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Oulmès en première ligne

Oulmès commune rurale du Moyen Atlas, peuplée de quelque 20.000 habitants réputée jusque-là, pour ses eaux minérales, ses chênes séculaires et la qualité de ses fruits et légumes, a choisi une méthode de marketing originale qui risque, nous le souhaitons très fort, de faire tache d'huile dans d'autres villes et d'autres régions.

Oulmès en première ligne
La commune d'Oulmès, le Collectif des associations locales et l'Association marocaine pour des éco-villes ont organisé, dimanche 17 avril, la première Journée de l'environnement et de la citoyenneté sous le thème : «Ma commune sans déchets».
Un peu comme dans les grandes villes des pays de l'Europe du Nord, Fribourg, Malmo, Copenhague, Oulmès va tenter à sa manière de concilier trois pôles de développement rural : le social, l'économie et l'écologie pour améliorer la qualité de vie des citoyens. Sous l'appellation d'opération participative de nettoyage approfondi, il s'agit «d'apprendre à travailler ensemble, de susciter la participation des usagers de la commune, de roder cette démarche participative basée sur les compétences et les ressources locales et la capacité des associations locales, de collaborer dans un climat de cofinance, de responsabilité et de créativité».

«Des milliers de petites mains à l'assaut des déchets»
C'est ainsi que 10% de la population seront mobilisés pour nettoyer de manière responsable et conviviale les rues et les quartiers de la commune. Plus de 700 bénévoles seront répartis en équipes et selon la difficulté de la tâche. La composition des équipes sera faite par tranches d'âges homogènes afin d'éviter les conflits. Les « petites mains » seront affectées à des tâches de nettoyage et de ramassage spécifiques : petits déchets dits légers, papiers, plastiques… D'autres travaux plus «rustiques» seront réalisés par des personnes en insertion sous la responsabilité des services de la commune.

Mais ce n'est pas tout et comme l'indique le communiqué de presse : «Au cours de cette journée et outre le nettoyage, plusieurs autres défis seront relevés afin d'amplifier les impacts attendus de cette journée. Ainsi, une première collecte non mécanisée des épluchures sera réalisée afin de récolter la plus grande quantité possible de déchets organiques. Elles seront destinées au compostage et à la nourriture du bétail.

15 équipes munies chacune d'un Bac et réparties sur les 10 secteurs d'Oulmès et les 5 secteurs de Tarmilat sillonneront les rues pour récolter, au pied de chaque maison, les épluchures mises de côté par les habitants. Une matinée culturelle aura également lieu dans le jardin public de la commune afin de récompenser le travail des jeunes enfants qui ont participé aux ateliers «Ma Jarre de Rue» pour la production des corbeilles de rues. Après ce travail collectif, on partagera le pain comme dans de bonnes traditions d'antan : ''Le plus grand repas des quartiers du Maroc réunira tous les participants au moment du déjeuner. Tous les aliments nécessaires à la composition du déjeuner seront achetés sur le territoire de la commune.

La préparation des mets sera assurée par environ 130 «mamans bénévoles afin de garantir une biodiversité des goûts et des créations culinaires''. Pour la préparation de cette journée, une équipe d'organisation «Les éco-ambassadeurs» travaille depuis des semaines dans un esprit de groupe, sans considération d'âge, de sexe, de classe sociale ou de niveau d'instruction.

La coordination s'organisera autour des chefs de secteurs, des coordinateurs d'équipes et des chefs d'équipes, les bénévoles recevront un équipement de base : des gants de protection, une casquette, un t-shirt et des outils. En amont, l'organisation de cette journée aura nécessité une formidable synergie entre les élus, les autorités locales et l'AMEV (Association marocaine pour les éco-villes) dirigée par Mehdi Guadi, un Franco- marocain originaire de Marrakech, qui a assumé les fonctions de porte-parole des ''verts'' à Paris; aujourd'hui élu du 10e arrondissement de Paris qui a signé le 1er avril avec le président du Conseil communal de Chefchaouen, Mohamed Sefiani, et le maire de Malaga, Francisco De La Torre Prados, une convention-cadre de coopération entre la ville andalouse et le réseau AMEV.

«Améliorer la qualité de nos lieux de vie»
A Oulmès, la préparation a été laborieuse et très active : journées de défrichage, journée de formation éco-ambassadeurs, campagne d'affichage, sensibilisation à l'atelier ''Ma Jarre la rue'', journée d'information des bénévoles sont autant de manifestations déclinées dans la joie, mais avec beaucoup de responsabilité car in fine il ne s'agit que d'améliorer la qualité de nos lieux de vie. Assisterons-nous demain à la montée en puissance de ce concept naissant qui mêle la mixité des générations et des genres, la mixité des activités, la bonne gouvernance à travers la participation … et la joie dans la convivialité! Tout cela augure de bons présages pour la commune de Oulmès qui entend se doter d'un Plan communal de gestion durable des déchets conformément à la loi portant sur la gestion des déchets et à leur élimination, qui selon son article 16 dispose que «… Les communes ou leurs groupements sont tenus d'établir (…) un plan communal ou intercommunal de gestion des déchets ménagers et assimilés qui définit les opérations de pré-collecte, de collecte, de mise en décharge, d'élimination, de traitement et de valorisation et, le cas échéant, de tri de ces déchets».Objectifs du Conseil communal: le plan doit traduire une vision cohérente et intégrée de la gestion des déchets par la commune. Il définira les lignes directrices à suivre ainsi que les moyens et actions à mettre en oeuvre. Il sera élaboré dans un esprit de mobilisation et de participation citoyenne.

La protection de l'environnement au cœur de l'accord de coopération

Le secrétaire général de l'Association marocaine pour des éco-villes, Mehdi Guadi, le président du Conseil communal de Chefchaouen, Mohamed Sefiani et le maire de Malaga Francisco De La Torre Prados, ont signé récemment, à Malaga, une convention-cadre de coopération entre la ville andalouse et le réseau AMEV.
Les objectifs spécifiques de la collaboration de la ville de Malaga avec les villes membres de l'AMEV ont été déterminés sur la base des projets réalisés par la ville de Malaga durant la période 2000-2006 dans le cadre de l'Initiative communautaire Interreg IIIA Espagne-Maroc. La ville de Malaga et les communes membres de l'AMEV s'engagent aussi à apporter les données et les études nécessaires pour formaliser la méthodologie et l'évaluation préalable, tout comme les projets qui constitueront la programmation conjointe, en établissant un plan de financement indicatif pour chaque axe principal et pour chaque année.
Cette nouvelle coopération s'ajoute au premier accord de coopération initié par l'AMEV entre les villes d'Agadir et Pairs sur la gestion durable des déchets. L'AMEV poursuivra sa politique d'ouverture à l'international en vue de nouer des accords de coopération décentralisés qui favorisent la lutte contre les changements climatiques et la désertification, la sauvegarde de la biodiversité, les ressources en eau et qui concourent à la mise en œuvre d'un développement soutenable.
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