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Samedi 13 Juin 2026
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Un succès interpelle un autre

D'une année à l'autre, la richesse et la diversité du programme du Festival de Fès du Théâtre en font un acteur incontournable de la vie culturelle fassie et nationale.

Un succès interpelle un autre
En dehors des spectacles, le Théâtre universitaire permet aux amateurs de disposer d'un espace de création, de représentation et de formation.
La rencontre attire de plus en plus des compagnies professionnelles et estudiantines et propose plusieurs spectacles à un public toujours plus important.
«Nous avons reçu cette année des troupes de théâtre arabes de la Tunisie, de l'Arabie Saoudite, de l'Iraq, de la Syrie, du Liban, du Sultana d'Oman et d'Egypte. Il y a aussi des troupes de la Hollande, de la Belgique et du Canada en plus des troupes représentant l'Université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès ( USMBA) , Cadi Ayyad de Marrakech et de la Faculté de médecine dentaire de Casablanca », indique Said En Naji, universitaire, président de l'Association des critiques de théâtre au Maroc et directeur artistique du Festival de Théâtre universitaire de Fès.

Ainsi, le public a pu découvrir des présentations de théâtre de haute qualité données par les étudiants universitaires et professionnels représentant des pays arabes et occidentaux et traitant des sujets comme l'amour, les relations humaines, la migration, les conventions sociales ou la souffrance que vit chaque jour les démunis.
En dehors des spectacles, le Théâtre universitaire permet aux amateurs de disposer d'un espace de création, de représentation et de formation. «Le Festival du théâtre universitaire n'est pas seulement une scène pour proposer des spectacles de différentes compagnies nationales ou étrangères.
Il s'agit aussi d'un espace de formation. Les étudiants peuvent assister à des ateliers de théâtre encadrés par des professionnels.

Il se veut également un espace de rencontres et d'échanges », précise Saïd En Naji. Un café littéraire sur «Femmes et création» a été organisé également, avec l'appui du PNUD. Il a été animé par l'actrice et réalisatrice marocaine Bouchra Ijourk qui a parlé de son expérience en tant qu'actrice et réalisatrice. Selon les organisateurs, la question de bâtir un Théâtre universitaire au cœur de l'Université Sidi Mohamed Ben Abdellah s'impose aujourd'hui avec acuité.
L'Université qui compte dans ses amphis plus de 52.000 étudiants mérite selon Esserghini Farissi, président de l'USMBA, de disposer d'un théâtre, un espace émancipé de création et d'expression et un édifice qui s'intègre dans l'architecture de Fès, la capitale culturelle du Royaume.

Cette prouesse sera par ailleurs une première au Maroc. « Bâtir un édifice pour le théâtre universitaire ne peut pas être ramené à une simple construction d'une salle avec une scène. Un théâtre devrait être conçu et réalisé dans les normes internationales et professionnelles avec notamment des ateliers, des salles de répétition, d'expositions, de musique, de chants,… voire tout le dispositif nécessaire pour satisfaire le besoin de créativité et d'expression des étudiants et de la jeune population de la ville de Fès.

Une réalisation qui nécessite le soutien et l'appui de nos partenaires», précise le président de l'USMBA de Fès organisatrice de cette rencontre. Le Festival de Fès du théâtre universitaire, rendez-vous aujourd'hui incontournable de la création étudiante a besoin certes d'un édifice, mais il a aussi besoin de perdurer.
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Questions à: Saïd En Naji • Universitaire, président de l'Association des critiques de théâtre au Maroc et directeur artistique du Festival de théâtre universitaire de Fès.

«La cinquième édition fut un nouveau tournant»

• Quelle évaluation faites-vous de la 5e édition du Festival de Fès du théâtre universitaire ?

Le Festival de Fès du théâtre universitaire connaît dans sa cinquième édition un nouveau tournant avec notamment la participation importante des troupes de théâtre étrangères. Elles représentent aujourd'hui près de 80% des participants alors qu'elles ne dépassaient pas trois ou quatre troupes lors des éditions précédentes. Elles ont présenté cette année, de l'avis de nombreux critiques du théâtre, des pièces de haute qualité avec plus de professionnalisme et des thématiques qui intéressent un grand public comme les relations humaines, la migration, l'identité et autres. Ce qui permet de rehausser le niveau du festival. D'ailleurs grâce à la qualité des présentations et au professionnalisme des participants, ce festival est en passe de se transformer en une rencontre internationale. A noter que la rencontre a vu la création du réseau du Théâtre universitaire arabe pour consolider les efforts et promouvoir le théâtre universitaire arabe. Le président de l'Université Esserghini Farissi a d'ailleurs proposé d'héberger le siège de ce réseau au sein de la présidence de l'Université Sidi Mohamed Ben Abdellah.

• Qu'apporte concrètement le Festival à la ville et à la jeunesse de Fès ?

Le festival a attiré pour la première fois, dans sa 5e édition, des étudiants universitaires non seulement de la Faculté de droit, mais de presque tous les établissements universitaires relevant de l'Université Sidi Mohamed Ben Abdellah. Les étudiants ont assisté massivement au festival aussi bien aux pièces de théâtre qu'aux ateliers de formation. Il faut préciser que ce festival est entièrement organisé par les étudiants et avec les moyens propres de l'Université. Le Festival anime la ville de Fès et permet de découvrir de nouveaux talents aussi bien dans le théâtre que dans le chant et la danse. Les rencontres entre participants et public, en marge du festival, se sont souvent transformées en espace de débat, de lecture de poésie ou de fête de musique. Le festival permet aussi de découvrir d'autres cultures et moyens d'expressions sous d'autres cieux notamment dans les autres pays arabes et pays développés. Il s'agit de permettre aux étudiants de développer leur manière de s'exprimer et leurs personnalités. C'est une véritable école de la vie.

• Vous avez parlé de moyens limités pour l'organisation du festival. Est-ce que vous pensez le faire sponsoriser dans les prochaines éditions ?

Le festival est organisé grâce à l'appui de l'Université Sidi Mohamed Ben Abdellah, notamment le président Esserghini Farissi. Il y a aussi l'appui de quelques organismes publics et autorités publiques. Mais cela reste insuffisant. La rencontre se professionnalise d'une année à l'autre et nous avons besoin de plus de moyens pour pouvoir accueillir plus de troupes du Maroc ou de l'étranger et surtout pour pouvoir garder la qualité de l'organisation. Nous avions essayé d'approcher quelques organismes privés pour sponsoriser cette rencontre, mais sans succès. Cette année nous avons travaillé avec les moyens du bord, mais nous ne pouvons pas nous empêcher de nous inquiéter pour la prochaine édition surtout que le festival commence à avoir une dimension internationale et nous avons peur de ne pas pouvoir être à la hauteur en matière d'infrastructures et d'organisation avec nos moyens limités. Et ce, malgré l'expertise que nous avons acquise le long de ces cinq éditions. Le rayonnement aujourd'hui de cette rencontre nous impose de travailler avec plus de professionnalisme et de qualité. Nous ne pouvons plus nous contenter d'une scène pour faire des présentations, nous avons besoin d'ateliers de décors, de costumes et autres métiers du théâtre pour répondre aux attentes de nos hôtes. Nous pensons aujourd'hui à la sixième édition qui devrait abriter la première édition du réseau arabe du théâtre universitaire. De fait, ce sont deux rencontres que nous devons organiser l'année prochaine et vous pouvez imaginer le défi qui nous attend si nous ne disposons pas d'assez de moyens.
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