Nation

Parution de l'ouvrage «Fragments de mémoire»

«50 ans de l'histoire de la Caisse de Dépôts et de Gestion»

LE MATIN

Khalid Kadiri, ex-directeur de la CDG

Khalid Kadiri, ex-directeur de la CDG

Peu de grandes entreprises ou sociétés d'Etat ont pris l'initiative de consacrer un ouvrage à l'histoire de leur société ou établissement.

A l'occasion de son cinquantenaire, la CDG vient de publier « Fragments de mémoire » sous-titré «50 ans de l'histoire de la Caisse de Dépôts et de Gestion» qui sera suivi d'autres ouvrages déjà en gestation .Réalisé à partir d'une série d'entretiens avec les anciens directeurs généraux , l'ouvrage tente de construire la mémoire d'un établissement public créé le 10 Février 1959 et doté de la personnalité civile et de l'autonomie financière. Deux missions, celle de la sécurité et de l'utilité publique, ont marqué de leur sceau sa naissance. Au fil des entretiens et du temps, on voit le rôle de l'institution se diversifier, ses métiers se développer et son poids se consolider dans le paysage de l'économie nationale .Tous ceux qui ont dirigé cette institution décryptent le fil de leurs souvenirs et de leur parcours et témoignent de ces missions dans un environnement national, économique et politique, où le Maroc était en quête de son émancipation, de sa souveraineté et de son développement. Ces entretiens «à bâtons rompus» avec les bâtisseurs de cette institution, Mamoun Tahiri, Ahmed Bennani aujourd'hui décédés, et avec Ahmed Benkirane, Abdelkamel Reghaye, M'Fadel Lahlou,Khalid Kadiri , Mustapha Bakkoury et Anass Alami, qui a pris le relais en juin 2009, témoignent de l'esprit qui prévalut à la naissance de la Caisse, le 10 février 1959 mais aussi des évolutions, des transformations, des refondations qui n'ont cependant jamais altéré l'esprit d'origine.

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Entretien avec Khalid Kadiri, ex-directeur de la CDG

LE MATIN : Dans quel état d'esprit vous trouviez-vous lorsque vous avez été nommé en 1995 à la tête de la CDG ?

KHALID KADIRI :
J'étais très fier d'intégrer une institution nationale, qui avait été créée après l'indépendance, avec un certain esprit. Pour perpétuer cet état d'esprit, j'ai fait donner à l'amphithéâtre de la CDG le nom de Abderrahim Bouabid au quarantième anniversaire de l'institution. Je trouvais qu'il était anormal de ne pas reconnaître la valeur des hommes qui ont fait ce pays et de perpétuer leur souvenir. C'est comme cela que l'on éduque une nation, avec l'histoire des hommes. Ce n'était pas grand-chose, la salle n'est pas immense, mais c'est un lieu de rencontres, de réunions et le nom est là, répété et perpétué. Je m'étais tracé des objectifs précis, car il fallait absolument réussir et faire évoluer cette institution qu'était la CDG. Il fallait que tout ce qui avait été initié par ceux qui nous ont précédés soit réussi. Il fallait continuer à bâtir ce Maroc, nous étions dans une phase de pré-alternance. En 1994, il y a eu un ratage, je défendais bec et ongles l'alternance et j'étais secrétaire général du ministère des Finances. En janvier 1992, Sa Majesté le Roi Hassan II m'avait reçu en présence de certains de ses conseillers et m'avait demandé de récupérer la bibliothèque de Si Mohamed El Fassi. J'avais accepté cette mission avec bonheur. En tête-à-tête, il m'avait confié « qu'il pensait que l'alternance était devenue une nécessité ». Il souhaitait que je prenne le poste de Secrétaire général des finances pour que l'alternance se passe sans heurt. Pour renforcer le poste des secrétaires généraux, il m'avait annoncé qu'il allait changer le texte du Dahir. C'était un grand honneur pour moi. Et quelques mois plus tard, il m'a fait nommer directement en conseil de ministres, ce qui était inaccoutumé. A ce titre, j'ai connu la CDG puisque j'étais présent au Conseil de surveillance, et j'avais eu à défendre la CDG au sein même du ministère des Finances.

A quel moment exactement ?

Lorsque certains actifs qui ne devaient pas entrer dans le périmètre de la CDG allaient être vendus. J'étais à la commission des transferts et j'avais défendu l'idée que la CDG qui gérait des fonds appartenant aux épargnants devait récupérer ces actifs. En tant que secrétaire général, j'avais fait passer un amendement et la CDG est aujourd'hui le seul et unique établissement qui a pu récupérer ses fonds.

Que vouliez-vous faire à la CDG, quelle était votre stratégie ?

Je suis arrivé à une période de libéralisation suivie et « contrôlée » du marché financier dans sa globalité par les institutions internationales comme la Banque mondiale et le Fonds monétaire international.

Institutions internationales qui voulaient démanteler la Caisse de Dépôts et de Gestion ?

Disons qu'elles voulaient restreindre ses missions et on considérait qu'il n'y avait pas de raison qu'une institution publique gère des fonds aussi importants que le privé pouvait faire. C'était le début d'émergence d'institutions telles que CFG qui voulait gérer des OPCVM, qui avaient une expertise, qui l'ont démontrée d'ailleurs. Il y avait aussi des banques qui voulaient s'introduire dans ce marché et en même temps on commençait à critiquer la CDG qui offrait des rémunérations très faibles. Le privé arguait du fait qu'il savait mieux faire. N'étant pas fonctionnaire dans l'âme, je pensais que le plus important c'était que des hommes et des femmes portent un projet qu'ils l'accomplissent et qu'ils soient récompensés en fonction de leurs efforts. Cela peut être décliné par le privé ou par le public qui, en plus, défend des missions d'intérêt général. Quand on est en même temps un professionnel de qualité, que peut-on demander de plus !

Vous aviez défendu la CDG au ministère des Finances, mais comment l'avez-vous trouvée et quelles sont les premières actions que vous aviez décidées de lancer ?

En arrivant à la CDG, j'ai senti le besoin de rénover, de moderniser l'institution. Le marché financier se modernisait, l'ouverture se faisait, la CDG était quelque peu en retrait. Il y avait des cadres de grande valeur à qui il fallait donner la possibilité d'apprendre et de se recycler. Sans doute, fallait-il aussi greffer d'autres profils plus pointus pour tirer vers le haut. Nous avons pris le temps de la réflexion et, avec l'aide d'un cabinet extérieur très participatif, nous avons entamé une nouvelle marche.
Nous avons décliné étape par étape des projets successifs mais versant tous vers une même optique. Nous devons avoir une institution citoyenne, au service des épargnants et des citoyens en gérant des épargnes, en faisant des allocations de ressources dans des domaines porteurs, en sécurisant les fonds tout en participant au développement de notre pays et au budget général de l'Etat. Celui-ci touchait entre 150 millions et 200 millions de DH annuellement sur les bénéfices .A partir de 1995, cette part est montée à 500 millions de DH. En 1998, à l'arrivée de M. Oualalou au ministère des Finances, j'ai remis 50 milliards de ct. Le bond était faramineux, l'Etat avait un pouvoir régalien mais c'est grâce à lui que l'épargne était canalisée. L'Etat se rattrapait. Nous avions négocié une quote-part pour constituer au profit de la CDG son portefeuille sans lequel elle ne peut rien faire. Ceci a été fait au prix de grandes tensions avec les ministres successifs des finances, mais il fallait le faire. Les relations de respect que j'avais avec les uns et les autres m'ont facilité heureusement les choses. Ils savaient que mes opinions et décisions défendaient le bien-fondé de l'institution et on arrivait toujours à trouver des compromis.
J'avais accepté exceptionnellement d'aider le gouvernement d'alternance qui avait besoin de ressources. Je dis bien exceptionnellement, ce qui veut dire que cela ne devait pas se renouveler. L'année suivante, nous n'avons pas versé ce montant qui avait pourtant été inscrit dans la loi de Finances. C'était une question de principe, il fallait prendre en considération la situation du Trésor mais aussi la situation de la CDG. Il fallait que je pérennise l'institution, faute de quoi cela m'aurait été reproché. Les bénéfices ne devaient pas être reversés au budget de l'Etat au détriment de la CDG.
Je me souviens, les discussions étaient souvent délicates et la tension montait mais je ne faiblissais pas. Le premier chantier fut celui de la mise à niveau dans le domaine de la gestion financière.
C'est un très grand chantier qui impliquait que l'on acquière un savoir-faire en termes de gestion de fonds. Il supposait aussi que l'on ait une reconnaissance, de la part de nos pairs sur le marché financier et une adhésion de la part des organismes internationaux. Des résultats ont été obtenus comme en témoigne le rapport de la Banque mondiale sur le secteur de la prévoyance et nous avons même été le seul établissement à recevoir des éloges.

La période était pourtant tendue avec les institutions internationales ?

Effectivement. Mais nous nous défendions en disant que nous étions une institution de service public et qu'elles avaient le droit de juger si notre mission était bien ou mal faite, mais en aucun cas, ces institutions internationales n'avaient le droit de nous interdire quoi que ce soit. La CDG sécurisait tout un pan de l'économie et des institutions de la même manière, cela se faisait un peu partout dans le monde, dans les pays libéraux, y compris aux Etats-Unis. Nous étions d'accord pour avoir un référentiel, mais notre Etat qui était en train de libéraliser à tout vent notre marché financier devait garder des armes. Au sein de notre institution, à la CDG, nous étions en osmose sur ce sujet vital pour nous. Nous avions la même volonté de sauvegarder la CDG.
Celle-ci devait être modernisée certes, ouverte à l'extérieur. Nous avons, pour être en adéquation avec cette volonté de changement, entrepris des travaux de réaménagement et de modernisation des bureaux et du mobilier.
Les cloisons ont été démolies ou rendues transparentes, on a créé des espaces de rencontres et une nouvelle manière de travailler en équipe.

Avec la modernisation du système financier, la CDG était-elle encline à procéder à un grand toilettage ?

L'institution s'était quelque peu repliée sur elle-même. Le directeur général avait réalisé incontestablement de grands projets pour le Maroc. Mais celui-ci changeait rapidement. Il fallait renforcer nos relations avec l'extérieur, notamment la CDC en France avec laquelle nous avions beaucoup coopéré au début de la création de l'institution. En 1974, j'avais été nommé aux domaines pour négocier les terres récupérées et les biens domaniaux. Les bâtiments de l'ancienne résidence étaient toujours occupés par l'ambassade de France. Le président Giscard d'Estaing devait effectuer une visite officielle en mai 1975. Pour moi, et pour n'importe quel dossier, j'ai toujours la même démarche. Je défends une idée, je la présente à l'autre et j'essaie de le convaincre.
Je venais d'achever le volet terres récupérées. Cela s'était bien passé, M'Fadel Lahlou qui était secrétaire général du ministère des Finances est nommé directeur général de la CDG et c'est donc moi très jeune qui devais présider la partie marocaine. Les choses s'étaient bien déroulées et le dossier des terres domaniales devait être réglé. En partant, les Français avaient laissé une administration domaniale bien organisée avec des archives bien rangées.
Nous avons entamé des négociations, moi d'un côté et Jean Bernard Raymond, alors ambassadeur de France au Maroc de l'autre.
Il deviendra plus tard ministre des Affaires étrangères. Tout s'est bien passé sauf pour le cas de la résidence et le CAC de Casablanca. J'ai alors proposé un programme sous forme d'échéancier.
Finalement, nous aurons récupéré nos biens dans un laps de temps de quatre ans. J'ai évoqué cette histoire pour souligner la nécessité d'avoir un référentiel. Quand on en a un, les choses sont facilitées.

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