Nation

Entretien

«Comment peut-on être Marocain ?»

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Abdessalam Chedadi

Abdessalam Chedadi

Le titre « Comment peut-on être Marocain ? » nous rappelle le chapitre des « Lettres persanes » intitulé « Comment peut-on être Persan ? » écrit en 1721 et publié anonymement à Amsterdam par Montesquieu, issu d'une grande famille de parlementaires bordelais, grand voyageur, précurseur d'idées qui, sous des aspects de critiques et de satires, nous invite à des réflexions profondes.

Le livre collectif « Comment peut-on être Marocain ? » est édité par Abdessalam Chedadi qui vient de recevoir le Prix international du Roi Fayçal pour les études islamiques, aux éditions « Maison des Arts, des Sciences et des Lettres ». L'historien pose une question pas seulement «ironique et sérieuse » mais profonde. Au moment où le phénomène des « harraga», touchent toutes les couches de la population, jeunes et moins jeunes au moment où la majorité des Marocains veulent émigrer, quitter leur pays, l'auteur prend le sablier dans l'autre sens pour s'interroger sur «l'être marocain dans le monde aujourd'hui» mais pas seulement. Pour ceux qui sont restés et ont décidé qu'être Marocain est un choix volontaire, un pari sur l'avenir, il est bien légitime, s'interroge A. Chedadi que nous nous interrogions sur notre marocanité : comment tout d'abord se penser en pensant le monde ? Comment peut-on être Marocain ? Cette incursion intérieure ne répond pas à une curiosité malsaine mais bien à un appel de l'auteur à tous les Marocains de ne pas se contenter de subir leur marocanité, mais de «la penser ensemble de façon active et créative».

La plupart des artistes écrivains penseurs, ils sont dix, qui ont contribué à cet ouvrage en privilégiant leurs expériences personnelles nous donne des textes admirables et bouleversants qui montrent qu'au-delà des vicissitudes de la vie, ils portent, comme le souligne Kebir Ammi, « le Maroc chevillé à leurs âmes » au-delà des déclarations d'amour comme celle faite par Tahar Benjelloun : «plus je voyage, plus je m'éloigne, écrit-il géographiquement du Maroc, plus ce pays, sa lumière, ses odeurs, ses contradictions, ses incohérences, ses bruits, sa musique, sa beauté, me manquent».

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Interview • Abdessalam Chedadi, spécialiste de l'historiographie arabe

Abdessalam Chedadi, lauréat du Prix international du Roi Fayçal pour les études islamiques, spécialiste de l'historiographie arabe, a publié une dizaine d'ouvrages sur Ibn Khaldoun, ainsi que la traduction de la Moqqaddima publiée chez Gallimard dans la prestigieuse collection de la Pléiade.Il vient de créer avec des amis la « fondation culture du monde » et prépare un forum de la création au Maroc qui réunira architectes, designers, artistes, musiciens, acteurs, écrivains …mais aussi des décideurs politiques et représentants des médias qui se tiendra à Casablanca du 6 au 9 mai. La société civile, dit-il, doit avoir une voix qu'elle doit faire entendre pour revivifier notamment la culture qui apporte indéniablement une valeur ajoutée au développement.

LE MATIN : Méditer sur ce qui fait notre marocanité, sur ce que nous faisons d'elle, sur ce qu'elle fait de nous : une lubie d'intellectuel, un devoir urgent du citoyen, une exigence de lucidité ? C'est la question que vous vous posez et qui est difficile ?

ABDESSALAM CHEDADI :
Ce que j'ai, en tout cas, découvert c'est que se prêter à cet exercice n'est pas une mince affaire. Au cours de plusieurs mois, chaque fois que j'ai essayé de m'y plonger, j'ai senti que je me heurtais à un mur, que je me trouvais devant une porte fermée ; ma mémoire, mon imagination, mon intelligence se figeaient, et j'ai été constamment contraint de remettre la tâche au lendemain, non sans malaise. Quelques mots, quelques phrases émergeaient de temps à autre, mais dès que je voulais me concentrer sur le sujet, ma tête se bloquait. Trop de choses, peut-être, venaient se bousculer en même temps dans mon esprit ? Les Marocains en général n'aiment pas parler d'eux-mêmes de façon intime, dévoiler leurs secrets. Pudeur ? Ou forte résistance qui serait l'effet d'un refoulement collectif que je partagerais avec mes compatriotes ?.

Il faut pourtant pousser la reflexion et se demander ce qu'est la marocanité ?

La «marocanité», est-ce cette chose que nous devons déclarer ou avouer chaque fois que nous franchissons une frontière, ou dont nous parlons parfois entre nous, comme lorsque, à court d'explications devant ce qui blesse notre intelligence ou hérisse notre sensibilité, nous nous disons de par nous-mêmes : «mais cher ami, tu es au Maroc, où te crois-tu ?» La «marocanité», est-ce ce dont nous disons être fiers, avec plus ou moins de contentement ou d'ironie, en invoquant « notre enracinement dans l'histoire », « l'ancienneté de notre civilisation», comme si nous étions les seuls au monde à avoir une histoire et une civilisation ?

Pour comprendre, il faut revenir à l'enfance qui marque à jamais ? Où êtes-vous né ?

Je suis né sur une terre, le Maroc. Je sais cette marocanité indélébile, comme pourrait l'être toute appartenance à la terre où on est né. J'ai passé la plus grande partie de ma vie, depuis que j'ai pris conscience de moi-même et des choses autour de moi, à regarder vers d'autres horizons et d'autres mondes, à imaginer l'ailleurs, puis à m'y rendre, à l'arpenter. Une longue expérience m'a permis d'en saisir la matérialité, d'en déchiffrer le symbole. Je sais fréquenter l'ailleurs dans l'ici, retrouver l'ici dans l'ailleurs. Vivre l'ailleurs comme une aspiration impossible. Fêter la terre intérieure qui m'habite, savoir aussi m'en départir. Partout où je suis, engagé dans ma marocanité ou contemplant des terres étrangères, je sais que ce qui compte, c'est l'ailleurs d'ici mais aussi l'ici de l‘ailleurs, un sentiment qui reconnaît la nécessité d'une centration physique et psychique de l'être sans jamais se perdre dans la pure nostalgie. L'ici, l'ailleurs, ce sont des paysages et des hommes, une écoute attentive et un regard pénétrant qui traversent la culture propre et les cultures du monde, un mouvement permanent vers l'approfondissement de soi et l'auto dépassement.
Fès où je suis né. L'eau de Wâd al-Jawâhir, la Rivière des Perles, sous le pont reflétant la frondaison le long de son cours, sertie comme une coulée de diamants dans une couronne d'émeraudes, féerie sous mon regard ébloui d'enfant. Ma mère, dans la cour pavée de carreaux de faïence multicolores sentant l'eau de javel et le savon noir ; mon père me tenant la main à travers les champs fleuris de Lemta ; les jardins de Bab Lhdid ou de Bab Lguissa admirés à travers le trou
de la serrure ; les monceaux de roses, de fleurs d'oranger, de fèves vertes, d'escargots, de melons, de pastèques dans les marchés de Joutiya ou de Rsif ; le boulfâf et le qaddid du mouton de l'aïd grillés au charbon de bois ; la Ville Nouvelle, ahurissante, rutilante, habitée d'êtres beaux, élégants et inaccessibles comme des dieux.

Puis vint ce que vous appelez l'exil avec ses joies, ses découvertes et sa nostalgie ?

Ces souvenirs, ces sensations parmi tant d'autres du même genre, ont résisté à de longs exils, à l'érosion du temps de la révolte et des remises en question. Ils ont longtemps fait écran aux splendeurs parisiennes, florentines, moscovites ; à celles d'Amsterdam, de Berlin, de New York, de Kyoto. Quoi, c'est ça Paris, Moscou, Amsterdam, Londres, Rome ! Ce n'est que ça ? Chose paradoxale et étrange, l'avenue des Champs-Élysées, la Place de la Concorde, Notre Dame de Paris, m'ont paru petits, presque mesquins quand je les découvris pour la première fois à dix-sept ans. Par rapport à quoi ? Par rapport à mon monde à moi, qui était le monde. ...Je vécus deux ans à Moscou, puis une quinzaine d'années à Paris, et deux ans aux États-Unis. Je ne sais comment s'est opéré en moi le long travail qui a fini, je ne sais à quel moment exact, par transformer ma sensibilité et mon goût, mon appréhension des formes, des couleurs, des harmonies, des proportions, des mélodies, de la voix, jusqu'à ce que j'ai pu apprécier un édifice roman ou gothique, l'architecture de Le Corbusier ou de Wright, une peinture de la Renaissance, une estampe japonaise, un Picasso, un Matisse ou un Modigliani, un jardin de pierre zen, une calligraphie ou une peinture chinoises, un masque africain, une sculpture indienne, des statuettes aztèques ou incas, une suite de Bach, un concerto ou une symphonie de Mozart, un chant tibétain, une danse indienne, un morceau de cithare de Shankar....J'ai mis plus de temps à découvrir, le souffle coupé à la fois d'admiration et d'étonnement, l'art, la littérature et la philosophie islamiques : au-delà de la Qaraouiyine et des médersas mérinides dont la beauté a illuminé mon enfance et ma prime jeunesse à Fès, de la Koutoubia, de la Tour Hassan et des ksours sahariens que j'ai visités, adolescent, j'ai contemplé avec émerveillement les fresques de Qusayr Amra, le Dôme du Rocher à Al-Qods, la Mosquée omeyyade de Damas, les restes du palais d'Ukhaydir, les restes des enceintes, des palais et des mosquées de Samarra, la mosquée d'Ibn Tûlûn au Caire, la madrasa Mustansiriyya à Bagdad, le mausolée samanide à Boukhara et le minaret de Wabkhent à une trentaine de kilomètres de cette ville, la tour de Gumbad-i Qabus à Jurjân, la tour de Massud III à Ghazni, l'observatoire d'Ulugh Beg à Samarkand, la mosquée du Chah à Ispahan, la mosquée de Quwwat al-Islam à Delhi, le mausolée de Kunya Urgench en Ouzbékistan, le jardin de Chalimar à Lahore, le Taj Mahal à Agra, les mosquées et les palais d'Istanbul, et, plus près de nous, l'Alhambra de Grenade et la mosquée de Cordoue, j'ai admiré dans les musées musulmans, européens ou américains, des milliers d'objets, de peintures et de miniatures époustouflants de variété, d'imagination, de créativité, et ils ont depuis lors hanté mon esprit, revenant constamment dans mes rêves.
Mes études de philosophie et d'histoire m'ont mis en contact avec la pensée et la culture occidentales, indiennes, chinoises, japonaises, africaines, et, tardivement, arabes. Elles ont été très longues, sans souci des diplômes, parce que je voulais tout savoir, tout comprendre. Je suis passé de la philosophie à l'histoire, puis de l'histoire à l'anthropologie et à la philosophie de l'histoire, poussé par une exigence intérieure irrépressible : saisir toutes les formes de l'humain, partout, en tout temps. Dans le même temps, j'ai milité dans des associations, des syndicats, des partis politiques, croyant pouvoir «transformer le monde». Voulant tout expérimenter par moi-même, j'ai travaillé à l'usine et dans les champs, j'ai enseigné dans des écoles et dans des collèges de banlieue, j'ai donné des cours privés et enseigné dans de grandes universités françaises et américaines. J'ai fait de la peinture, de la sculpture, de la musique. J'ai pratiqué les sports les plus divers, les arts martiaux, l'escalade, l'alpinisme. Tout cela a été possible en dehors du Maroc. À cette époque, ma «marocanité» s'était évaporée. Je ne pensais plus au Maroc, je résidais à Paris, mais je croyais pouvoir vivre n'importe où dans le monde. J'étais un individu sans attache. Je récusais même toute forme d'appartenance nationale. Étrangement, pétri de culture française, je ne me sentais pas Français et je n'ai jamais pensé à demander la nationalité française.

Que s'était-il passé en vous au juste pendant toutes ces années ? Quels avaient été les ressorts profonds d'une démarche d'acculturation ouverte sur toutes les cultures du monde ? Que signifiait la mise en sommeil de votre culture d'origine ?

....Je soupçonne maintenant que mon mobile le plus profond était ailleurs : une blessure, une sourde révolte qui remontaient à mon enfance. J'ai grandi dans une société traumatisée par la présence de l'occupant étranger qui se conduisait en maître absolu. À l'école, dans la rue, dans les administrations où j'attendais de longues heures pour obtenir un papier, je me sentais obscurément humilié par le ton d'autorité des agents français, leur maintien, leur costume, la rougeur éclatante sur leur peau propre, blanche et brillante, leur langue, le son de leur voix, leur richesse au milieu de notre indigence et, plus tard, quand je devins un peu plus grand, je fus blessé et révolté au spectacle de la répression des manifestations pour l'indépendance. Blessure enfouie, mais jamais cicatrisée, bien que ce ne fût que bien plus tard, dans les bibliothèques et les centres de documentation de Paris, de Versailles, de Nantes, que je pus commencer à percevoir toute l'ampleur de l'inhumanité, de l'aliénation et de la violence du phénomène colonial, qu'on tente aujourd'hui de réhabiliter par d'hypocrites déclarations d'amitié tendant à faire croire effrontément aux « côtés positifs de l'ère coloniale » ou, comme dans une émission télévisée diffusée par 2M, à «une success story» entre la France coloniale et le Maroc, gommant les bombardements de Casablanca, du Sud et de l'Atlas, les déportations de populations et
le travail forcé qui leur avait été imposé, l'expropriation de toutes les bonnes terres marocaines sous une forme ou une autre, l'administration policière et la privation des Marocains de tous leurs droits, la marginalisation et l'ossification
de leur culture pendant cinquante ans.

De cette blessure naît comme un appel de la terre, renforcé par l'appel du père ?

Des rêves répétés et angoissants évoquant la mort de mon père m'incitèrent à retourner précipitamment au Maroc..... Après la mort de mon père, je pris la décision de m'installer au Maroc. Mon père n'avait pas fait d'études poussées, mais il avait profité des leçons publiques qui étaient encore, à l'époque de sa jeunesse, dispensées à la Qaraouiyine suivant une tradition ancestrale. Il était pieux d'une manière sobre et discrète et, pendant cette dernière année de sa vie, j'entretins avec lui une relation intense. Il me raconta ses rêves répétés où il avait vu le Prophète dans une lumière céleste ; ce qui l'avait le plus frappé, c'était le parfum d'encens qui remplissait l'air et qui, miraculeusement, s'était conservé intact dans son nez après son réveil et durant plusieurs jours de suite. Je fus touché par sa piété, qu'il vivait désormais solitairement et dont il voulut, me semblait-il, me communiquer quelque chose à travers les effluves persistants du parfum d'encens de sa vision. Sa religiosité était simple, une foi personnelle qui ne se souciait pas d'apparence : elle consistait en une observance stricte de ses devoirs et la préparation de son âme pour l'autre monde. J'accueillis les entretiens que j'eus avec lui comme un legs précieux, qui, plus que toute autre chose, m'enracina dans la terre marocaine. .... Soudain, les visions de mon père, son geste de partage, me firent comprendre cela. Ce que j'avais tenté de poursuivre depuis toujours, inconsciemment, dans un effort incessant de me départir de moi-même et de rechercher sans relâche l'humain universel, il l'avait réalisé, apparemment sans bouger de sa place, simplement en vivant jusqu'au bout sa tradition et sa foi. La lumière céleste et l'encens du rêve dont il m'avait fait don étaient donc la lumière et l'encens de l'âme qui nous habitent tous, qu'il nous faut du temps pour reconnaître et partager. Je compris aussi pourquoi, brutalement, j'avais tout quitté pour rentrer au Maroc. Ce n'était pas pour le Maroc, c'était, obscurément, pour reccueillir le don que mon père devait me transmettre avant sa mort. Le Maroc était le lieu où je pouvais recevoir ce don. Dans ce don, il y avait quelque chose qui n'appartenait en propre ni à mon père ni à personne. Nous étions lui et moi les chaînons d'une longue chaîne de transmission qui nous dépasse. Mon père aurait-il pu venir à moi, là où je me trouvais, dans n'importe quel lieu de la terre ? J'incline parfois à croire qu'il aurait pu le faire, et que le don qu'il m'avait accordé, qui n'appartenait à personne en propre, aurait pu m'être offert par tout autre. Il m'apparaît d'autres fois, paradoxalement, que le fait que je le reçus de lui au Maroc était à la fois un hasard et une nécessité.

Plus qu'un hasard, on pourra l'interpréter comme une necessité. Reste cette question lancinante, comment vous assumez-vous en tant que membre de la communauté vivant au Maroc ?

Je compris depuis ce temps ce que signifie l'appartenance à une terre. Partir, revenir, ne jamais revenir, s'implanter ici ou ailleurs, vivre en nomade, est-ce si différent quand l'essentiel est ailleurs ? Au Maroc, nous sommes dans la vocation d'Abraham depuis plus de mille quatre cents ans. La voie abrahamique est devenue une vocation marocaine. Mais qui la suit sait fort bien qu'elle est d'ici et de nulle part. Dès lors que j'ai choisi de vivre au Maroc, ou plutôt que j'ai voulu assumer ma vocation marocaine, une question s'est imposée à moi. Sans renoncer ni à mon point de vue universel qui m'est devenu consubstantiel ni à la culture moderne que j'ai acquise hors du Maroc et qui fait désormais partie intégrante de ma personnalité, comment m'assumer comme Marocain ? Autrement dit : comment m'assumer comme homme et comme membre d'une communauté ? Je sais que nombreux sont les Marocains qui, comme moi, ont mal au Maroc, qui ont la culture et les compétences requises pour agir, qui croient en leur “marocanité” et ont choisi d'en faire leur vocation malgré toutes les difficultés et en dépit de tous les obstacles, qui cherchent à redéfinir les bases d‘un contrat bon et juste du vivre-ensemble. On dit en marocain yedd wahda ma katsaffaksh on n'applaudit pas d'une seule main. Sachant qu'il ne peut y avoir de vocation marocaine solitaire, je ne prétends à rien d'autre qu'à mettre la mienne à côté de celles des autres en espérant que nous puissions ensemble former une vocation pour le Maroc.

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