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Jeudi 21 Mai 2026
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Des centaines d'ouvriers en colère

Les gens habitués d'emprunter le boulevard Ghandi vont remarquer que depuis quelques jours, un nombre important d'hommes jeunes et moins jeunes se retrouvent chaque matin devant le bâtiment «Ghandi Mall» où se trouve le siège de l'entreprise «Tsyprom Lilbinaa».

Des centaines d'ouvriers en colère
Une action plutôt inhabituelle dans cette zone calme ! Des passants s'arrêtent donc pour comprendre la cause de ce rassemblement. En fait, il s'agit des ouvriers de cette société qui sont en manifestation depuis le 1er septembre. Les uns assis à terre et qui parlent à haute voix, les autres debout et qui gesticulent dans tous les sens. Ces ouvriers, maçons, menuisiers, plombiers et artisans, manifestent leur refus contre le congé forcé et non payé que leur a imposé l'entreprise. Ils sont au total 900 protestataires. Quelques centaines d'entre eux ont choisi d'exprimer leur colère devant le bâtiment «Ghandi Mall».

«Les hommes que vous voyez ici ne sont qu'une partie des ouvriers, nos autres collègues sont devant la préfecture d'Anfa. On ne peut plus accepter les décisions arbitraires de la direction», a souligné avec un ton marrakchi l'un des protestataires. La colère de ces ouvriers a été déclenchée à cause de la dernière décision de «Tsyprom Lilbinaa» , qui veut leur «imposer un congé non payé jusqu'au 15 septembre». «On vient de rentrer d'un congé qui a duré un mois et demi du 15 juillet au 31 août», déplore un manifestant.

Et de préciser que ce congé a été décidé sous prétexte que la région de Bouznika, lieu du nouveau projet de «Tsyprom Lilbinaa», connaît un flux de touristes nationaux et étrangers, et la société a été obligée de suspendre les travaux pour les entamer au début de septembre.  «J'étais choqué lundi matin quand on m'a annoncé de reprendre un autre congé de 15 jours non payé», affirme un ouvrier maçon.

«Le détail qui nous inquiète se résume au fait que la suspension n'avait pas touché tous les ouvriers. 244 parmi eux ont travaillé même pendant le mois d'août», affirme, sur un ton coléreux, Ahmed, un des manifestants. Pour ces derniers, la décision de leur patron n'est pas légale. «Il n'a pas le droit de nous imposer un autre congé non payé… Il doit donc nous donner des explications…», ajoute Ahmed. «L'entreprise a sincèrement mal choisi la période de ce soi-disant ‘'licenciement''.

C'est le Ramadan et la plupart d'entre nous ont des enfants», lance-t-il avec amertume. Malgré la colère apparente sur leurs visages, ces manifestants expriment la volonté de comprendre leur actuelle situation après des années de travail acharné. «Nous allons continuer de se présenter sur les lieux pour revendiquer nos droits jusqu'à ce que la direction décide de discuter avec nous ce problème», déclare un des ouvriers assis devant le «Ghandi Mall».
Contactés à ce sujet, question d'avoir leur version des faits, les responsables de ladite entretprise n'ont pas jugé opportun de répondre à nos incessants appels.

* Journaliste stagiaire
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Affaires

La société «Tsyprom Lilbinaa» travaille dans le domaine de la construction de bâtiments. De nationalité irakienne, le propriétaire de cette entreprise s'est installé au Maroc en 2004. Depuis sa création, l'entreprise a réalisé des projets immobiliers à Sidi Maârouf et Bir Anzarane. Elle va également entamer les travaux de construction de la troisième tranche du projet Marina Agadir. Tsyprom a entrepris aussi l'exécution des travaux du projet immobilier Jardins de Benslimane dans la ville de Benslimane.
Le projet de Bouznika, où travaillent les manifestants comprend la construction de 132 villas de haut standing.
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Qu'en dit le Code du travail ?

Le code du travail considère, dans l'article 243, que la durée du congé annuel payé ne se confond pas avec le délai de préavis. En outre, l'article 245 stipule que les dates du congé annuel sont fixées par l'employeur après consultation des délégués des salariés et, le cas échéant, des représentants des syndicats dans l'entreprise. Les dates de départ des salariés en congé annuel payé sont fixées après consultation des intéressés, en tenant compte de la situation de famille des salariés et de leur ancienneté dans l'entreprise. Selon l'article 246, l'ordre des départs doit être communiqué à tout salarié ayant droit au congé annuel payé au moins trente jours avant la date de départ, sauf dispositions plus favorables pour le salarié prévues dans la convention collective de travail ou le règlement intérieur.

L'ordre des départs est affiché dans un lieu habituellement fréquenté par les salariés dans les lieux de travail, notamment dans les bureaux, dépôts et chantiers. Par ailleurs, l'ordre des départs doit être consigné sur un registre tenu constamment à la disposition des salariés et des agents chargés de l'inspection du travail.

Dans ce même contexte, l'article 247 considère que si le congé annuel payé s'accompagne de la fermeture totale ou partielle de l'établissement, l'employeur doit en aviser l'agent chargé de l'inspection du travail. Dans ce cas, tous les salariés reçoivent une indemnité du congé annuel payé correspondant à la durée de cette fermeture, quelle que soit la durée de leur service au jour de la fermeture.
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