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Fès au rythme de la musique indienne

Le Jaipur Brass Band, grand invité du Festival ‘'Jazz in Riads''

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Samedi matin, place El Batha de la médina de Fès. Cinq musiciens, habillés en costumes exotiques, jouent aux percussions et aux clarinetes, tandis qu'une danseuse interprète des chorégraphies de serpent et un ‘'fakir'' marche sur du verre, des clous et danse en portant sur sa tête une sorte de marmite et une dizaine de verres. Le tout, le cadre d'un film hollywoodien mais réalisé dans un décor purement marocain.

On est au deuxième jour du Festival ‘'Jazz in Riads'' que la capitale culturelle du pays a abrité du 16 au 18 novembre. Les acteurs de la place sont les membres de Jaipur maharajah Brass Band, la fanfare venue droit du Rajasthan de l'Inde pour animer les matinées du festival à la médina.

A 11h déjà, les musiciens enflamment la place avec les sonorités de leurs tambours, tubas, trompettes et soubassophones. Les passants, interpellés par cette présence extraordinaire, se réunissent petit à petit formant ainsi une “halka” autour de ces étrangers qu'ils ne voient d'habitude que sur les écrans. Des jeunes et des moins jeunes secouent leurs têtes et bougent leurs pieds en tentant de trouver le bon pas qui suit le rythme. Certains Fassis, Fano du cinéma indien, semblent apprécier le spectacle. Dans la foule de plus en plus grandissante, des jeunes filles, très dynamiques, font la fête. “On adore la musique et le cinéma indiens. Et là, c'est la première fois qu'on voit des musiciens indiens se produire devant nous. C'est génial!” lance Mouna, qui parle au nom de ses copines.

Alors que les plus jeunes s'amusent, d'autres, voulant faire des courses, quittent rapidement la scène en marmonant : “C'est encore une de ces représentations d'un festival. Nous, on n'est même pas au courant.” En effet, aucune affiche n'annonce la tenue du festival, mais ceci n'a pas empêché le public de savourer le spectacle. La fanfare qui est la véritable âme de la fête indienne est synonyme de gaieté et de joie. Comme dans leurs pays d'origine, les maharajahs Brass Band ont généré dans les ruelles de Fès enthousiasme et bonne humeur.
Des dizaines d'enfants et d'adultes, des touristes nationaux et internationaux les suivent durant tout le défilé. Les plus avertis sortaient leurs caméras et appareils photos pour mémoriser à jamais ces moments uniques. Une touriste espagnole nous déclare avec un large sourire: ” C'est vraiment très beau, cela nous rappelle les ferias des villes espagnoles.

Sauf que chez nous, on ne voit pas des Indiens qui dansent.” Emportés par la frénésie de la fanfare, les spectateurs se sont laissés séduire par cette musique surprenante et mélodique où les clarinettes sont parfumées de volutes orientales hypnotiques et les trompettes d'airs bluesy. Outre la musique, les costumes aux couleurs chatôyantes et aux paillettes scintillantes étaient un autre outil de séduction et d'attraction.

Mais rien de cela n'égalait l'étonante prestation du ‘'fakhir'' qui, au rythme de la musique, était en transe et marchait sur des planches à clous, sur des sabres et sur du verre. La danseuse, avec ses accessoires fantaisistes et son maquillage très gai, ‘'se déhanche'' comme un serpent. En fait, ce sont des mouvements de cet animal domestique chez les Indiens que cette danse est inspirée.

Les artistes hors pair ont, en tous les cas, réussi à éblouir les spectateurs venus nombreux ce jour là et ont rappelé que le jazz est apparu dans les rues de la Nouvelle-Orléans avec les fanfares dont les “Marching Bands”.

Les maharajahs Brass Band sillonnent ainsi le monde pour faire connaître leur art influencé par une tradition musicale qui puise ses origines autant dans le folklore et le cinéma indiens que dans les structures rythmiques de la musique du nord de l'Inde. Ce qui donne un résultat unique.
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«Chez nous, la fanfare rythme chaque étape de la vie»

Interview : Amrat Hussain

Vous jouez pour la première fois au Maroc. Quelles sont vos impressions ?

On est très surpris par l'ambiance de fête qui règnait dans la rue durant le spectace. Le public était très heureux d'accueillir notre prestation. C'est comme si nous avions joué chez nous et non pas dans un pays étranger.

Comment pouvez-vous présenter votre musique au public marocain ?

Les marahajahs Brass Band jouent une musique dont l'âme est indienne mais les instruments sont occidentaux. C'est un mariage entre les musiques occidentale et indienne. Dans cette formation, j'ai essayé de rassembler des musiciens de différents tempéraments des meilleures fanfares du Rajasthan.

Ils se caractérisent par leur costume qui symbolise l'identité du Rajasthan et il y a aussi le ‘'fakhir‘‘qui, lui, présente des numéros insolites. Chez nous, la fanfare accompagne toutes les festivités religieuses et populaires. Elles rythment chaque étape de la vie: les naissances, les mariages... A l'origine, une fanfare est présentée dans la rue mais il arrive aussi que le groupe se produise sur scène dans les festivals nationaux et internationaux.

Qu'est-ce que vous saviez du Maroc avant d'y venir ?

J'ai déjà travaillé avec un musicien marocain. Donc, j'ai eu l'opportunité de mieux connaître la musique marocaine, sa diversité, sa richesse et ses origines nombreuses.
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