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Dimanche 05 Avril 2026
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Plages, soleil... mais aussi allergies !

Il faut savoir que l'exposition aux rayons ultraviolets a des effets cumulatifs. C'est-à-dire qu'ils s'additionnent ou se combinent au fil du temps. Les dommages à la peau commencent en bas âge et même s'ils ne sont pas visibles, s'amplifient tout au long de l'existence.

Plages, soleil... mais aussi allergies !
En vacances, tout le monde veut avoir un teint hâlé. Mais dès les premières expositions, des petits boutons et des rougeurs commencent à apparaitre. Il s'agit d'une allergie solaire. En effet, la peau représente une interface avec le milieu extérieur et peut ainsi être exposée à des allergènes. Les personnes qui en souffrent peuvent développer différentes formes d'allergies cutanées : urticaire, eczéma, photoallergie ou allergie solaire. Egalement appelée lucite estivale bénigne (LEB), l'allergie solaire n'a d'estival que le nom, car elle peut survenir lors d'expositions aux rayonnements solaires à n'importe quel moment de l'année. «Même quand je m'expose dans mon jardin en cours de l'année et que le soleil n'est pas encore très fort, j'ai la gorge toute rouge avec des petits boutons urticaires qui apparaissent», indique Saloua.

Après la deuxième ou troisième exposition, ce problème de peau se manifeste par l'éruption de petits boutons et taches rouges sur les parties exposées au soleil. La lucite estivale bénigne peut entraîner d'importantes démangeaisons, pour certaines personnes. D'autres verront au contraire ce phénomène disparaître après huit jours d'exposition, le bronzage jouant alors, un rôle protecteur. Sans danger, elle disparaît généralement après dix ou quinze jours, à condition de rester à l'ombre. Un délai suffisant pour assombrir une bonne partie des vacances! Par contre, elle risque de réapparaître à chaque exposition et peut prendre un caractère beaucoup plus sévère avec une extension des zones corporelles touchées mais aussi par une éruption précoce. «Dès les premiers rayons du soleil, mon allergie commence à se manifester avec des boutons rouges qui me démangent. Résultat, je ne peux ni m'habiller en manches longues, car cela est douloureux, ni en manches courtes, parce que je risque de me brûler davantage. Cette allergie est un vrai calvaire», affirme Leila. Bien qu'encore mystérieuse, certains dermatologues suspectent les radiations ultra-violets A (UVA). Cette hypothèse, associée à une mauvaise utilisation des crèmes solaires, pourrait paradoxalement expliquer l'augmentation des cas de lucite estivale. En effet, faussement rassurés, par les crèmes solaires qui pour la plupart ne protègent que des UVB, les vacanciers se livreraient à des surexpositions irraisonnées. Cependant, toutes les réactions cutanées ne constituent pas des lucites estivales. Epargnant le visage dans 80% des cas, elle se localise sur le décolleté, les épaules, les bras, les jambes sans oublier parfois le dos des pieds et ce, dès le deuxième jour d'exposition solaire intense ou prolongée. Aussi inconfortable qu'inesthétique, on la remarque par l'éruption de petites taches rouges légèrement saillantes ressemblant à de l'urticaire ou de toutes petites cloques associées à de vives démangeaisons. La lucite estivale touche surtout les femmes (dans 90 % des cas) et apparaît généralement entre 15 et 25 ans.

La prévention passe par une exposition progressive et l'usage, même par temps nuageux, de crèmes solaires à indice de protection élevé et à spectres anti UVB et UVA et de renouveler l'application toutes les deux heures.
Outre la lucite estivale, le soleil est à l'origine de ce qu'on appelle «l'urticaire solaire» qui survient dans les premières minutes après une exposition au soleil et disparaît rapidement après s'être mis à l'ombre. Il touche principalement les femmes âgées de 20 à 40 ans. L'éruption atteint les parties découvertes, mais elle peut également toucher les zones couvertes. Elle provoque des plaques surélevées ressemblant à des piqures d'orties et peut parfois causer des manifestations très invalidantes empêchant toute sortie à l'extérieur.
Autre forme d'allergie solaire, la lucite polymorphe qui touche les femmes, mais également les hommes dans des proportions identiques. Elle survient lorsque les premiers rayons du soleil apparaissent. Il suffit de moins de 30 minutes ou quelques heures pour provoquer une éruption qui n'apparait environ que 12 heures après l'exposition. La lucite polymorphe disparaît lorsque la personne atteinte se met à l'ombre et réapparait à chaque nouvelle exposition avec tendance à s'aggraver. Le plus grand danger du soleil reste, cependant, le cancer de la peau. Plus la peau est claire et parsemée de grains de beauté, ou des personnes de la famille ont déjà eu des mélanomes, plus le risque est grand.

Il faut savoir que l'exposition aux rayons ultraviolets a des effets cumulatifs. C'est-à-dire qu'ils s'additionnent ou se combinent au fil du temps. Les dommages à la peau commencent en bas âge et même s'ils ne sont pas visibles, s'amplifient tout au long de l'existence. Les carcinomes (non-mélanomes), est le type de cancer de la peau le plus fréquent. Ils sont surtout causés par des expositions fréquentes et continues au soleil.
Les mélanomes, pour leur part, sont surtout provoqués par des expositions intenses et de courte durée, surtout celles qui provoquent des coups de soleil. Le mélanome malin est impliqué dans la majorité des décès par cancer de la peau. Cependant, il peut être traité avec succès s'il est découvert à temps. Alors mieux vaut se protéger du soleil et savoir déceler les signes suspects. Sans oublier de se protéger contre les ultraviolets dès l'enfance. Comme cela, le risque de cancers de la peau est minimisé.
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EXPLICATION : Ahmed Bourra
• Dermatologue.

«Certains grains de beauté peuvent devenir cancérogènes avec la surexposition au soleil»

Quels sont les principaux méfaits du soleil pour la peau ?
D'abord, il faut rappeler que le soleil est très important pour la physiologie de la peau et des os, parce que les rayons solaires produisent la vitamine D nécessaire à la densification des os. En plus, le soleil est bénéfique pour certaines maladies de la peau comme le psoriasis et le vitiligo. En revanche, lorsqu'on s'expose longtemps au soleil, surtout entre 11h et 15h, on voit apparaître quelques signes comme la rougeur, les sensation de brûlure, le prurit… des fois même une douleur. Dans certains cas, le soleil peut également provoquer des brûlures de premier ou de deuxième degré, qui se manifestent par des petites vésicules ou des bulles et qui laissent parfois des cicatrices indélébiles. Il faut noter également que certaines peaux sont plus sensibles que d'autres. Il s'agit notamment des peaux blanches et des peaux rousses, qui sont les plus fragiles, selon la classification de «Fitzpatrick». Ces peaux qui sont d'une échelle de 1 jusqu'à 3 selon cette classification, peuvent laisser apparaître, en plus des brûlures et des rougeurs, des petites tâches brunes sur la peau.

Quels sont les cas où l'exposition au soleil
devient grave ?

L'exposition prolongée au soleil peut devenir dangereuse pour les personnes ayant des grains de beauté, des nævus ou des taches pigmentaires. On a assisté à des transformations de tumeurs bénignes en tumeurs malignes, à cause de la surexposition au soleil. On peut dire qu'on est en présence d'une transformation en tumeur maligne lorsqu'on remarque des signes comme les taches pigmentaires qui grandissent et changent de coloration ou deviennent douloureuses. Le cas le plus fréquent et dangereux est le mélanome de la peau.
Il faut noter que l'utilisation de «traitements traditionnels», comme le henné ou certains cocktails de végétaux, peut aggraver la tumeur. C'est la raison pour laquelle nous conseillons de consulter un spécialiste dès qu'on remarque l'un des signes cités précédemment, afin de procéder aux analyses nécessaires.
Pour cela, certains médecins procèdent à la biopsie du grain de beauté ou du nævus, chose qui est absolument interdite. En effet, les études ont montré que la biopsie aggravait les cas de tumeurs et des fois c'est même cette biopsie qui transforme le nævus en tumeur maligne.

Quels sont les moyens de prévention à observer ?
La prévention est en effet le meilleur moyen d'éviter des complications. Pour cela, dès le plus jeune âge, il faut mettre des lunettes de soleil et des crèmes solaires adaptées à son type de peau. Sans oublier de se mettre à l'abri du soleil, sous un parasol, par exemple. Il faut rappeler à ce propos que la protection des crèmes solaires n'est pas très efficace. En effet, ces crèmes, malgré le degré élevé de protection mentionné sur les tubes, n'offrent pas un protection infaillible. Il s'agit d'un moyen de protection, certes, mais utilisé seul, il ne donne pas les résultats escomptés. Il faut savoir également que les gens peuvent être allergiques à certaines compositions de ces crèmes. Donc, il faut bien choisir sa crème protectrice et l'appliquer régulièrement tout en évitant de se surexposer au soleil.

Quels sont les traitements utilisés en cas de cancer de la peau ?
Dans les cas de brûlures, on utilise les crèmes régénératrices de peau. Par contre, si les résultats des analyses s'avèrent positifs à une tumeur maligne, l'intervention chirurgicale s'impose.

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