Pour discuter de ces problématiques, Maghrebart a organisé, comme chaque année, une table ronde pour faire une lecture du bilan-2006 présenté par le Centre cinématographique marocain. Une occasion pour entamer un débat sur le cinéma et faire ressortir les difficultés qui entravent sa bonne marche. «Je pense que le bilan 2006 est positif dans le sens de l'observation des chiffres, vu qu'on a assisté à une multiplication de tournages de longs et courts métrages ainsi que de documentaires. La production a considérablement augmenté passant à 80 millions de dirhams.
Cette année a été marquée par les 50 millions de dirhams accordés à l'avance sur recettes des productions. Par contre, la qualité des films n'était pas brillante ni meilleure à celle de 2005. 2006 était plutôt l'année des confrontations et des antagonismes entre producteurs et réalisateurs, puis la fermeture de beaucoup de salles de cinéma. Plusieurs villes se retrouvent actuellement sans salles obscures. La capitale compte aujourd'hui trois à quatre salles de cinéma. Chose aberrante et regrettable pour la ville de Rabat. Il faut réagir vite pour sauver ce qui peut l'être », affirme Fouad Souiba.
En effet, avec moins de cent salles au Maroc, on ne peut pas prétendre à une activité cinématographique florissante, ajouter à cela le coût élevé du cinéma. «En effet, le cinéma coûte cher, sa technologie aussi, sa main-d'œuvre compétente...
La solution consiste à trouver des accords de coproduction pour pouvoir faire un bon produit avec le prix qu'il faut. Le producteur marocain doit lui-même chercher des fonds et ne pas attendre que l'Etat lui donne tout. Il y a beaucoup d'organismes donateurs de fonds qu'il faut aller chercher en Europe ou dans les pays arabes. De cette manière, on peut produire plus et mieux. Par exemple, Nabil Ayouch a fait cette expérience avec des Américains, des Français, des Canadiens en plus du Maroc et a réussi à réaliser une super coproduction à hauteur de 12 millions de dollars».
Mais, avec tous ces problème que contracte le 7e Art, le CCM arrive à relever un progrès palpable au niveau qualitatif et quantitatif. Le Box office des trente premier films de l'année 2006 (situation arrêtée au 15-2-2007) dévoile quatre films marocains en tête de cette liste, devançant deux productions américaines.
«Ce qui nous pousse à constater que le citoyen marocain préfère voir des films réalisés par des Marocains. Un constat que nous relevons aussi avec le passage du nombre des cinéphiles de 245.000 en 2005 à 500.000 en 2006 », précise le représentant du CCM, Mohamed Kamal Mghazli, chef de la division, de la distribution et de l'exploitation.
Il a, également, mis le point sur le rôle que joue la piraterie dans la régression du domaine. « Mais, ce n'est pas le seul facteur, puisque la télévision reste en tête des outils des loisirs pour les jeunes. Il faut dire que la problématique du cinéma ne se limite pas uniquement au piratage. C'est aussi la situation des salles, le niveau des films, le manque de promotion, entre autres ».
Hamid Bennani, membre de la Chambre marocaine de producteurs de films, trouve que la loi de l'avance sur recettes est venue à point nommé pour dynamiser la participation de certaines productions, ajoutant que c'est un moyen souple qui donne plus de liberté pour que le produit soit payé à juste prix.Toutefois, un représentant de la Chambre des techniciens déplore la marginalisation des techniciens marocains professionnels au profit d'étrangers ou d'autres qui n'ont rien à voir avec le métier du cinéma.
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REPÈRES
Les films en tête de liste de 2006
> «Marok» avec 131.429 entrées
> «Abdou chez les Almohades» avec 126. 305 entrées
> «La Symphonie Marocaine» avec 100.251 entrées
> «Les Ailes Brisées» avec 64.074 entrées.
Cette année a été marquée par les 50 millions de dirhams accordés à l'avance sur recettes des productions. Par contre, la qualité des films n'était pas brillante ni meilleure à celle de 2005. 2006 était plutôt l'année des confrontations et des antagonismes entre producteurs et réalisateurs, puis la fermeture de beaucoup de salles de cinéma. Plusieurs villes se retrouvent actuellement sans salles obscures. La capitale compte aujourd'hui trois à quatre salles de cinéma. Chose aberrante et regrettable pour la ville de Rabat. Il faut réagir vite pour sauver ce qui peut l'être », affirme Fouad Souiba.
En effet, avec moins de cent salles au Maroc, on ne peut pas prétendre à une activité cinématographique florissante, ajouter à cela le coût élevé du cinéma. «En effet, le cinéma coûte cher, sa technologie aussi, sa main-d'œuvre compétente...
La solution consiste à trouver des accords de coproduction pour pouvoir faire un bon produit avec le prix qu'il faut. Le producteur marocain doit lui-même chercher des fonds et ne pas attendre que l'Etat lui donne tout. Il y a beaucoup d'organismes donateurs de fonds qu'il faut aller chercher en Europe ou dans les pays arabes. De cette manière, on peut produire plus et mieux. Par exemple, Nabil Ayouch a fait cette expérience avec des Américains, des Français, des Canadiens en plus du Maroc et a réussi à réaliser une super coproduction à hauteur de 12 millions de dollars».
Mais, avec tous ces problème que contracte le 7e Art, le CCM arrive à relever un progrès palpable au niveau qualitatif et quantitatif. Le Box office des trente premier films de l'année 2006 (situation arrêtée au 15-2-2007) dévoile quatre films marocains en tête de cette liste, devançant deux productions américaines.
«Ce qui nous pousse à constater que le citoyen marocain préfère voir des films réalisés par des Marocains. Un constat que nous relevons aussi avec le passage du nombre des cinéphiles de 245.000 en 2005 à 500.000 en 2006 », précise le représentant du CCM, Mohamed Kamal Mghazli, chef de la division, de la distribution et de l'exploitation.
Il a, également, mis le point sur le rôle que joue la piraterie dans la régression du domaine. « Mais, ce n'est pas le seul facteur, puisque la télévision reste en tête des outils des loisirs pour les jeunes. Il faut dire que la problématique du cinéma ne se limite pas uniquement au piratage. C'est aussi la situation des salles, le niveau des films, le manque de promotion, entre autres ».
Hamid Bennani, membre de la Chambre marocaine de producteurs de films, trouve que la loi de l'avance sur recettes est venue à point nommé pour dynamiser la participation de certaines productions, ajoutant que c'est un moyen souple qui donne plus de liberté pour que le produit soit payé à juste prix.Toutefois, un représentant de la Chambre des techniciens déplore la marginalisation des techniciens marocains professionnels au profit d'étrangers ou d'autres qui n'ont rien à voir avec le métier du cinéma.
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Redonner vie au secteur
Le cinéma reste un tout. Redonner vie à ce secteur ne peut se réaliser qu'à travers des programmes culturels de sensibilisation, en faisant revivre les salles obscures, en révisant les prix des rentrées, en créant des cartes d'accessibilité et surtout en revoyant les conditions de projection des films qui sont un facteur essentiel dans la régression du nombre des cinéphiles. Toutes ces questions relèvent de la réaction des pouvoirs publics et des élus qui doivent prendre les choses entre les mains pour ne plus continuer à donner de l'argent pour des films qui ne marchent pas.REPÈRES
Les films en tête de liste de 2006
> «Marok» avec 131.429 entrées
> «Abdou chez les Almohades» avec 126. 305 entrées
> «La Symphonie Marocaine» avec 100.251 entrées
> «Les Ailes Brisées» avec 64.074 entrées.
