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Réunion le 11 juillet consacrée à la situation des détenus

Les députés et la société civile réclament des solutions urgentes.

Réunion le 11 juillet consacrée à la situation des détenus
La prison Oukacha compte 7 572 prisonniers alors que sa capacité d’accueil maximale ne devrait pas dépasser 5 800 détenus.

Le délégué général à l’Administration pénitentiaire et à la réinsertion, Hafid Benhachem, se réunira mercredi 11 juillet prochain au siège du Parlement à Rabat avec la Commission parlementaire d’inspection à la prison d’Oukacha à Casablanca afin de répondre au rapport accablant sur les conditions de détention dans cette prison. «J’ai écouté avec attention la lecture de ce rapport et j’apprécie le travail réalisé par la commission parlementaire. Néanmoins, le contenu dudit rapport, basé uniquement sur les témoignages des prisonniers, reste à vérifier», affirme Hafid Benhachem. Le délégué général à l’Administration pénitentiaire et à la réinsertion a déclaré qu’il aurait été plus judicieux de recueillir les explications de l’administration avant de rendre public le rapport. «Je suis heureux que les représentants des citoyens accordent de l’attention à ce secteur. Il faut juste vérifier les déclarations des détenus», souligne-t-il.

La journée du mercredi 11 juillet sera entièrement consacrée à la discussion et au débat. Hafid Benhachem y présentera  ce qui a été réalisé et ce qui doit être fait afin d’améliorer les conditions de détention à la prison Oukacha. «Mon travail quotidien vise à améliorer les prisons et on a fait beaucoup de progrès à ce sujet. Les prisons ont beaucoup changé au niveau de la gestion, de l’hébergement et de la sécurité. Auparavant, il y avait beaucoup d’évasions, d’agressions et de dépassements aussi bien de la part de certains détenus que de la part de certains fonctionnaires, ce n’est plus tout à fait le cas aujourd’hui», indique-t-il. Et d’ajouter que «les honorables membres de la commission parlementaire seront renseignés sur tout ce qui a été réalisé et il sera évidemment tenu compte de leurs précieux conseils et suggestions». Le ministère chargé des Relations avec le Parlement et la société civile a également annoncé mercredi le lancement d’un dialogue national sur la situation dans les prisons et les conditions de détention des prisonniers. De même, le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) s’apprête à publier incessamment une enquête sur la situation des prisons au Maroc.

De leur part, les défenseurs des droits de l’Homme au Maroc appellent à prendre des mesures urgentes avant d’ouvrir un débat qui risque d’être long et stérile. Rappelons que ce rapport, réalisé par une commission parlementaire composée de 12 députés en vertu de l’article 40 du règlement intérieur de la Chambre des représentants et en réponse à une demande des groupes parlementaires de la majorité, parle de surpopulation, violence, absence des conditions de santé adéquates et aussi de manque de dignité humaine au sein de la prison Oukacha. Cet établissement compte 7 572 prisonniers alors que sa capacité d’accueil maximale ne devrait pas dépasser 5 800 détenus. Chacun de ces derniers dispose d’une superficie de 1,2 mètre carré pour vivre  au lieu des 9 mètres carré dictés par les normes internationales. Plus de 70% des prisonniers sont en détention provisoire. À ce propos, les députés membres de ladite commission ont dénoncé les retards de jugement et la non-application de la liberté conditionnelle.

Certains d’entre eux ont appelé à l’application d’un système d’amendes si la justice dépasse les délais de présentation à la justice et surtout à l’application des lois de peines alternatives au Maroc tels que les travaux d’utilité publique et l’utilisation de bracelets. Le rapport soulève également des problèmes au niveau de l’éducation, la formation et l’intégration des détenus. Ceci incite à poser plusieurs interrogations quant à l’efficacité des programmes d’intégration.«L’intégration est un problème complexe qui ne concerne pas uniquement l’administration pénitentiaire. Plusieurs organismes y sont impliqués. Néanmoins, cette question est prise au sérieux. L’intérêt accordé à ce sujet est le même que porte S.M. le Roi Mohammed VI au programme d’intégration», souligne Hafid Benhachem. Selon les défenseurs des droits de l’Homme, l’échec de la réinsertion des prisonniers incite à la récidive. Les châtiments corporels et comportements obscènes ont été également indiqués dans ledit rapport. Afin de faire face à cette situation critique, les députés sont décidés à jouer pleinement leur rôle de représentants des citoyens dans le Parlement. Ils présenteront des propositions de loi et étudier les méthodes à même d’améliorer la situation dans les prisons.

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