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Le cinéma en rade à Sidi Moumen

L'Ecole des métiers du cinéma de Casablanca inaugurée en 2008, pour appuyer l'insertion de jeunes en difficulté, souffre d'un manque de financement.

Le cinéma en rade à Sidi Moumen
Quel avenir pour l'Ecole des métiers du cinéma de Casablanca (EMCC) de Sidi Moumen ? Inaugurée en 2008 avec l'ambition de pallier le manque en termes de techniciens du septième art, l'EMCC a vu le jour suite à un partenariat entre l'Institut italien « Luce », l'Initiative nationale pour le développement humain (INDH), les préfectures de Sidi Moumen et Sidi Bernoussi, ainsi que la wilaya de Casablanca. De même, l'EMCC est un projet dont l'optique est de promouvoir le quartier Sidi Moumen, ainsi que de contribuer à la lutte contre le chômage et la précarité conformément aux recommandations de l'INDH. Aujourd'hui, il semble que l'EMCC fait face à des difficultés de financement. En ce sens, l'Institut Luce qui a financé les équipements techniques et qui assurait, jusque-là, le financement de la gestion de l'école, risquerait de ne plus rester de la partie.

En pareil cas, il est difficile d'envisager la pérennité de ce projet fort louable sans aucune visibilité en termes budgétaires. Louable, notamment, car l'EMCC forme des profils dont le manque est flagrant dans le secteur cinématographique. A cet effet, les premiers étudiants ayant été inscrits à l'école ont pu intégrer les plateaux de tournage en parallèle avec leur formation. C'est dire l'ampleur en termes de besoin et la contribution de pareille formation, aussi bien dans la résorption du chômage que dans le développement du secteur. Aussi, ce projet ne profite pas qu'aux seuls jeunes qui bénéficient d'une formation technique qualifiante, à même de leur ouvrir les portes de l'emploi dans le secteur du cinéma. Car, parallèlement, l'EMCC profite à des professionnels déjà opérationnels, et qui peuvent y développer leurs compétences.

Ainsi, ce serait une grande perte si jamais l'EMCC est victime d'une cessation d'activité. Pour en saisir la portée, il est à souligner la particularité de cette école. En effet, il s'agit de la seule institution dispensant une formation gratuite dans les métiers du cinéma.
Ces métiers de techniciens se rapportent à l'image, le son, le montage, la production et le maquillage. La première phase de la formation est dédiée à l'initiation de la langue italienne, à l'informatique, à la terminologie technique, à la séméiologie de l'image, en plus de cours d'initiation aux métiers de la gestion, la comptabilité, le droit, la photographie et les arts plastiques, ainsi que la communication. Une séance ciné-club est organisée bimensuellement, dans le but de développer une culture générale en matière de cinéma.

A ce propos, et afin d'encadrer le cursus des deux années de formation, des professeurs confirmés exerçant au Maroc ont été sollicités, avec la collaboration du consulat d'Italie, pour dispenser des cours d'italien aux étudiants. Et ce n'est que lors de la deuxième phase de formation que les futurs techniciens abordent les métiers de l'image, le son, le montage, la production et le maquillage. Pour le volet de l'encadrement pédagogique relatif aux métiers du cinéma, celui-ci est confié à des professeurs italiens parmi les plus en vue, ainsi qu'à une élite d'universitaires et de professionnels marocains.

Diffusion culturelle

L'Institut Luce a vu le jour en 1924, afin de veiller à la production et à la distribution cinématographique et documentariste. L'activité de l'Institut se résume à la diffusion de la culture populaire et de l'instruction générale, au moyen de projections cinématographiques et de reproductions photographiques commercialisées ou distribuées dans un but de diffusion en Italie et à l'étranger. De même, l'Institut veille à la coordination des différentes activités à caractère public concernant la cinématographie éducative.
L'Institut Luce a aussi comme objet, la réalisation, la diffusion et la distribution, même en coparticipation avec des tiers, en Italie et à l'étranger, de produits audiovisuels et des œuvres cinématographiques, de courts, de moyens et de longs métrages, tout particulièrement ceux ayant une valeur culturelle ou à caractère didactique, scientifique, expérimental, promotionnel et éducatif pour enfants et de formation professionnelle, ainsi que ceux prévus par les dispositions de la loi en vigueur suivant les orientations de l'autorité compétente en matière de tourisme et spectacle, au moyen de conventions appropriées.
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