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Samedi 04 Avril 2026
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Les Oméga 3 et 6 bénéfiques contre le cancer

Des études récentes suggèrent qu'une supplémentation en oméga 3 pourrait être salutaire lors d'une chimiothérapie. Quant aux effets préventifs des oméga 3 sur les cancers du sein et du côlon, ils sont possibles, mais pas totalement démontrés.

Les Oméga 3 et 6 bénéfiques contre le cancer
Une alimentation équilibrée doit néanmoins accompagner la consommation d'oméga 3 et 6.
Pour se protéger du cancer, la consommation d'oméga 3 doit de toute façon s'inscrire dans une alimentation équilibrée et un mode de vie sain. Les Oméga 3 auraient-ils un intérêt dans la prévention de la fonte musculaire chez les patients cancéreux ? C'est ce que suggère une étude très récente menée au Canada sur 40 patients atteints d'un cancer du poumon et soumis à une chimiothérapie. Seize d'entre eux avaient reçu, pendant la durée de leur chimiothérapie, un supplément de 2200 mg d'EPA (acide eicosapentaénoïque de la famille des Oméga 3) tandis que les 24 autres n'en ont pas eu. Résultat, les premiers ont conservé un poids stable et 70 % d'entre eux n'ont pas subi de fonte musculaire tandis que les autres ont perdu 2,3 kilos en moyenne et seulement 30 % d'entre eux ont conservé intacte leur masse musculaire. Bien sûr, ces résultats sur un très petit groupe de patients ne permettent pas d'affirmer que les Oméga 3 devraient être prescrits en cas de chimiothérapie. Mais ils confirment une autre étude, qui suggérait un bénéfice des Oméga 3 en prévention de la fonte musculaire cette fois-ci chez des personnes âgées. Des volontaires âgés en moyenne de 71 ans, ayant reçu pendant 8 semaines 4000 mg d'oméga 3, ont vu leur production de protéines musculaires augmenter (alors qu'elle a tendance à faiblir avec l'âge).

Oméga 3, un effet préventif du cancer du sein ?
Une fois dans l'organisme, les Oméga 3 EPA et DHA (DHA : acide docosahexaénoïque) sont transformés en prostaglandines et autres dérivés, ayant pour la plupart un effet anti-inflammatoire.
Or, le développement des cellules anormales qui constituent une tumeur cancéreuse commence par la mutation d'un gène, sous l'effet d'un agent carcinogène ou de phénomènes d'oxydation et d'inflammation. De là à affirmer que les Oméga 3 protégeraient du cancer grâce à leur action anti-inflammatoire, il n'y a qu'un pas… qu'on ne peut pas franchir ! D'abord parce que les cancers sont multi-factoriels, résultant de l'interaction du patrimoine génétique de chacun et des facteurs environnementaux : alimentation, tabagisme, exposition à des polluants… Ensuite, parce que toutes les études, épidémiologiques (observation de populations), expérimentales (sur des cellules isolées ou des animaux de laboratoire), et interventionnelles (soumettre un groupe de volontaires à un régime enrichi en oméga 3), ne vont pas dans le même sens.

Les effets défavorables d'un excès d'Omega 6

Trop d'Oméga 6, pas assez d'Oméga 3, c'est souvent ce qui se passe dans notre assiette à l'heure actuelle.
Quand le rapport est défavorable entre ces deux catégories de graisses essentielles, l'organisme est soumis à davantage d'inflammation (les prostaglandines dérivées des Oméga 6 ayant essentiellement un effet pro-inflammatoire), avec peut-être un impact sur l'altération de l'ADN et le développement de tumeurs qui peut en résulter. Des études rapportent un risque plus élevé de cancer du sein après la ménopause quand l'apport d'Oméga 6 est élevé.
A l'heure actuelle, les scientifiques se penchent sur les potentiels effets pervers des acides gras trans, des lipides dont la structure chimique est modifiée par divers traitements industriels : l'hydrogénation et le chauffage à haute température. Bien que la plupart des acteurs de l'agro-alimentaire fassent des efforts pour réduire la teneur en acides gras trans de leurs produits, ces mauvaises graisses (puisque par ailleurs elles augmentent le cholestérol sanguin) peuvent se cacher dans toutes sortes d'aliments : margarines, pains de mie, viennoiseries, biscuits, pizzas, barres chocolatées… Dans une cohorte de 20000 Françaises suivies durant 7 ans, les chercheurs ont ainsi retrouvé plus (1,75 fois plus) de cancers du sein chez les plus fortes consommatrices d'acides gras trans. Mais d'autres études épidémiologiques plus anciennes ne retrouvent pas cette association. Et des travaux expérimentaux chez l'animal non plus.
Enfin, un point qui fait l'unanimité des scientifiques : l'excès d'apport de lipides peut favoriser indirectement les cancers hormono-dépendants, sein, prostate, en induisant une prise de poids excessive.
Tous les lipides, essentiels ou non, trans ou pas, fournissent en effet 9 kcal par gramme.
Ce sont les nutriments les plus énergétiques (4 kcal seulement par gramme de glucides).

Résultat des recherches

Concernant le cancer du sein, un effet protecteur des Oméga EPA et DHA semble toutefois se dégager, plus net dans les populations asiatiques plus grosses consommatrices de poissons3.
Dans un travail expérimental sur des souris, des chercheurs ont même réussi à prévenir des métastases osseuses grâce à un régime riche en huile de poisson. Les liens entre prévention du cancer du côlon et Oméga 3 ne sont pas établis, même s'il a été possible d'enrayer une telle tumeur chez des rats consommant de l'huile de colza (très bonne source d'oméga 3 ALA, acide alpha-linolénique). En revanche, au sujet du cancer de la prostate, un certain nombre d'études vont dans le sens d'un effet promoteur de l'ALA, mais protecteur de l'EPA et du DHA6. Une étude récente n'a pas retrouvé de lien avec les apports en Oméga 3, mais suggère l'effet négatif d'un rapport Oméga /Oméga 3 élevé.
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