Aller au hammam était tout un rituel, où l'on se rendait comme si on partait en guerre, prêt à en découdre avec le premier venu. Les temps ont changé. Aujourd'hui, c'est la classe. En effet, massage et autres prestations peuvent coûter au-delà des 250 DH. Toutefois, les autres bains maures, populaires, qui n'ont pas disparu pour autant, ont su garder au fil du temps des habitudes qui leur collent à la peau. Il s'agit des mauvaises habitudes et le rituel guerrier cité précédemment. En échange de 10 DH, on se fait une peau neuve et, accessoirement, on peut se faire la peau, tout court. Maria avait décidé, ce jour-là, d'aller au hammam. Un exercice hebdomadaire auquel elle se livre depuis qu'elle est jeune.
Son sac chargé d'effets de bain sous le bras, en plus de son propre seau, comme le font la quasi-totalité des femmes, Maria était prête à se jeter à l'eau. Comme il est de coutume durant le week-end, ce bain de quartier était archicomble. La jeune femme se débrouilla tant bien que mal pour dénicher une petite place pour s'asseoir au milieu des autres femmes qui étaient là pour les mêmes raisons. Sauf que cet exercice familier allait, ce jour-là, tourner au drame pour la jeune femme. Dans toute instruction d'affaire criminelle, il y a toujours des pièces à conviction, des affaires saisies servant à instruire le dossier. Dans cette affaire, l'arme du crime saisie comme pièce à conviction était, pour le moins, insolite.
Elle n'en était pas moins encombrante, encore moins mortelle. Les éléments de la police judiciaire qui ont eu le dossier en main sont unanimes : c'est sans aucun doute l'une des armes du crime les plus étranges de par le monde. D'habitude, il est question d'armes blanches, tel le couteau, un coutelas, une paire de ciseaux, objets en fonte, ou encore d'armes à feu sous d'autres cieux.
Dans l'affaire de la jeune Maria, 24 ans, l'arme du crime consistait en… un seau en plastique. On aura tout vu. Plusieurs semaines après son arrestation, Maria était conduite au tribunal pour la dernière fois. Ce jour-là, elle héritera du verdict inhérent à son délit. Pourtant, elle ne voulait pas en arriver là. Le jour du crime, elle voulait juste prendre son bain et rentrer chez elle le plus tranquillement du monde.
Le destin, ou plutôt son comportement et son manque de contrôle et de sang froid en ont décidé autrement. Le moment fatidique allait bientôt intervenir. Maria ne tenait plus sur ses jambes. Son destin allait être joué au gré des quelques phrases que prononcera le président de la séance. La sentence tomba tel un couperet : 10 ans de réclusion criminelle. Maria s'effondra, fauchée à la fleur de l'âge par la privation de liberté, et pour une bonne période. Elle aura 34 ans à sa libération et, en chemin, elle aura perdu son job, son avenir, son fiancé et ce qui allait être sa future vie de couple… bref, c'est sa vie qu'elle voyait lui glisser entre les doigts, en toute impuissance. Personne ne lui aurait souhaité un tel désastre, même pas ceux qui l'ont jugée, mais il fallait bien que justice soit rendue. La Justice doit avoir le dernier mot.
Ce cauchemar avait, donc, débuté lors de ce dernier week-end de liberté pour Maria. Une fois à l'intérieur du bain maure, assise à la petite place qu'elle avait dénichée, tout allait se jouer en une fraction de seconde. Quelques gouttes d'eau chaude ont atterri sur sa peau, venant de la jeune femme assise à ses côtés. Maria ne dira pas un mot, sachant que le hammam battait son plein et que, somme toute, ça devait être normal. Mais la jeune allait être éclaboussée une deuxième fois, avec de l'eau presque bouillante, et de manière plus prononcée. Elle décida de réagir, emportée, car c'était la goutte de trop.
La jeune femme à ses côtés, Siham, la trentaine, responsable du désagrément, s'excusa. Mais ce n'était pas suffisant pour calmer la jeune Maria, subitement hors d'elle suite à cette «agression» répétitive. Entrant de plain-pied dans un échange virulent d'invectives, les deux jeunes femmes allaient franchir un second pas: Siham se saisira d'un seau rempli d'eau chaude dont elle balancera le contenu à destination de Maria qui en fera de même, ou presque, en envoyant à son «ennemie» et le seau et ce qu'il contient. Les deux femmes se mettent debout et entament alors une séance de taloches, spectacle assez ordinaire dans un bain au féminin. Les "belligérantes" avaient failli s'entretuer si ce n'était l'intervention des femmes présentes sur place, tout comme celles qui gagnent leur pain quotidien au hammam. La bataille fut avortée, les deux femmes séparées et chacune éloignée de l'autre. Tout était rentré dans l'ordre. Le pire restait à venir…
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Son sac chargé d'effets de bain sous le bras, en plus de son propre seau, comme le font la quasi-totalité des femmes, Maria était prête à se jeter à l'eau. Comme il est de coutume durant le week-end, ce bain de quartier était archicomble. La jeune femme se débrouilla tant bien que mal pour dénicher une petite place pour s'asseoir au milieu des autres femmes qui étaient là pour les mêmes raisons. Sauf que cet exercice familier allait, ce jour-là, tourner au drame pour la jeune femme. Dans toute instruction d'affaire criminelle, il y a toujours des pièces à conviction, des affaires saisies servant à instruire le dossier. Dans cette affaire, l'arme du crime saisie comme pièce à conviction était, pour le moins, insolite.
Elle n'en était pas moins encombrante, encore moins mortelle. Les éléments de la police judiciaire qui ont eu le dossier en main sont unanimes : c'est sans aucun doute l'une des armes du crime les plus étranges de par le monde. D'habitude, il est question d'armes blanches, tel le couteau, un coutelas, une paire de ciseaux, objets en fonte, ou encore d'armes à feu sous d'autres cieux.
Dans l'affaire de la jeune Maria, 24 ans, l'arme du crime consistait en… un seau en plastique. On aura tout vu. Plusieurs semaines après son arrestation, Maria était conduite au tribunal pour la dernière fois. Ce jour-là, elle héritera du verdict inhérent à son délit. Pourtant, elle ne voulait pas en arriver là. Le jour du crime, elle voulait juste prendre son bain et rentrer chez elle le plus tranquillement du monde.
Le destin, ou plutôt son comportement et son manque de contrôle et de sang froid en ont décidé autrement. Le moment fatidique allait bientôt intervenir. Maria ne tenait plus sur ses jambes. Son destin allait être joué au gré des quelques phrases que prononcera le président de la séance. La sentence tomba tel un couperet : 10 ans de réclusion criminelle. Maria s'effondra, fauchée à la fleur de l'âge par la privation de liberté, et pour une bonne période. Elle aura 34 ans à sa libération et, en chemin, elle aura perdu son job, son avenir, son fiancé et ce qui allait être sa future vie de couple… bref, c'est sa vie qu'elle voyait lui glisser entre les doigts, en toute impuissance. Personne ne lui aurait souhaité un tel désastre, même pas ceux qui l'ont jugée, mais il fallait bien que justice soit rendue. La Justice doit avoir le dernier mot.
Ce cauchemar avait, donc, débuté lors de ce dernier week-end de liberté pour Maria. Une fois à l'intérieur du bain maure, assise à la petite place qu'elle avait dénichée, tout allait se jouer en une fraction de seconde. Quelques gouttes d'eau chaude ont atterri sur sa peau, venant de la jeune femme assise à ses côtés. Maria ne dira pas un mot, sachant que le hammam battait son plein et que, somme toute, ça devait être normal. Mais la jeune allait être éclaboussée une deuxième fois, avec de l'eau presque bouillante, et de manière plus prononcée. Elle décida de réagir, emportée, car c'était la goutte de trop.
La jeune femme à ses côtés, Siham, la trentaine, responsable du désagrément, s'excusa. Mais ce n'était pas suffisant pour calmer la jeune Maria, subitement hors d'elle suite à cette «agression» répétitive. Entrant de plain-pied dans un échange virulent d'invectives, les deux jeunes femmes allaient franchir un second pas: Siham se saisira d'un seau rempli d'eau chaude dont elle balancera le contenu à destination de Maria qui en fera de même, ou presque, en envoyant à son «ennemie» et le seau et ce qu'il contient. Les deux femmes se mettent debout et entament alors une séance de taloches, spectacle assez ordinaire dans un bain au féminin. Les "belligérantes" avaient failli s'entretuer si ce n'était l'intervention des femmes présentes sur place, tout comme celles qui gagnent leur pain quotidien au hammam. La bataille fut avortée, les deux femmes séparées et chacune éloignée de l'autre. Tout était rentré dans l'ordre. Le pire restait à venir…
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