de jour en jour. La cohabitation impossible entre deux tendances extrêmes est l'occasion rêvée pour l'ennemi pour continuer à éliminer progressivement ce peuple! Pourtant, la plus haute autorité de «l'Etat» a la possibilité de renvoyer les élus devant leurs électeurs pour connaître décidément ce que désire ce peuple en voie d'élimination progressive. Que la voix de ce peuple soit enfin entendue et si la consultation renvoyait la même majorité, eh bien il l'aura voulue, sa voix aura été entendue.

Ces événements politiques du mois dernier soulignent les ressemblances mais aussi les différences notables que connaissent nos paysages politiques. Les évolutions ne se font pas au même rythme, les vitesses ne sont pas uniformes. Mais la vox populi, cette voix des peuples que les oreilles de certains dirigeants ne savent pas ou ne veulent pas entendre, ne cessera de renvoyer ses ondes de choc. «Seuls les yeux des aveugles contestent le soleil». **


* Léopold Sedar Senghor, un des rares dirigeants africains, régulièrement élu, à s'être retiré du pouvoir au terme de son mandat, dans la dignité. Son nom restera à jamais inscrit dans les annales de l'Histoire.
** «ma inakrou chems enhar ghir el amian.» -Saki- Mohamed Benslimane- XVIIIè siècle -.

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