Les ventes du ciment ont chuté de 3% durant le mois d’avril 2012 après trois mois de progression à deux chiffres. Les écoulements durant le quatrième mois de l’année se sont établis à 1 418 915 tonnes contre 1 463 016 tonnes durant le même mois de 2011. Quant au cumul des quatre premiers mois de 2012, il se situe en hausse de près de 15%, totalisant 5 984 641 tonnes contre 5 213 604 tonnes, et ce, malgré la baisse de la consommation en avril qui est due au recul du rythme de l’auto-construction et aux effets des intempéries. A noter que la période précédente a été marquée par l’augmentation de l’informel, surtout de l’habitat non réglementaire. Suite à l’intervention musclée de l’Intérieur, la cadence a ralenti dans les villes ciblées, reste que d’autres connaissent encore la prolifération de ce phénomène, en l’occurrence Casablanca qui a vu naître en l’espace d’un mois près de 500 constructions anarchiques dans le quartier périphérique de Lamkanssa.
Les dernières pluies ont également retardé le rythme de construction. En effet, les intempéries ont provoqué l’arrêt momentané des chantiers qui n’ont pu reprendre leur vitesse de croisière qu’en début mai avec l’accalmie de la météo.
L’optimisme est de mise
Malgré ce léger repli, les cimentiers restent optimistes et tablent sur une bonne progression du marché vu le dynamisme des activités du bâtiment et des travaux publics. En effet, il y a lieu de citer l’activité du bâtiment soutenue par les programmes de logements sociaux et par la progression de l’auto-construction qui représente à elle seule 50% de la production nationale en logement. Ajoutons à cela la dynamique soutenue des travaux publics à travers les nombreux chantiers d’infrastructures en cours de réalisation. Chiffres à l’appui, rien que pour le logement social (à 250 000 DH HT) plus de 900 000 logements sont programmés pour les 5 ans à venir. Sur ce total, près de 13 000 unités ont été mises en chantier.
Notons également que déjà en 2011, la consommation annuelle de ciment par habitant a atteint 500 kg contre 240 kg au début des années 2000. Une forte progression après deux années consécutives de faible croissance.
Par type de produit, le ciment gris est très utilisé par le marché domestique. Toutefois, il y a lieu de noter une diminution progressive du segment négoce au profit des segments techniques (Béton prêt à l’emploi, préfa, BTP).
In fine, les perspectives de marché restent favorables pour 2012. Les cimentiers pour leur part maintiennent leurs investissements et les renforcent davantage que ce soit sur le plan énergétique (éolien, amélioration des consommations thermiques...) qu’au niveau de la modernisation des équipements de production, sans oublier la création de nouveau site de production dans d’autres zones d’intervention.
